Il est écrit:
TA PAROLE EST LA VERITE  (Jean 17.17)
Cela me suffit...
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Il est écrit:
TA PAROLE EST LA VERITE
(Jean 17.17)
Cela me suffit...



PENSÉES DU MATIN 


Rothau, 17 août 1880.

Lu le premier chapitre de la Genèse sur le « chemin du garde, » en présence de l'éveil de la nature dans cette vallée de Natzwiller si verte, si belle; quelle joie et quelle force de penser que c'est Dieu qui a fait toutes ces choses! Ainsi la voix qui se dégage d'elles et qui parle de pureté, de lumière, de force, de paix, de vie sainte, harmonieuse et libre, cette voix est divine et doit être écoutée, recherchée même. Cette voix est vraie, on peut la croire comme une parole de Dieu.

Autre conséquence : si Dieu a fait la nature, ce n'est pas pour la détruire. Le monde passera, mais pour faire place à de nouveaux cieux, à une nouvelle terre, à de nouvelles splendeurs, où tout sera harmonie, paix et lumière. Ce n'est donc pas mal d'aimer ces choses, d'y attacher son coeur; nous les retrouverons ou tout au moins nous en aurons dans l'éternité l'équivalent glorieux.

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Rothau, 26 août 1881.

Il y a une chose sur laquelle on peut toujours compter, en tous temps, en tous lieux, pour l'ensemble et pour le détail de la vie, pour soi, pour les autres, pour les âmes individuelles, pour la patrie, pour le monde, pourvu qu'on la désire et la recherche sincèrement, par-dessus tout et à tout prix : c'est la compassion de Jésus.

Et cette compassion est toute-puissante.

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Strasbourg, 3 octobre 1881.

Au service du Christ on n'a pas le droit de compter sur un repos extérieur, sur un établissement permanent et durable; le repos est dans la dépendance du Christ et dans l'union parfaite avec lui. Voilà le centre auquel il faut tout rapporter, tout ramener.

Les affections de famille ne sont pas proscrites, mais au contraire agrandies et sanctifiées par l'Evangile. Mais il ne faut pas qu'elles deviennent un prétexte pour différer le service qu'on doit à Christ. Celui-ci prime tous les autres devoirs, tous les autres liens, et en cas de conflits, il faut savoir le choisir et lui donner la préférence. Le conflit n'est d'ailleurs qu'apparent, au dernier jour on le verra : tel qui aura quitté les siens se trouvera les avoir servis; il n'y a pas de devoir contre le devoir.

Donc de la décision, de l'énergie, le don entier de soi : voilà ce que Christ attend de nous.

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17 octobre 1885.

Christ nous demande de compter absolument sur lui pour tout ce qui touche le matériel. Notre préoccupation unique doit être celle du royaume de Dieu; l'avancement de ce royaume. Tout le reste nous devons le lui abandonner : le manger, le boire, le vêtement. Et non seulement cela,- mais nous devons même donner ce que nous avons, donner, les yeux fermés, sachant qu'il nous dédommagera.

Quelques conclusions pratiques pour ma position :

Faire porter l'effort de ma pensée, de mon zèle, de mon amour, non sur les difficultés matérielles et autres de l'oeuvre, mais sur le règne de Dieu. C'est là seulement ce qui donne le droit de compter sur la promesse. Sinon, si le souci remplace le zèle pour le royaume, la promesse tombe; la gestion de la société redevient une affaire comme les autres.

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9 juillet 1886.

Etre vrai dans l'expression, vrai dans le ton, en parlant et en écrivant. Je constate que l'habitude de prêcher, peut-être sans préparation suffisante, le fait de vivre dans les choses religieuses, la rapidité avec laquelle il faut tout faire qui empêche de creuser quoi que ce soit, tout cela fait que peu à peu on vit dans le faux, on sort de la vérité, soit dans les idées, soit dans l'expression. Avec la vérité part la force.

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Travailler, non Pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui subsiste pour la vie éternelle.

Jean, VI, 27

22 janvier 1838.

Ces mots ont été pour moi un trait de lumière : il y a une nourriture pour l'âme, une nourriture qui demeure, comme il y a une nourriture pour le corps.

Je l'avais presque oublié. Ces derniers temps je me consume à constater mon impuissance contre le péché, mon insuffisance dans ma tâche, et le remède je le demande soit à des règlements, soit à des analyses de moi-même plus sévères que les précédentes, et dont j'attends je ne sais quelle découverte qui renouvellera tout.

Les examens de conscience sont bons, les résolutions sont bonnes; mais tout cela ne nourrit pas l'âme, ne la restaure pas. Or, il y a une nourriture de l'âme.

Je puis donc être réconforté, fortifié, relevé comme on est fortifié et retrempé par un bon repas. Je puis être au moral ce que sont les fortes natures bien équilibrées que soutient un bon et fortifiant régime.

La nourriture de l'âme, c'est Jésus : « Je suis le pain de vie. » Jésus a donc de quoi me nourrir aussi, et assez pour « tant de gens, » pour tous ceux qui, directement ou indirectement, attendent de moi la direction, l'impulsion, la subsistance spirituelle.

0 Jésus, donne-moi à manger. Relève mes forces, rends-moi santé, vigueur, joie à vivre et à travailler. Aujourd'hui, donne-moi le pain de vie!

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31 mars 1888.

Ce qui fait la valeur d'un ouvrier de Dieu, c'est précisément qu'il s'abstienne des disputes, des mots, des finasseries théologiques, et qu'il opère dans le vrai, le réel, le solide. Il est grand, il est excellent, non par ce qui en fait l'homme d'une spécialité ou d'une coterie, mais par ce qu'il apporte à l'édifice de Dieu. Sa conduite, voilà la pierre de touche et non son shibboleth. De plus, la mesure dans laquelle il prêche le vrai, le pur, le solide évangile. S'il réunit ces conditions, il sera propre à toute bonne oeuvre, voilà la règle.

Donc la grande préoccupation, quelle que soit notre position spéciale dans le monde religieux, doit être de faire une oeuvre effective, de ne pas nous payer de mots, de vivre dans le réel, de faire du solide.

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Septembre 1888.

Il faut chercher et trouver :

1° La mort à soi-même, aux plans, aux volontés propres, renoncer à avoir raison à tout prix. Etre toujours prêt à céder à la vérité, à faire le sacrifice d'une opinion, si elle se démontre fausse; n'avoir plus d'autre guide, plus d'autre inspirateur que Dieu.

2° L'acceptation de la mort physique et de tout ce qui peut l'accompagner, maladie, souffrance, et s'y préparer en mettant ordre à tout.

3° Par-dessus tout la consolation. l'assurance de la grâce de Dieu, afin de pouvoir dire : « Sa grâce me suffit. »

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Octobre 1888.

L'homme extérieur: ce n'est pas seulement la vie physique, la santé; c'est aussi tout ce qui se rapporte à l'extérieur, à l'opinion; c'est le succès apparent, l'influence humaine, la considération, le rôle que l'on joue aux yeux du public. Il faut savoir. laisser tomber tout cela, laisser se détruire tout cela, pourvu que l'homme intérieur, la réalité spirituelle, communion avec Dieu, amour pour lui, dévouement au bien, 'pourvu que tout cela grandisse et se développe.

Car, à se laisser détruire et dépouiller à l'extérieur, on voit et on sent l'intérieur grandir.

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17 décembre 1888.

Dernière quinzaine de l'année ! Mon désir ardent est de bien finir l'année : voeux, efforts, résolutions.

Obstacle : la masse même des idées, le désordre intérieur des plans et des désirs.

Principe d'ordre : Dieu, l'obéissance, le devoir immédiat. Avant tout, chercher Dieu.

La première place donnée à Dieu : je suis persuadé que là est le remède à tout. L'heure matinale donnée à Dieu. Là, les plans se font d'eux-mêmes. Là, tout apparaît sous le vrai jour. Là, tout prend les vraies proportions.

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14 mai 1889.

Comment Jésus l'a-t-il emporté? Comment est-il devenu le premier? En s'abaissant. Le désir naturel à tout homme est de l'emporter : avoir raison, monter, être le premier. Besoin, désir de gloire, voilà le but de tous. Le moyen qu'on choisit généralement, c'est l'ensemble des armes charnelles: l'intrigue, la force, l'influence, les affections naturelles, les mille ressources de la chair. Jésus, lui aussi, veut l'emporter, parce que sa cause est la bonne, sa cause est celle de Dieu et celle du monde en même temps. Et cependant il n'a recours à aucun des moyens auxquels les hommes ont recours; il y renonce et il choisit les seuls moyens de la charité : la charité qui renonce à elle-même, la charité qui sert, la charité qui se donne, la charité qui meurt et meurt sur la croix. Il ne veut avoir raison qu'en ayant les apparences de l'erreur et du tort; il veut triompher, mais en étant vaincu; il veut monter, mais en descendant; il veut être élevé, mais après avoir été abaissé jusqu'à la mort.

Voilà la voie royale, en même temps que la seule voie sûre. Très sûre, parce que dans cette voie on est certain que tout ce que peut avoir d'impur notre zèle, d'erroné notre point de vue, de mélangé nos motifs, tout cela est consumé, brûle par les flammes saintes.

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27 juin 1889.

Soyons de notre temps, et par les besoins et par le recours aux remèdes offerts par Dieu à notre époque; mais pour trouver ces besoins, ces remèdes, descendons en nous-mêmes, tout au fond de nous-mêmes; vivons de la vie solitaire, cachée, et alors nous entendrons la voix de la génération et la voix de Dieu, et nous trouverons le chemin de Jésus.

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1er octobre 1889.

Tandis que des années se passent à prendre des résolutions qu'on n'exécute pas, à se tracer des règles qu'on n'observe pas, tout doucement les habitudes se prennent, les plis se forment, et il se trouve qu'on est en présence, non d'une table rase où l'on peut inscrire ce que l'on veut, mais d'une tradition, d'une règle, de formes de vie arrêtées qu'il faut briser (et qui ne se laissent pas briser facilement), si l'on veut que la volonté et la loi supérieure, la loi de l'esprit triomphent.

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26 octobre 1889.

J'en reviens toujours, malgré moi, à l'idée que ma réforme de ma vie, la victoire sur mes défauts, l'accomplissement de ma tâche, le succès de mes entreprises, le progrès, la sanctification, en un mot, dépendent de tels changements à accomplir, de telle habitude à prendre, de tels obstacles à écarter, etc.

Mais Dieu est là qui dit : non, c'est moi, moi seul qui peux tout changer. C'est moi qui donne la victoire, moi qui donne la sainteté, moi qui change les habitudes, moi qui réforme la vie, moi qui donne les' solutions et les succès.

En sorte qu'il faut toujours en revenir là !

Demandez et vous recevrez. Demander! Prier, oui prier, et non pas prendre des habitudes de prière; prier tout de suite, et ne pas faire dépendre ma prière de telle réforme compliquée de ma vie que je poursuis depuis dix ans sans succès, prier, et non pas écrire qu'il faut prier; prier tout de suite.

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Venez, vous tous qui êtes travaillés et chargés.

Matthieu, XI, 28.

Janvier 1890.

Autrefois, étudiant ce texte, je l'avais appliqué surtout à trois choses, l'épreuve, la mauvaise conscience, l'esclavage du péché. Voilà les fardeaux que Jésus ôte à ceux qui les lui remettent.

Mais on peut lui en apporter d'autres encore; les complications qui naissent d'une situation difficile, l'angoisse intérieure d'un devoir mal défini, l'hésitation entre deux voies, les luttes de l'âme, les doutes de l'esprit, tout ce qui tourbillonne dans la tête et tout ce qui oppresse le coeur. On peut déposer aussi ces fardeaux-là aux pieds de Jésus et, en retour l'entendre dire : Je vous donnerai du repos. - Je vous soulagerai.

Comment Jésus décharge-t-il? En nous chargeant. Le seul conseil qu'il donne, après son appel, c'est celui-ci : chargez-vous de mon joug. Il a donc un joug qui soulage, qui soutient ceux qui le portent? On peut donc se sentir le coeur léger, l'esprit en repos en se chargeant! Oui, cela est ainsi. Porter le joug de Jésus c'est-à-dire devenir son disciple, le suivre dans la voie du renoncement, de l'obéissance de la foi, et de la charité, c'est une condition de repos et de délivrance intérieure.

Donc, chargeons-nous, du joug de Jésus. Suivons-le, le matin, dans la solitude de la prière, le jour dans le travail de la charité, dans l'accomplissement du devoir quotidien. C'est tout ce qu'il faut, et alors le soulagement viendra

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Nous ne voulons pas, en effet, vous laisser ignorer, frères, au sujet de la tribulation qui nous est survenue en Asie, que nous avons été excessivement accablés, au delà de nos forces, de telle sorte que nous désespérions même de conserver la vie. Et nous regardions comme certain notre arrêt de mort afin de ne pas placer notre confiance en nous-mêmes, mais en Dieu qui ressuscite les morts. C'est lui qui nous a délivrés et nous délivrera d'une telle mort....

2 Cor. I, 8-11.

Saint-Louis (Sénégal), 19 décembre 1890.

Un de mes passages préférés. Cette sentence de mort, je ne l'ai pas entendue au point de vue d'une mort matérielle, mais que de fois j'ai senti qu'il fallait passer par une espèce de mort morale pour « arriver à ne plus avoir confiance en soi-même, mais en Dieu qui a ressuscité les morts. »

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Saint-Louis (Sénégal), 27 décembre 1890.

Il y a des âmes que l'on voudrait passionnément voir se convertir et qui n'arrivent pas. Pour les amener, comment faire? J'ai longtemps pensé que le remède était dans une doctrine plus forte, un enseignement sur la condamnation. C'est vrai, peut-être. Mais le passage que j'ai sous les yeux m'apprend autre chose. C'est que la conviction du péché vient de l'intuition du Dieu saint. J'éprouve le sentiment d'une découverte devant cette pensée; puissé-je ne pas l'oublier ! L'intuition du Dieu saint : voilà ce qu'il faut aux âmes; ni plus ni moins.

Comment la leur donner?

C'est plus difficile que de professer des doctrines sévères sur la condamnation (bien que je garde l'idée que la doctrine est importante). C'est plus difficile, tellement qu'en un sens, c'est impossible; et que Dieu seul, en se montrant aux âmes, peut leur donner la secousse que produit l'impression directe de sa sainteté. Oh! montre-toi aux âmes, montre-toi à ceux pour lesquels je te prie ! - C'est plus difficile, mais en même temps, c'est plus facile, car il nous appartient de montrer en nous-mêmes, en notre personne et en notre vie, un reflet de la sainteté de Dieu. Une vie sainte fait voir Dieu, et produit à sa manière cette impression de respect et de salutaire tremblement que donne le contact avec Dieu. Donc, pour que les âmes arrivent à cette conviction intérieure de péché sans laquelle il n'y a pas de conversion possible et vraie, nous avons deux choses à faire. D'une part, prier Dieu sans cesse qu'il se montre à elles; d'autre part, le leur montrer nous-mêmes dans notre vie sanctifiée.

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Saint-Louis (Sénégal), 1891.

Il y a des malades que Jésus guéri, d'un seul coup; il y en a d'autres, comme cet aveugle qu'il guérit en s'y reprenant à deux fois. De même pour les âmes. Il y en a dont la conversion est complète du premier coup; dont la guérison est radicale. Elles sont d'un coup, jetées dans une voie et une vie nouvelles! Il y en a d'autres qui ont besoin de plusieurs applications du remède. Consolante pensée : encouragement qui résulte de cette histoire. Les conversions, les guérisons espacées sur un certain intervalle de temps. Cet intervalle peut être plus ou moins long : mais tant que Jésus est là et qu'on se tient à lui, il y a de l'espoir; que dis-je, il y a la certitude de la guérison.


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