Il est écrit:
TA PAROLE EST LA VERITE  (Jean 17.17)
Cela me suffit...
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(Notre confession de foi: ici)
Il est écrit:
TA PAROLE EST LA VERITE
(Jean 17.17)
Cela me suffit...



PENSÉES DU MATIN 


Vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang en combattant contre le péché.

Hébreux, XII, 4.

25 juin 1896.

Encouragement au combat. Toute victoire remportée profite non seulement à moi, mais aux autres; non seulement à ceux qui me sont confiés, mais même à ceux qui, comme moi, sont tentés.

Il y a dans cette pensée un grand stimulant. Toute chute affaiblit. Toute chute rend impropre à la charité et à l'apostolat, non seulement à l'apostolat en grand, mais aussi à l'apostolat en détail, à l'apostolat auquel chaque chrétien est appelé. Quelle différence, selon que ceux qui m'entourent verront et sentiront en moi, ou bien un complice dans le péché.. un vaincu comme eux; ou au contraire un vainqueur, un homme qui sort du combat solitaire, silencieux, mais vainqueur. Oh ! prendre au sérieux la lutte. Et pouvoir ensuite tendre aux autres une main secourable; ou, sans même la leur tendre, leur donner l'impression qu'ils ont en moi un point d'appui. Quelle humiliation, par contre, de leur donner l'impression tacite que celui qui peut

être les exhorte, les a devancés dans l'infidélité, dans la chute, et qui sait! les y a entraînés. Oh! revenons à la lutte, à la lutte humble, persévérante, par la vigilance, la prière, le travail, la foi et la confiance.

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Vous savez que le Fils de l'homme sera livré pour être crucifié.

Matthieu, XXVI, 2.

Juillet 1896.

Reprendre la lutte, la noble lutte du salut des âmes. Se sanctifier pour sauver les' autres. Oui, ressaisir l'ambition d'amener à Christ ceux qui m'entourent, tous sans exception; et faire, donner, supporter, sacrifier, souffrir ce qu'il faut pour cela. Oh ! que Dieu me donne d'être fidèle à cette ambition qui est tout simplement le voeu de ma vie, le devoir auquel j'ai juré de me consacrer, et qui prime ou détermine tous les autres devoirs.

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Elle a répandu ce parfum sur mon corps pour ma sépulture.

Matthieu, XXVI, 12.

17 juillet 1896.

Admirable virilité de Jésus. J'appelle virilité le pouvoir de discerner à toute heure et à tout moment la volonté de Dieu, le devoir et l'heure qu'il est, le devoir et le moment.

Il parle ici à deux reprises de sa mort : au verset 2 et au verset 12. Il a, avec le plus grand calme, la plus profonde paix, discerné le moment où il se trouve; c'est le moment de sa mort, la clôture de sa carrière. « Il va être livré, » telle chose se fait, « pour sa sépulture. » Pas d'illusions volontaires ou involontaires sur lui-même. Pas de préoccupation à côté de la grande question et du grand devoir de l'heure présente. Pas de plans, de projets, de règles de vie. Il accepte la volonté de Dieu, après l'avoir discernée, et il s'y tient.

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juillet 1896.

Veiller avec jalousie à maintenir le sérieux et la sincérité de la vérité intérieure. Après un temps de grâce, il y a toujours un moment où l'on vit sur le souvenir de l'émotion ressentie, de la bénédiction reçue, et où la forme, l'apparence subsiste, tandis que la vie intérieure diminue. Dès que ce danger apparaît, faire halte et à tout prix renouer le lien et rentrer dans la vérité de la vie intérieure par l'effort nécessaire à genoux.

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Août 1897.

La repentance, tout de suite après la chute, est impossible, ou tout au moins très difficile. Il faut le temps de se détacher du péché, de s'en séparer, d'en souffrir, d'en savourer l'amertume et la frayeur.

Les alternatives de doute et de relèvement annulent, rendent impossible la vraie repentance, sont mortelles pour l'âme.

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9 octobre 1897.

Temps perdu, forces perdues par les paroles inutiles et quelquefois mauvaises.

Que de conversations pour tuer le temps, pour retarder l'effort inévitable!

Mais surtout, éviter les paroles qui font du mal, soit à des absents, soit à ceux qui les entendent, soit à soi-même.

Ici je pense, non à la médisance, mais à tant de constatations superflues et répétées de ce qui ne va pas, tant de paroles perdues pour analyser des situations, revenir sur le passé, dire la part qu'y a prise celui-ci ou celui-là, etc.

La sobriété dans les paroles; le silence, appliquons-nous y. Pour cela, un moyen : tout dire à Dieu. Quand c'est fait, on est bien mieux disposé envers les autres, on désire les aider, les encourager, porter leur fardeau. Quand l'entretien avec Dieu a manqué, le coeur se dégonfle dans le coeur de l'homme; de là les conversations inutilement longues et répétées. Certes, je ne veux pas me Priver ou priver les autres du bienfait des épanchements; mais supprimer les paroles vaines, les fatigantes redites, l'affaiblissement qui résulte des propos amers, critiques, méchants, ou simplement inutiles.

Evitons aussi les appels à la sympathie des autres. Ce qu'ils trahissent souvent de préoccupations personnelles! « Dis tout à ce Frère. » Puis, va vers les autres et écoute-les plus que tu ne leur parleras toi-même.

Mourir à soi dans la parole, dans les conversations, c'est un grand devoir ; une partie de la mort à soi-même qui doit accompagner la foi et la consécration à Dieu.

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Madagascar, 26 août 1898.

Tous les cas, dans l'histoire morale des hommes, diffèrent. Pas une conversion ne ressemble à l'autre. Et toujours le salut est possible, complet, s'il y a eu foi et abandon à Dieu.

La tentation est de se dire : mon cas est trop spécial, trop difficile; le salut, possible pour d'autres, ne l'est pas pour moi. Moi-même, dans d'autres temps, j'aurais pu être sauvé, j'ai pu l'être. Mais aujourd'hui, étant donné mes circonstances, mon péché spécial, compliqué, redoublé, renouvelé; étant donné mes rechutes, mes infidélités, c'est impossible....

Voilà la tentation.

La victoire, c'est de pouvoir dire : je ne regarde ni à mon péché, ni à ma faiblesse, ni à ma personne, mais à Jésus. Il a dit : « Je ne mettrai point dehors celui qui viendra à moi. » Venir est la seule condition. Il n'y en a pas d'autres. Age, grandeur du péché, fréquence des chutes, renouvellement, etc., tout cela n'y fait rien, ou tout au moins tout cela n'empêche pas le salut.

N'y fait rien ! ai-je écrit. Hélas ! Bien au contraire.

Tout cela rend dix fois, cent fois plus difficile le retour. La foi même devient presque impossible à quiconque est retombé ! Mais pas tout à fait impossible. Le salut reste possible aussi longtemps que Jésus vit et que l'âme regarde à lui.

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Afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu et "dit pas à nous.

2 Cor. IV, 7.

7 octobre 1899.

Rapprochez ce passage de l'article de H. D. (Ami chrétien). « Un moment dangereux ». Le moment où l'on découvre qu'on n'est rien.

Dieu n'a pas besoin de nous : d'autres peuvent faire notre travail, aussi bien et parfois mieux que nous.

Une maladie s'ajoute à cela pour nous apprendre que nos forces sont limitées, nous obliger à ne pas reprendre notre travail, et à demander le secours des autres.

Dans le calme qui résulte de l'inaction, les souillures et les difficultés du travail antérieur apparaissent, et ôtent au passé tout ce qui en faisait le prix, ou tout au moins tout ce qui permettait de s'y appuyer.

L'impuissance, le sentiment de l'inutilité sont d'autant plus pénibles qu'un des plus grands stimulants au travail est précisément cette pensée : Si je ne fais pas ceci ou cela, si je ne pense pas à telle chose, la besogne ne se fera pas, l'oeuvre souffrira. L'aiguillon de la nécessité, du travail obligatoire et pressé est d'un puissant secours; et quand il fait défaut, on est tout étonné de voir combien est faible la part de conscience, de vrai zèle et d'amour que l'on apporte au travail ordinaire.

La grande leçon de la vie, c'est celle-là (notre inutilité); mais elle n'est complète que quand au « Je ne suis rien » (par moi-même), on arrive à ajouter le « je suis tout par Christ » et à substituer à tous les mobiles de travail (pressions de la nécessité, rôle de la personnalité, prix des relations avec ceux qui partagent notre tâche, etc.), celui de saint Paul : « Nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu et non pas à nous. »

« Apprenez à être inutile avec tranquillité et adoration. » (Saint Cyran.)

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Vous n'êtes point à vous-mêmes.

1, Cor., VI. 19.

Les Ormonts, 2 janvier 1900.

Dieu m'a fait la grâce en terminant 1899 et en me réveillant à l'aube en 1900 de me rappeler ma vieille devise : « Vous n'êtes point à vous-mêmes", et de m'en faire sentir comme tout à nouveau la vérité.

Je n'exagère pas la portée d'un sentiment qu'on éprouve un jour et qui, le lendemain, le soir même, peut avoir fait place à une disposition tout opposée. Cependant c'est en soi une grâce que ces intuitions momentanées de faits et de vérités souvent voilées; rien ne défend de croire qu'elles sont vraies et c'est répondre à la pensée divine que de s'y tenir.

Mais ne raisonnons pas! n'épiloguons pas! Je te rends grâce, ô mon Dieu, d'avoir permis qu'en franchissant le seuil de cette nouvelle année, je visse se déchirer le voile de doutes et de craintes qui, si souvent, me cache ton action dans mon passé, et me laisse aussi seul et livré à mes propres forces pour l'avenir. Il y a dans mon passé assez de fautes et assez d'erreurs; j'ai assez conscience de tout ce que je mêle de personnel, de charnel, d'humain à mes meilleurs actes, pour qu'à l'ordinaire il me soit difficile de croire à ton intervention dans ma vie, et de regarder l'avenir avec la confiance que donne la certitude d'être au poste où toi seul m'as voulu. Tu sais mieux que moi ce qui entre dans ma vie passée, de volonté propre, de recherche de moi-même, d'indifférence à ta gloire et au salut des âmes. Rien en moi n'est pur de ce mélange.

Et cependant, ô mon Dieu, tu as daigné me rappeler ces mots qu'en une occasion sérieuse de ma vie j'ai pris pour ma devise : « Vous n'êtes point à vous-mêmes. » Tu as bien voulu me faire souvenir que malgré tout je reste ton racheté, celui que tu t'es acquis par le sang versé de Jésus-Christ, et dont tu as fait la conquête personnelle à travers les années. Et tu m'as permis, malgré tout ce qui devrait me faire douter de moi-même, de penser que, avec beaucoup de faiblesses, de misères, d'inconséquences, d'infidélités, de péchés anciens et récents, j'ai cependant été sincère en me donnant à toi, ou plutôt en acceptant avec reconnaissance, comme le fondement de mon salut et comme la règle de ma vie, l'acte par lequel tu as pris possession de moi et qui fait de moi ton racheté, ton enfant, ton serviteur.

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Les Ormonts, 3 janvier 1900.

Ma pensée est que : n'est définitivement conquis que ce qui a passé dans la vie morale, dans le caractère, dans la pratique. C'est là, sur ces tables de chair du coeur, sur la trame de l'existence journalière et de la vie des autres qu'il faut inscrire les vérités perçues, les paroles de Dieu entendues et les grâces saisies.

Il est vrai que cela soulève un problème: mettre en pratique, c'est vite dit; mais comment? d'où viendra la force?

Je suis donc ramené à la prière, mais à la prière sincère, à la prière qui n'accepte pas d'être en contradiction avec la vie; à la prière qui porte avant tout sur la vie intérieure, morale et extérieure; à la prière qui conduit à l'action, voit dans l'action son but, sa pierre de touche, sa nécessaire et constante contre-partie.

Donc, la prière avant l'action.

L'action, pour faire passer dans la vie, pour s'approprier définitivement la grâce, la Parole entendue et qui peut sauver l'âme; pour transformer l'être et conquérir par là, sinon le moyen de sauver les autres, au moins la condition sans laquelle nous sommes un obstacle sur leur route, les conditions aussi d'une influence vraie et avec l'aide de Dieu, décisive sur eux.

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10 janvier 1900.

Il y a des moments où l'impossibilité de l'action sur les âmes semble absolue. On les dirait impénétrables. On sent « le grand abîme » qui les sépare. En même temps l'impuissance, l'insuffisance propres suffoquent. La tentation alors est celle d'Elie : « C'en est assez, ô Eternel, prends mon âme ! (1). » On voudrait mourir, peut-être d'une mort glorieuse, être regretté, agir par le souvenir.

Mais, c'est là une tentation qu'il faut repousser. L'issue, c'est la reprise de la lutte, le saint combat du : « Je me sanctifie moi-même pour eux. »

Toi en eux, et moi en toi.

Ascension d'amour. Monter plus haut dans l'amour. S'unir à Christ qui seul sauve; amener à lui, disparaître. En lui, tout perdre en lui, pour tout retrouver et se retrouver en lui.

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Les Ormonts, 16 janvier 1900.

L'émotion, l'élan, les intuitions soudaines des réalités spirituelles, tout cela est intermittent; l'âme qui les a éprouvés peut, le jour d'après, se retrouver à plat, dans le brouillard gris de la vie quotidienne, et dans cet état où tout, au dehors, et surtout au dedans, nie les sommets, arrête l'essor; ôte même le ressort intérieur qui fait monter. Mais deux choses restent : la foi qui s'appuie à la Parole immuable, et l'obéissance qui met en pratique, dans une faible mesure, mais enfin, met en pratique, c'est-à-dire, rend réelle la réalité vue, sentie, touchée en des jours plus heureux, mais peut-être aussi plus dangereux pour l'âme. Donc, regardons à la Parole, regardons à Jésus et agissons !

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Les Ormonts, janvier 1900.

L'ordre moral est un, de là l'importance de la plus petite victoire : elle a sa répercussion sur toute la vie morale, elle rend fort pour servir, pour gagner, pour aimer.

L'obéissance est le complément indispensable de la vie religieuse. Aussitôt qu'elle cesse et dans la mesure où elle est interrompue, la vie religieuse (élan vers Dieu, amour des âmes, intérêt pour les oeuvres même les meilleures, relations « religieuses ») tout cela devient factice ou morbide, ou franchement mauvais et dangereux.

Au contraire, tout acte d'obéissance fixe la grâce offerte ou seulement pressentie et l'approprie définitivement. Sans elle, ce sont des mots, de l'encre et du papier. Donc, obéissance, surtout après une grande grâce reçue.

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Il faut qu'il croisse et que je diminue.

Jean, III, 30.

Les Ormonts, janvier 1900.

Diriger les âmes sur Jésus-Christ. « Il faut qu'il croisse et que je diminue », car Jésus seul est leur fin, et lui seul peut les satisfaire.

Les lui amener et les lui attacher par l'action que je puis avoir sur elles; par la prière d'intercession; en me sanctifiant pour elles, moyen suprême d'action et suprême service (Jean XVII, 19).

Et lui confier le dépôt, non seulement des âmes, mais des affections elles-mêmes.

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30 mai 1902.

Rien ne déprime comme les conversations à la première heure; rien ne réconforte comme le travail. Il y a des moments où il vaut encore mieux travailler que prier. La conversation vide et laisse désespéré. La prière même, quand l'heure du travail a sonné, est souvent une sorte de conversation avec soi-même qui dessèche et désole. Ce qui n'exclut pas les cris à Dieu en toutes circonstances. Seulement, pas de trompe l'oeil!

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Mars 1903.

La prière remet en face des réalités. Elle donne la mesure vraie et juste des choses. Par là, elle calme et apaise. Et surtout elle ramène au centre, à la racine. Et ce centre, cette racine, c'est la relation personnelle avec Dieu.


Table des matières

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1. 1, Rois XIX. 4.

 

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