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écrit: TA PAROLE EST LA VERITE (Jean 17.17) Cela me suffit... |
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écrit: TA PAROLE EST LA VERITE (Jean 17.17) Cela me suffit... |
PENSÉES DU MATINSaint-Louis (Sénégal), 1891. Je suis de plus en plus convaincu du caractère surnaturel et simple du christianisme. Il faut croire; il faut se confier. - Il y a au fond de chacun des grands faits de la vie chrétienne et de la révélation quelque chose qui reste inexpliqué et qu'il faut accepter simplement. Exemple, la prière. La prière est une demande et l'exaucement est une réalité. Mystère : comment Dieu entend-il ? Comment fait-il concorder les exaucements entre eux et avec sa providence? Mystère. Mais le fait de la prière et des exaucements, il faut les accepter simplement. Conséquence : plus la prière sera simplement une demande, plus elle sera conforme à la volonté de Dieu, et plus elle sera bénie. Prières savantes, méthodiques, qui n'apportent aucun soulagement; prières confuses, mais où domine le recours à Dieu et qui soulagent. Prier ainsi: Apporter tout à Dieu et attendre tout de lui, Eviter l'analyse. Dieu est le médecin, un médecin ne demande pas au malade son diagnostic, mais qu'il montre ses plaies. A lui de sonder, d'analyser, classer le mal, et ensuite de le guérir. La vie chrétienne est un rapport entre deux personnalités : l''homme et Dieu. Il s'agit de marcher avec Dieu. « Il marcha avec Dieu, puis Dieu le prit. » Marcher avec lui comme homme (corps, esprit, âme, intelligence, coeur, conscience). 12 août 1891. Il y a une connaissance de Dieu qu'on n'acquiert que dans le pardon. Ou plutôt la seule connaissance vraie et complète de Dieu est celle-là. En dehors du pardon reçu personnellement et ressenti, on ne connaît pas Dieu, ou bien on voit en lui uniquement le juge, le maître sévère, ou bien le Dieu des bonnes gens, trop débonnaire pour faire du mal à qui que ce soit. Mais dans le pardon personnellement reçu, on trouve le vrai Dieu, celui qui juge le péché, le hait et le bannit de sa présence, mais qui aussi aime le pécheur, lui « pardonne ses iniquités, retire sa vie de la fosse, rassasie sa bouche de biens, le couronne de gratuité et de compassion, tellement que sa jeunesse est renouvelée comme celle de l'aigle (1). » Voilà le Dieu qu'il nous faut aimer et chercher. Mon coeur me dit de sa part : Cherche ma face. Je chercherai ta face ô Eternel (2). 14 septembre 1891. Dans la vie ordinaire, la part de la retraite journalière auprès de Dieu ne doit pas empiéter sur la part du travail. Les deux choses doivent être séparées. Prier quand on prie, travailler quand on travaille. Age quod agis. Il est permis de penser à soi, de parler de soi, et se décharger de soi dans l'heure avec Jésus, mais le reste du temps, les autres, et ne pas reparler de soi, ne pas repenser à soi; ne pas se décharger à nouveau de soi à tout venant. L'excellence de l'heure secrète est précisément qu'elle satisfait à ce besoin impérieux de régler chaque jour le compte avec Dieu; de s'épancher, de tout dire, même ce qu'il y a de plus honteux, de plus compliqué. Par là même le reste de la journée est libre; ou plutôt le coeur, la volonté, la pensée sont libres et peuvent être mis tout le jour au service des autres. 22 septembre 1891. Le plus grand danger c'est le demi-jour, le coeur partagé, les demi-mesures - « Ni froid ni bouillant. » Plutôt la fournaise; plutôt le froid de l'acier! Demeurer en Jésus! Oui, mais comment? Je traduis : demeurer dans la confiance entière et dans l'obéissance; garder la parole de Jésus comme promesses et la parole de Jésus comme ordre. La confiance implique qu'on cesse de se plaindre aux hommes; qu'on n'exprime pas dans les conversations des doutes ou des plaintes, après avoir exprimé à Jésus de la confiance ou tout au moins la lui avoir demandée. Elle implique souvent le silence, elle exclut l'amertume. L'obéissance implique l'effort constant pour garder les commandements de Jésus, l'effort consciencieux pour éviter tout ce qui est contraire à la charité, à la vérité, à la pureté, à la sainteté et à la justice. Décembre 1891. Comme tout autre organe, la conscience se fortifie par l'exercice. Il faut la fortifier chez l'enfant, la fortifier en soi-même. Une entorse donnée à la conscience, dans les grandes occasions, la rend boiteuse pour des années; comme aussi une résolution conforme à la conscience, prise dans des circonstances difficiles ou décisives, la fortifie et lui rend dans la suite son travail plus aisé. Il est absolument nécessaire d'habituer l'enfant à la droiture, à la stricte véracité avec lui-même, comme avec les autres. Il est impossible d'être consciencieux, si on n'est vrai, car ce n'est qu'en étant strictement vrai avec soi-même qu'on se rend compte de ce que la conscience ordonne. Il faut combattre à tout prix le mensonge. Pour soi-même, quand on se sent faible à cet égard, je ne vois qu'un moyen : redoubler de vigilance, d'attention, et éviter tout ce qui met la conscience dans une fausse position. En effet, les fausses démarches, qui laissent la conscience troublée, proviennent très souvent, elles-mêmes, de retards, d'infidélités partielles. Pour regagner du temps, pour sortir d'embarras, on a recours à des expédients quelquefois douteux et qui font des accrocs à la conscience. Gardons une salutaire terreur de tout ce qui expose la conscience. Si nous la sentons faible, défendons-la en mettant toutes les chances de son côté, par la fidélité, la régularité et le travail. 25 mai 1892. Nécessité d'unir la plus forte trempe morale à la plus intense vie religieuse, ou : critère de toute vie religieuse, l'intensité et la pureté de la vie morale qu'elle produit. Les deux choses sont parfois séparées; dès qu'elles le sont, si peu que ce soit, il y a déclin. Les hommes vraiment grands, les serviteurs vraiment utiles sont ceux qui « conservent le mystère de la foi dans une conscience pure, » c'est-à-dire ceux en qui l'oeuvre de Dieu a été si forte et si pure qu'elle produit une vie morale irréprochable. C'est là la saveur' spéciale qu'on trouve dans le contact des grands serviteurs de Dieu, comme par exemple Ad. Monod et ses frères. On trouve une force exceptionnelle chez quelques-uns de ces hommes, et même dans leurs descendants, quoiqu'ils se soient séparés de la foi positive; cette force tient, je crois, à ce que la délicatesse de la conscience a été alliée toujours et par. tout à la force de la foi. Partout où cette délicatesse manque, la vie religieuse a beau paraître intense, il y a quelque chose qui sonne faux et qui la fait suspecter elle-même. 3 novembre 1892. Au fond de notre être, il y a un doute obstiné, qui sans cesse relève la tête. Ce doute porte moins sur Dieu, sur Jésus-Christ, que sur la possibilité pratique de progresser, de vaincre certaines tentations, et de remporter certaines victoires. Non, je ne dépasserai pas ce point : tel je suis, tel je resterai. Il y a en moi un alliage de bien et de mal, alliage qui constitue ma propre nature morale; cet alliage est définitif. Passe encore si j'étais jeune; alors je pourrais me transformer, c'est la période où les progrès et les modifications sont faciles. Aujourd'hui, c'est trop tard... Quel bonheur de voir que saint Paul n'avait pas ce fatalisme et que sa parole nous montre à quel point ce langage est faux ! Quel encouragement dans ces mots : « Afin que vos coeurs soient affermis dans la sainteté, et que vous deveniez irrépréhensibles (3). » Le progrès, la sanctification progressive, sont choses possibles, l'apôtre, la Parole de Dieu, l'affirment. L'expérience, du reste, le montre aussi, fort heureusement. Vues de loin, sans soin, les vies des chrétiens semblent se maintenir à un niveau à peu près identique. Mais sitôt qu'on pénètre dans l'intimité de ces vies, on y découvre le progrès, plus marqué parfois qu'au début. Autre thèse de l'incrédulité latente dans notre coeur Il y a des cas désespérés, des hommes inguérissables, des vies définitivement perdues. - Mais non, tant qu'il y a vie, il y a espoir de changement, de guérison complète. Décembre 1892. C'est un mensonge que de se persuader qu'on peut rentrer dans l'ordre sans chercher Dieu par la prière. Nul effort de volonté, nul élan du coeur, nulle réflexion n'y suffit, il faut l'acte du retour à Dieu dans la confession des péchés commis, la requête du coeur qui crie au secours. La longueur de l'acte, le moment précis où se fait cet acte, tout cela importe peu; ce qui est indispensable c'est que l'acte lui-même ait lieu. La santé de l'âme est impossible sans la prière journalière sérieuse, sans la lecture journalière sérieuse de la Parole de Dieu; le retour à la santé est impossible sans la reprise de ces deux fonctions, aussi indispensables à la vie intérieure que l'exercice et l'alimentation à la vie physique. Le moindre retour à ces fonctions est un commencement de retour à la santé; il est impossible d'y avoir recours, si peu que ce soit, sans ressentir comme une vigueur nouvelle pénétrant l'âme et même l'être physique. 2 janvier 1893. On n'agit sur les autres que par ce qu'on est soi-même. Ne rien exiger, ne rien attendre, ne rien demander aux autres, que je ne l'aie d'abord obtenu de moi-même dans la mesure et sous la forme où cela concorde avec ma tâche. Donc plus que jamais, faire porter sur moi-même l'effort, me sanctifier moi-même par la fidélité au devoir, par le renoncement, par l'oubli de moi-même. Pour ce travail de la sanctification, compter sur Dieu. Il y a une part qui me revient, c'est de remettre à Dieu le tout, de me soumettre et d'attendre : croire, donner prise à Dieu, éviter de lui faire obstacle, croire. Mars 1893. Ce qui a en soi la vie, ce n'est pas l'émotion exprimée par la Parole, l'idée exprimée parla Parole, le devoir tracé par la Parole. C'est la Parole tout entière avec tous ses éléments. De même que l'analyse chimique, tout en nous donnant tous les éléments d'une semence, tue cette semence, de même l'analyse tue la Parole; la critique, qui veut en dissocier les éléments, la tue. Ce qui nous donne la vie, c'est la parole dans son entier, crue et obéie; il n'y a que cela. 30 avril 1893. Ne rien conseiller aux autres qu'on ne se soit à soi-même imposé. Ne rien imposer, qu'on ne se soit déjà imposé. Ne proposer aucun remède dont on n'use soi-même. En général, peu parler aux autres; beaucoup parler d'eux à Dieu. Juillet 1893. La conscience engourdie; le coeur fermé et dur, l'âme éteinte, l'esprit absent, voilà les conséquences du péché et son châtiment. Vendredi Saint, 23 mars 1894. J'ai eu cette joie et ce privilège, aujourd'hui pour la première fois depuis quinze ans, de prêcher le Vendredi Saint. Il me semble que j'ai pu prêcher Christ et sa croix, non pas comme je l'aurais voulu, mais mieux, plus clairement que je n'ai pu le prêcher autrefois. J'entrevois tout au moins que la croix est tout, donne tout, suffit à tout. J'entrevois cette grande vérité qui a fait la Réforme et le Réveil, c'est qu'à la croix a été réalisé un salut tellement grand, tellement profond, tellement haut, tellement précieux que le péché est comme englouti en sa présence, et que fût-il plus lourd, plus noir, plus irrémédiable encore, il n'en disparaîtrait pas moins dans le rayonnement et la chaleur vivifiante du soleil de la grâce qui s'est levé sur nous. J'entrevois une prédication ayant la croix pour objet et pour arme, une théologie ayant la croix pour centre et pour fondement, une foi se nourrissant de la croix; mais j'entrevois aussi de plus en plus une vie ayant la croix pour règle et pour symbole, une vie crucifiée. Les deux choses se tiennent absolument. « Pour ce qui me concerne, loin de moi la pensée de me glorifier d'autre chose que de la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est crucifié pour moi comme je le suis pour le monde » (Gal. VI, 14) Si j'accepte l'interversion qui s'est faite à la croix: Jésus à ma place, cette acceptation n'a pas de sens, si elle n'est une ratification de ce que Jésus fait pour moi. Je ratifie l'acte d'obéissance par lequel Il accepte mon châtiment; je l'accepte comme mérité pour moi-même, mais je ratifie cette obéissance pour tout le reste de ma vie. Jésus n'a accepté, le sacrifice suprême que comme couronnement d'une vie d'obéissance; si je m'approprie ce qu'il a fait, je ne puis le faire à moitié, je ne puis ratifier son acte quand il me profite, et refuser de le ratifier quand il m'engage. Pour qu'il me profite, il me faut être de bonne foi et accepter la substitution avec toutes ses conséquences, le profit et l'obéissance. L'un ne va pas sans l'autre. La croix me sépare donc du monde, elle me sépare aussi de la volonté propre; par elle je meurs à moi-même ou tout au moins je me renie moi-même; je détrône le moi et j'intronise Christ à sa place; ma vie sera Christ, Christ sera ma vie. Voilà en quoi m'engage l'acte de foi; mais voilà aussi, je le crois du moins, voilà de quoi la croix me donne la force, à une condition, c'est que je sois conséquent et fidèle... de bonne foi, en un mot. Accepter la croix comme le tombeau de ma vie et de mon péché. Accepter la croix comme le point de départ, quotidiennement retrouvé, d'une vie nouvelle, incessamment rajeunie, reçue en grâce, bénie, pure, heureuse. Accepter la croix comme l'instrument de mort de mon égoïsme, de mes préférences personnelles, de ma vanité, de mon orgueil. Juillet 1894. Leçon du déficit: ne pas demander avant tout l'argent, mais demander avant tout l'Esprit qui fait les Missions. 9 janvier 1895. Il y a pour chacun une victoire à remporter; pour la Cananéenne, c'était la guérison de sa fille. pour nous, c'est autre chose. A chacun de discerner ce qui reste à faire, en lui, pour que la victoire soit complète. La tâche semble être : 1° De discerner ce qui reste à faire pour que cette victoire soit complète. 2° D'être résolu à mourir plutôt qu'à rester vaincu. 3° De compter sur Dieu, aller à lui, lui demander le secours et la victoire. Comment être fidèle au passé, tout en étant l'homme du présent, et dans la mesure où cela doit être, l'homme de l'avenir! C'est, je crois, en étant l'homme de l'Eternité. Pour cela, il faut, ne fût-ce qu'un instant tous les jours, prendre contact avec l'Eternité, et pour cela encore, être inviolablement fidèle à l'heure matinale. Dans la solitude, retrouver Dieu - la vérité - les hommes - soi-même. Mais fuir tout ce qui fait de cette heure un vain exercice. Et au-dessus même de l'habitude et de la règle, mettre le fond, le bien vrai qu'il s'agit de conserver, et qui est la communion avec Dieu, retrouvée incessamment par l'acte d'abandon filial entre ses mains, l'acte de confiance qui lui remet tout. l'acte d'obéissance qui engage la volonté. Mars 1895. Je crois qu'il est légitime de désirer exercer une influence. J'ai un ministère, il est légitime que je le désire aussi fructueux que possible, et le fruit, ce n'est pas l'argent, ce n'est pas le succès extérieur, c'est l'action sur l'âme. Et puisque ma maison est ma paroisse, le fruit, ou l'un des fruits, c'est l'action sur mes élèves. Mais cela posé, il est sûr que cette action reste entre les mains de Dieu. Elle peut être accordée, elle peut être différée, elle peut être refusée. Faut-il pour cela renoncer à obtenir l'approbation de Dieu. Non. Et pour cela, la voie la plus sûre, la seule ouverte, c'est d'obéir à Jésus. Etre le serviteur et l'esclave des autres.... 5 septembre 1895 Jésus n'a pu sauver les autres qu'en se réduisant à l'impuissance de se sauver lui-même. Jésus n'a rétabli la communion entre les hommes et Dieu, qu'en se privant de cette communion. J'éprouve de plus en plus le besoin de considérer Jésus-Christ comme un fait et une personne, abstraction faite de toute théorie, et de prendre les faits individuels, de conquérir l'image du Christ, à force de dégager et de préciser chaque trait de cette image. Les grandes définitions, les formules générales, je les crois toujours utiles, indispensables, mais pour moi personnellement, je ne puis m'en contenter. Il me faut conquérir mon christianisme comme les peintres préraphaélites ont reconquis la nature que le geste académique et la convention artistique leur avait ravie; ils l'ont reconquise à force de probité et de conscience dans la copie exacte du détail. N'y a-t-il pas un travail de ce genre à faire pour reconquérir la vraie personne humaine et divine, mais toujours présente et vivante de notre Seigneur ? Sans doute, il ne faut jamais perdre de vue les différences, soit entre l'objet à connaître, soit dans la méthode de connaissance. L'objet à connaître n'est pas un objet appartenant uniquement à l'histoire et au passé ! Il appartient à l'histoire; mais il appartient aussi au présent; il appartient à l'Eternité, et l'Eternité, c'est ce qui est toujours présent, Jésus est toujours présent. De là vient une différence dans la manière de l'étudier. On ne peut pas le connaître uniquement par le procédé historique; il y faut les procédés en usage entre personnalités, le rapport du tu au toi, le rapport personnel qui s'effectue par la parole. Je suis de plus en plus convaincu que c'est là la voie pour connaître Jésus. Prendre chacune de ses paroles, et se mettre en présence de ce qu'elle signifie, la prendre en elle-même, dégager ce qu'elle implique sur lui, sur nous, sans se préoccuper de trouver la formule générale, qui viendra. Mais lire avec la conscience, lire avec le coeur, lire avec la volonté et dans l'obéissance ; on n'approche de Jésus que comme cela. Les généralisations viendront après, d'autant plus sûres et d'autant plus justes qu'elles n'auront pas été hâtives. L'art a été renouvelé par cette méthode. Les préraphaélites qui ont rajeuni la peinture anglaise ont procédé ainsi : voir les articles de Robert de la Sizeranne dans la Revue des Deux Mondes; voir aussi les procédés de Paul Robert. Reconquérir la vérité par l'étude du détail, sur le faux du geste académique. C'est ainsi que Jésus a voulu être connu. Par le détail, séries de paroles, d'actes, impliquant, ou expliquant ce qu'il est, ce qu'il veut être. Pas de formule générale; même dans Jean elles manquent. Reconquérir ainsi un Christ vivant. Les généralisations seront d'autant plus puissantes et plus vivantes qu'elles auront été plus laborieusement, plus patiemment conquises. Nous serons plus sobres aussi, et nous n'y perdrons rien. Mais n'oublions pas que pour aboutir, cette méthode doit aussi surveiller l'instrument de connaissance. Cet instrument n'est pas la curiosité scientifique, ce n'est pas la raison, puisque c'est l'être moral tout entier; avant tout dans son centre vivant, le coeur et la conscience. Toutes choses ont été faites Par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle. Jean, I, 3. 11 octobre 1895. Lu dans Herbert Spencer que la religion a tort de vouloir expliquer l'inexplicable; qu'elle est forte aussi longtemps qu'elle affirme l'inconnaissable, le mystère, mais qu'elle est faible quand elle veut expliquer. Peut-être, mais il y a cependant des explications qu'elle peut et doit donner, des affirmations qu'elle doit faire entendre. Ce verset du chapitre 1 de saint Jean n'explique pas métaphysiquement le mystère de la création, mais il nous permet d'affirmer qu'il n'y a rien dans cette création qui ne soit d'accord et en harmonie avec la parole du salut, et avec les prémisses de cette parole. Ma foi ou plutôt mon union par la foi avec Dieu en Jésus-Christ a pour elle toutes les prémisses de la création, tous les arrangements antérieurs du monde; tout cet ensemble n'émane pas d'une source différente, et sort de la même origine, des mêmes mains. de la même pensée. 6 décembre 1896. Jésus saisit les occasions. Jésus sait s'affranchir des sujétions de la famille. Femme, qu'y a-t-il entre moi et toi? C'est cette indépendance même qui fait l'ascendant de Jésus. « Faites ce qu'il vous dira. » Jésus agit d'après les circonstances. Il ne prononce pas un sermon aux noces de Cana. Il rend un service aux invités, aux mariés, un service d'ordre humain. Il les tire d'embarras, les sauve d'une humiliation. Acte de souveraine et délicate charité. Quel souvenir ils gardèrent de luit Ils avaient peut-être eu peur en invitant ce jeune homme connu pour son sérieux, sa piété avec ses disciples. Mais comme ils furent rassurés, quel souvenir reconnaissant et ému ils gardèrent de lui ! Quelles bénédictions l'accompagnèrent longtemps encore! Quel rayonnement cette divine présence jeta sur leur vie entière ! comme elle avait transfiguré le jour de leurs noces ! Il faudrait que tout homme de Dieu fût, dans sa mesure, ce que Jésus fut dans cette occasion. Pas un ennuyeux prêcheur, mais une preuve vivante, palpable de la bonté de Dieu. Jésus aux noces est un modèle qu'on peut appliquer à une foule de cas : le serviteur de Dieu dans les réunions de famille. Je vois dans ce miracle, l'eau changée en vin, une admirable, image de ce que doit être notre action : transformer l'eau fade et incolore de la vie en vin généreux et réconfortant, donnant de la force et de la valeur à tout. |
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