Il est écrit:
TA PAROLE EST LA VERITE  (Jean 17.17)
Cela me suffit...
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(Notre confession de foi: ici)
Il est écrit:
TA PAROLE EST LA VERITE
(Jean 17.17)
Cela me suffit...



PENSÉES DU MATIN 


4 août 1878.

Quand je regarde à moi-même, soit pour m'excuser, soit pour m'accuser, je ne trouve en moi que trouble et désespoir. Que j'atténue mon péché, si peu que ce soit, me voilà sans repos.

Mon seul asile, mon seul refuge, c'est la croix, c'est la grâce de mon Sauveur. Un regard sur la croix me rend la paix. Rien ne me calme et rien ne me rassure que de croire simplement, comme un enfant, parce que Dieu l'a dit, que Jésus-Christ est mort pour moi et que je suis justifié gratuitement par sa grâce, par la Rédemption qui est en Jésus-Christ.

Et pour l'avenir, comme pour le passé et le présent, cette grâce suffit; mon seul effort doit donc être d'y demeurer ferme.

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 10 août 1878.

Chose étonnante et qui déconcerte au premier abord. Ce qui est demandé en premier lieu, toujours, partout, c'est la confiance. Le coeur est troublé, la conscience aussi, et fait des reproches; ne serait-il pas plus convenable, plus respectueux, plus digne d'un pécheur de douter du salut? Eh bien, non ! avant tout, malgré tout, malgré l'évidence, malgré le trouble du coeur, malgré les reproches de la conscience, il faut garder la confiance, l'assurance du pardon; il faut de plus retenir la profession de cette assurance, sans varier.

Est-ce possible? oui. Car nous ne regardons point à nous-mêmes, mais à celui qui a fait la promesse. Or celui qui a fait la promesse est fidèle, il la tiendra. Sitôt que je regarde à mes péchés pour les analyser, mesurer ma culpabilité, mon coeur se trouble. Et ce qui achève de me désespérer, c'est de chercher des excuses. Mais sitôt que j'accepte la sentence, que je courbe la tête, et qu'ensuite je regarde à la croix, je retrouve la paix. Je déclare qu'en dehors du pardon et de la grâce gratuite de mon Dieu, en dehors du sacrifice de Jésus-Christ, je n'ai pas une minute de paix véritable. Je n'ai de paix, de joie, de calme et profonde confiance que quand je me redis à moi-même ces paroles de l'épître aux Ephésiens : « Cela ne vient point de vous, ce n'est pas par les oeuvres, c'est un don de Dieu. »

La croix est le point de départ, et non le point d'arrivée. Rien de bon en dehors d'elle. Partir d'elle pour marcher, partir d'elle pour lutter. La force, la victoire n'est que là. C'est pourquoi retenons constamment la profession de notre espérance, sans varier.

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La joie de l'Eternel est notre force.

Néhémie, VIII, 10.

26 août 1878.

Cette joie, dans notre texte, s'oppose

1° Au découragement;

2° Aux regrets;

3° A la repentance (mal entendue).

En présence de la grâce, une seule attitude convient, c'est la joie. Continuer de pleurer en présence du pardon, de l'amour du Père, c'est manquer de foi et d'amour. L'enfant prodigue pardonné ne gémit plus, mais s'associe à la fête et à la joie de son père.

Il y a une espèce de repentance gémissante qui est une insulte à Dieu, un acte de mépris pour sa grâce; elle prouve de l'incrédulité.

Mettre notre péché entre nous et Dieu, ce n'est pas ce que Dieu demande. « La vraie pénitence vient de l'amour de Dieu, non de l'horreur du péché » (Staupitz).

Cette joie est une force. Toute joie est une force. Un homme joyeux agit mieux, plus vite, plus facilement. Il en est de même des choses de Dieu. La piété triste est impuissante, ou tout au moins faible. Une saine piété est joyeuse; elle inspire confiance.

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31 décembre 1878.

Je viens de sortir, il fait un temps radieux; hier c'était l'hiver, demain ce sera l'hiver, aujourd'hui on dirait le printemps. Quel bien le ciel bleu, le soleil brillant font aux yeux, au coeur, à l'être tout entier! La vie en est changée; involontairement la pensée se reporte aux tristesses, aux préoccupations, aux labeurs de l'existence; puis on se dit : mais, qu'importe ! Par-dessus tout cela, il y a de la joie, du soleil, des fleurs; la vie est belle, elle est douce; à tout hiver succède un printemps, à toute journée sombre une journée radieuse.

Dans le monde des âmes, il en est de même. Le péché a mis sur tout un voile de tristesse et de ténèbres; et de cette nuit profonde s'élèvent de tous côtés des cris et des pleurs. L'humanité souffre, pèche, désespère, et le ciel est caché aux regards par d'épais nuages.

Mais il ne fera pas toujours sombre, là où maintenant règnent les ténèbres. Sur ce monde déchu l'aurore s'est levée, il y a dix-huit siècles, quand Jésus est né et quand il est ressuscité des morts. Depuis ce temps, il souffle sur la création perdue un vent de résurrection, et pour ceux qui croient, la clarté du printemps a succédé aux froides brumes de l'hiver; à travers les nuages, ils entrevoient un coin du ciel brillant; par-dessus les tristesses de la vie présente ils sentent et voient rayonner les splendeurs de la vie éternelle.

Nous savons ces choses, mais que d'âmes qui les ignorent ! que d'âmes qui ne savent pas qu'il y a un printemps après l'hiver de la vie, qu'il y a une vie éternelle !

Allons à eux et disons-le-leur!

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Avril 1879.

Ce qui constitue la conviction, ce n'est pas la somme des lumières reçues, c'est l'accord de la vie avec la vérité reconnue.

Ce qui constitue le scepticisme, ce n'est pas l'absence de lumières, c'est le désaccord conscient de la vie et de la vérité reconnue.

J'en reviens toujours là, il faut agir, il faut obéir. « Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique. »

Que Dieu nous pardonne toutes nos lâchetés, notre faiblesse de foi, de conviction, et qu'il nous donne d'être des hommes convaincus !

Prenez deux hommes à un degré égal de lumière, ils peuvent être à mille lieues pour les convictions. Il faut toujours regarder à l'action, à la vie. Orthodoxie et conviction : deux choses bien différentes.

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Je te louerai parmi les peuples, Seigneur ! Je te chanterai parmi les nations.

Ps. 57, vers. 10.

Juillet 1879.

La mission n'est autre chose que l'accomplissement de ce voeu. La foi, de sa nature, est expansive; l'amour et la reconnaissance aussi. Un coeur brûlant d'amour et de foi pour Dieu, souffre à la pensée que son nom est méconnu de ceux qui ont entendu parler de lui, et inconnu des autres. Il aspire à faire cesser cet état de choses, il éprouve le besoin de faire profession publique de son amour pour son Dieu partout où il le peut. Quant aux lointains pays, s'il ne peut y aller lui-même, il y enverra des messagers, des apôtres, il soutiendra les missionnaires de ses dons et de ses prières. Voilà le fondement ou plutôt l'un des fondements de l'oeuvre missionnaire.

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31 octobre 1879.

Jésus avait le courage de faire de la peine. C'est le courage de la charité; avoir ce courage.

Courage de dire la vérité à ceux qu'on aime. Non pas dire des vérités, mais la vérité : « Il ne t'est pas permis de faire cela.... » Plus la relation est intime, plus la vérité est difficile à dire. Et cependant il le faut. Pour cela se sanctifier, vivre près de Dieu, près de Christ; s'inspirer de son amour et de ses sentiments, cela donne le courage de faire comme lui. Qui aime comme lui sait dire la vérité, faire de la peine, blesser comme lui, quand il le faut.

La charité fade, banale, insipide, sans action, n'est pas la charité. On s'en dédommage par la médisance, par l'aigreur secrète.

Le seul moyen d'acquérir la vraie charité, c'est de vivre dans la société de Jésus-Christ et de pratiquer tout de suite ses enseignements dans la mesure de nos forces.

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10 novembre 1879.

Au début de la vie chrétienne, que de rechutes et de retards s'expliquent par ce simple fait, que le vivre est en retard sur le savoir, et qu'on prend ce dernier pour la chose essentielle.

Plus tard on comprend son erreur, et l'on découvre que l'essentiel est de vivre. Mais alors encore que de retours à l'ancienne manière de voir et que de progrès empêchés, que de semences de vie perdues, que de forces étouffées, parce que, pendant des périodes plus ou moins longues, semaines, mois, années, on se contente de savoir et on oublie de vivre.

Dans noire appréciation de la piété des autres, dans nos jugements sur eux, comme nous sommes loin de la pensée de Jésus ! Nous les jugeons sur leur point de vue, sur leur credo ecclésiastique ou, dogmatique, sur leur degré de connaissance, sur leur langage. - « C'est un libéral... il ne sait pas ! » Oui, il ignore beaucoup de choses, mais le peu qu'il sait, il le vit, et il te dépassera peut-être dans le royaume des cieux, Pharisien hypocrite qui sais beaucoup, mais qui vis peu et mal.

Au dernier jour nos yeux seront ouverts. Alors nous verrons quel temps et quelles forces nous avons perdues; pourquoi? Pour nous être arrêtés à la connaissance au lieu d'avoir poussé droit jusqu'à la vie.

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13 novembre 1879.

N'ayons pas peur de nous spécialiser, soit dans l'étude, soit dans le travail.

Dans l'étude. La vérité est un soleil dont chaque science est un rayon. Quel est le plus sûr moyen de la posséder, de s'en rapprocher au moins le plus possible? Les uns se contentent d'une culture générale et superficielle, craignant, en se spécialisant, de devenir moins larges, moins humains. Qu'en résulte-t-il ? C'est qu'ils ne reçoivent que de pâles et lointains reflets de la vérité; ils s'en tiennent toujours à distance, ils les contemplent à travers des verres plus ou moins opaques; ils n'en ont qu'une perception vague et sans force, affaiblie comme elle l'est après toutes les interprétations, tous les manuels, toutes les compositions des hommes, qu'elle a traversés avant de venir jusqu'à eux.

Il y a une voie plus sûre, celle de la spécialisation. En choisissant un objet de connaissance déterminé, en étudiant sous toutes ses faces, en le creusant et en le fouillant, en remontant de ses apparitions successives et de ses formes variées à ses origines, à son principe, à son essence, on arrive, sans s'en douter, d'abord à la racine par où cette science spéciale sort de la vérité générale, et on contemple, sous un de ses aspects, c'est vrai, mais de près, mais de ses propres yeux, la vérité elle-même. Or la vérité est une. Pour arriver à la saisir, il faut s'engager dans la voie étroite d'une spécialité; mais quand ce défilé étroit est franchi, on est récompensé des efforts et des fatigues qu'a coûtés le voyage, par la possession immédiate du principe même. de toute vérité et, par le fait même de cette possession, par une compréhension plus grande des autres vérités et des autres sciences.

Ainsi le voyageur qui fait l'ascension d'une montagne ne craint pas de s'engager d'abord dans des gorges étroites et dans des forêts sombres; aussi longtemps qu'il s'y trouve, la configuration du sol, les détours du chemin, les replis du terrain, la direction des pentes demeurent autant d'énigmes pour lui; mais quand enfin il arrive à l'endroit où la végétation s'arrête, où les crêtes et les vallées aboutissent pour former un sommet unique, tous les mystères de la route s'éclaircissent, et la configuration de la montagne tout entière apparaît dans l'unité grandiose et simple de ses détails à sa vue satisfaite. De même l'étude spéciale d'une branche des connaissances humaines semble d'abord, à celui qui s'y engage, un amoindrissement de son horizon, un rétrécissement de ses pensées, une mutilation de ses facultés; mais quand le terme est atteint, quand la clef de la science particulière est découverte, il se trouve que cette clef ouvre aussi d'autres sciences, et que, loin de se diminuer, l'esprit s'est agrandi; loin de se rétrécir, l'horizon s'est étendu jusqu'à l'extrême infini; loin de se fermer aux autres domaines de la connaissance humaine, l'intelligence est arrivée à un sommet d'où elle peut jeter un regard sur chacune d'elles.

Il en est de même dans l'oeuvre à faire. Travailler à tout, c'est ne travailler à rien; donner tour à tour ses forces à toutes les oeuvres, c'est n'en faire aucune avec vigueur, c'est rester, à l'égard de la perfection, à la même distance où une culture superficielle et générale laisse de la vérité. La perfection ne s'atteint que par la consécration de toutes les forces de la volonté à une oeuvre déterminée, à un champ de travail spécial. Sans doute cette délimitation rigoureuse de l'activité ne va pas sans des renoncements douloureux : il est des goûts qu'il faut sacrifier, des lectures, des travaux qu'il faut ajourner à bien longtemps. Mais ici encore, la récompense ne tarde pas à couronner un travail opiniâtre et bien déterminé dans son but et dans ses moyens d'action : elle vient sous la forme d'une aptitude agrandie pour toute espèce d'oeuvres, d'une compétence plus étendue dans un plus grand nombre de domaines, d'un accroissement général des forces et des capacités.

L'essentiel, dans l'étude comme dans le travail, c'est de ne se contenter que de l'absolu, de l'idéal; ou tout au moins de n'avoir pas moins que cela en vue, de ne tendre à rien moins que cela comme but. Dans l'étude, chercher la vérité; dans le travail, aspirer à la perfection. En dehors de ces deux buts qui n'en font qu'un, l'étude et le travail ne font que des spécialistes, non des hommes connaissant la vérité, et parfaitement propres à toute bonne oeuvre. Car la vérité est le lien qui unit entre elles toutes les sciences, le centre lumineux de toutes les connaissances, et la perfection est le lien qui unit entre elles toutes les bonnes oeuvres, le foyer de toutes les énergies et de toutes les aptitudes.

J'applique ceci à l'objet spécial de travail et d'études qui nous est assigné : la Mission. Nulle branche d'études et de travail n'est mieux déterminée, et nulle ne se rattache si directement à la souche de la vérité et de l'oeuvre par excellence, l'imitation de Jésus-Christ.

Envisagée comme science, la mission étudiée en elle-même plonge par toutes ses racines dans le sol de la vérité; elle conduit à toutes les questions et à tous les domaines. Comme fait contemporain, la mission touche aux plus intéressants problèmes du temps actuel: civilisation, questions de races, de colonisation, de politique même. Etudiée dans son développement, la mission nous transporte en plein domaine de l'histoire de l'Eglise et du monde. Recherchée dans son principe, elle nous met en face de la Bible, et non seulement de quelques paroles détachées du Christ, mais de la pensée centrale de la révélation : le salut apporté à toutes les nations. Nous voici en pleine dogmatique, en pleine exégèse, en pleine histoire et philosophie des religions.

Envisagée comme oeuvre, notre position comporte bien des retranchements, des renoncements, des sacrifices déjà faits ou encore à faire. Mais qui peut dire quelle vie agrandie, enrichie, quelles forces multipliées, quelles aptitudes décuplées, nous retrouverons en nous résignant d'abord à perdre, à nous laisser dépouiller, à nous laisser enfermer.

Un seul exemple. La prédication....

Qui sait si le silence actuel ne prépare pas un redoublement de puissance pour plus tard?

Les faits sont là, d'ailleurs. Des hommes comme Blumhardt, Fabri et autres, ont été ou sont avant tout des directeurs d'instituts missionnaires. Mais qui peut nier qu'en devenant parfaitement maîtres de leur domaine spécial, ils ne se soient en même temps élevés à une compétence supérieure dans l'ensemble des choses du règne de Dieu. Qui peut nier que leur parole n'ait eu, même dans le domaine de la simple édification, de la prédication proprement dite, une action et une puissance multipliées par tout ce dont l'homme s'était enrichi lui-même. Puissance d'une parole derrière laquelle on sent un homme qui a pensé et qui a travaillé et lutté.

A l'oeuvre donc, et puisque nous sommes au service de la mission, étudions-la, avec l'amour ardent de la vérité, travaillons à son service en poursuivant, dans chaque détail de cette oeuvre, ni plus ni moins que la perfection !

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21 décembre 1879.

Jésus pour la fin de l'année 1879. Jésus pour résumer toutes les grâces. Jésus pour effacer tous les péchés. Jésus comme preuve et comme manifestation de cet amour qui emporte tout péché, toute faute, tout mauvais souvenir dans l'abîme, qui permet d'oublier, de se reposer, plein de confiance, entre les bras du Père.

Et Jésus, comme mot d'ordre de cette année nouvelle.

Jésus, dans la grâce duquel il faut demeurer. C'est le premier devoir, l'essentiel. Etre assis à ses pieds, chaque matin recevoir sa grâce.

Jésus, qu'il faut apprendre à connaître, car en lui, nous avons vu Dieu. Le connaître, connaître Dieu, c'est lire dans son coeur. C'est connaître aussi les hommes et l'amour que Dieu a eu pour eux.

Jésus qu'il faut suivre jour après jour, toujours de plus près, comme un vrai disciple.

Jésus qu'il faut. apporter aux autres, tout entier, vivant. Non des livres, non des traités, non une doctrine, mais une personne vivante, Jésus.

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26 avril 1880.

La lecture de la Bible doit être avant tout morale. Le but de ce livre, l'objet pour lequel il a été écrit et pour lequel il faut le lire, ce n'est pas tant de nous révéler les mystères de la création ou de l'avenir, ou de l'essence de Dieu ; ce n'est pas non plus de nous faire connaître l'homme, c'est de nous apprendre à aimer.


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