Il est écrit:
TA PAROLE EST LA VERITE  (Jean 17.17)
Cela me suffit...
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Il est écrit:
TA PAROLE EST LA VERITE
(Jean 17.17)
Cela me suffit...



PENSÉES DU MATIN 


Priez pour moi afin qu'il me soit donné de parler ouvertement pour faire connaître avec hardiesse le mystère de l'Evangile, dont j'accomplis le message dans les chaînes, et Pour l'annoncer hardiment comme je le dois.

Eph., VI, 19-20.

Je ne cesse de faire mention de toi dans mes prières, nuit et jour « me souvenant de tes larmes, et désirant fort de te voir, afin d'être rempli de Joie. »

2, Tim., I, 3, 4.

 

20 mars 1875.

Paul éprouvait donc aussi cette crainte de parler, cette hésitation à faire connaître avec hardiesse et ouvertement le mystère de l'Evangile. Je la connais cette crainte. Je sais ce qu'il en coûte d'appeler les choses par leur nom, sans ménager les personnes, les préjugés, les liens d'amitié, les habitudes. Devant toutes ces barrières, j'hésite, j'ai peur. Quelquefois je me tais, d'autres fois je parle, mais en voilant si bien ma pensée, en ménageant si bien les expressions que, dans l'intérêt même du message que j'apporte, il vaudrait mieux me taire. Je m'afflige quelquefois de cette timidité. Mais que fais-je? Involontairement, je l'accepte, je me plie, comme si elle était fatale et définitive. Je dis : c'est affaire de caractère. Moi, je suis doux, j'arrondis les angles; tel autre est raide, cassant; à lui de parler avec hardiesse, d'ébranler les consciences, de faire trembler les coeurs. Paul juge autrement. Il ne se résigne pas à sa timidité comme à une fatalité qui le lierait; il prie Dieu de l'en affranchir, il demande à ses amis de prier Dieu pour lui à ce sujet. Voilà ce qui s'appelle croire. Et le résultat? La prédication de Paul est une démonstration d'esprit et de puissance. Elle est une odeur de vie et de mort. Elle met en demeure de se prononcer. Elle amène toute pensée captive aux pieds de Jésus-Christ. Elle renverse toute hauteur qui s'élève contre Dieu. Les épîtres ne sont que la projection, la fixation par écrit de cette éloquence brûlante, passionnée, victorieuse, toute-puissante.

Tout s'obtient par la foi : tout s'obtient par la prière. Autre exemple : 2 Timothée I, 3, 4. Quoi de plus fréquent que l'infidélité dans l'amitié, dans la prière pour les amis, pour ceux qu'on veut soutenir, pour tous ceux que Dieu place sur notre chemin. Cette infidélité, on s'y résigne comme à une fatalité inévitable. Paul rend grâces de ce qu'il est fidèle dans ses prières pour Timothée. Cette fidélité est donc un don gratuit, elle a donc été obtenue et demandée tout d'abord.

Voilà donc deux points où la foi de Paul condamne notre scepticisme : pour lui, le courage de la parole, la fidélité dans la prière sont des grâces que Dieu donne à qui les lui demande.

Tout s'obtient par la prière de la foi. Sachons donc tout demander et nous recevrons tout.

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7 Juin 1875

Il y a des fautes irréparables, des péchés irréparables. Je puis, par légèreté, ou par entraînement, faire à ceux qui m'entourent, à ceux même que j'aime, un tort que ni le temps, ni l'absence, ni mes efforts ne pourront jamais atténuer. Je puis jeter dans une vie un trouble que rien ne viendra dissiper.

En présence de l'irréparable, je ne sais pas de remède humain. Si Dieu me laissait seul en présence de mes fautes et de mes péchés irréparables, il ne me resterait absolument qu'à désespérer. Je ne dis pas à mourir, car mourir ce n'est pas oublier; c'est au contraire entrer dans la sphère d'existence où tous les voiles tombent, où toute chose apparaît comme elle l'est en effet : le péché comme irréparable, l'offense comme éternelle.

L'offense, voilà ce qui donne à certaines fautes le caractère dont je parle. Elles sont irréparables, parce qu'elles sont une offense à un autre qu'à moi-même.

J'y regarde de plus près, et voici, je m'aperçois que toute faute est une offense parce que tous péché est une atteinte à une personne, à celle qui nous est plus proche que ne l'est aucun de nos amis, à Dieu.

Tout péché est donc irréparable.

Il faut des années pour comprendre cela. Qui ne s'en rend pas compte, qui n'a pas dans sa vie une de ces fautes aux conséquences funestes, dans son passé une de ces chutes dont les suites enchaînent son présent et son avenir; celui-là ne sait pas ce que c'est que le péché, celui-là n'a pas savouré l'avant-goût du jugement, celui-là ne sait pas ce que c'est que le désespoir.

Heureux, si en faisant l'expérience que je décris, si en comprenant qu'il y a des fautes irréparables sur la terre, on sait aussi qu'il y a un Sauveur qui veut faire tout le mal bien, et qui peut encore tout réparer. Heureux qui sait cela, et qui le sachant et désespérant de lui-même, peut s'abandonner avec confiance à la miséricorde de Dieu.

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1er août 1875

Il est difficile d'être chrétien.

Etre chrétien sans cesser d'être homme;

Etre pénétré de l'esprit sacerdotal, et cependant être laïque, parler le langage de tous, vivre au grand jour, rester dans l'atmosphère générale de son temps, de son pays;

Vivre dans la Bible, et vivre dans l'humanité;

Etre homme de famille et pourtant tout entier à Jésus-Christ;

Etre patriote, tout en aimant l'Eglise;

Voilà bien des difficultés.

Une connaissance superficielle de Christ crée partout des antithèses.

Une connaissance approfondie du Christ peut seule les résoudre.

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Math., VI.

4 août 1875.

Tel, dont les défauts, ou les préjugés, ou l'étroitesse repoussent ceux qui l'approchent, n'a pas honte d'attribuer cet éloignement à l'Evangile, dont il se dit le porteur.

Si nous savions être conséquents, et vivre seulement la dixième partie de ce que nous prêchons!

Nous sommes des hypocrites. Nous posons.

Heureusement, il y a des exceptions. Je sais des chrétiens qui vivent plus qu'ils ne parlent.

Savoir se taire.

Croire qu'on est plus puissant par l'exemple, par la vie, que par la parole.

Une seule faute détruit l'effet de plusieurs sermons.

Une bonne action, bien authentique et qui n'est pas faite « pour être vue des hommes » est une prédication plus efficace que l'autre.

Quand elle est authentique, car il y a de bonnes actions qui ne le sont pas. Que de fois quand je m'agenouille, un de mes Moi regarde, admire et félicite l'autre. Où sont les renoncements dont je n'ai parlé à personne? Quels sont les sacrifices que j'ai accomplis simplement, sans les crier sur les toits? sans faire sonner la trompette devant moi? ou, ce qui revient au même sans en faire l'aveu, ne fût-ce qu'à un seul confident?

Il faudrait pouvoir s'oublier. Mais le moyen de se séparer ainsi de ce qui tient à moi, à moi-même?

Christ l'a bien su, lui. Seigneur, achève ton oeuvre en nous, et crée en nous un coeur qui sache, comme le tien, s'oublier, se donner.

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Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données Par-dessus.

Matth., VI, 33.

12 août 1875.

Caractère odieux de certaines prédications : sois sauvé, sois heureux, et ne t'inquiète pas du reste. Est-ce là l'idéal chrétien? Il ressemblerait, à s'y méprendre, à celui de l'égoïsme, à celui de l'intérêt. Quelques-uns cependant le comprennent ainsi et le décrivent ainsi; est-il étonnant que de nobles âmes se détournent, froissées?

Ah! que la pensée et le coeur de Jésus sont plus larges que ceux de quelques-uns de ses disciples ! Quel but propose-t-il à nos recherches, à nos efforts? Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et tout le reste vous sera donné par-dessus.

Le royaume de Dieu ! Qu'entend Jésus par ce mot? Le salut individuel? La communion de ma seule âme avec Dieu ? Non. Le royaume de Dieu, c'est l'ensemble de toute l'humanité, c'est une multitude venue de toute nation, tribu, pays, langue, et que nul ne peut compter; assistant jour et nuit devant le trône de Dieu et de l'Agneau; puisant leur félicité dans la présence du Sauveur, mais aussi dans la communion avec l'humanité rachetée.

Disons-le hardiment : le salut individuel n'est. pas la fin des voies de Dieu; il n'est pas le principal objet de son conseil éternel.

Honte à nous, qui prétendons rétrécir le coeur de Dieu, lier les bras qu'il tend à l'enfant prodigue couper les ailes de la charité.

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10 septembre 1875.

Il n'y a qu'une classe de défauts et de vices dont on ne puisse pas se corriger : ce sont ceux dont on n'a pas conscience.

Tous ceux qu'on sent, qu'on aperçoit seulement, on peut en triompher : Péché reconnu est à moitié vaincu. Heureux donc ceux dont la conscience est délicate, qui voient le côté obscur et honteux de toutes leurs actions, qui gémissent de voir en eux et autour d'eux si peu de vraie lumière et de vraie perfection.

Et les fautes cachées? Faut-il désespérer de s'en laver jamais? Oui, si nous étions réduits à nos propres forces et à nos seules lumières. Mais nous avons, pour nous éclairer sur nous-mêmes, un guide assuré, la Parole de Dieu, dans la Bible et en nous, dans la conscience qui répond à la Bible. Prière du Psalmiste : « Nettoie-moi des fautes cachées. »

Courage donc, et en avant vers le royaume de Dieu et sa justice.

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18 septembre 1875.

Dieu en nous. Dieu dans sa parole.

Peut-on avoir Dieu dans son coeur, sans le trouver dans sa Parole? Oui. J'en sais des preuves. Je sais un homme qui a trouvé son Dieu, et qui est resté cinq ans devant sa Bible, la lisant mais ne la comprenant pas, l'aimant, s'en édifiant, mais n'y pénétrant pas, n'en vivant pas; impuissant à la saisir, n'y voyant qu'un livre d'édification. mais n'y découvrant pas la source de la vie.

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Comme il avait aimé les siens qui étaient dans Le monde, il les aima jusqu'à la fin.

Jean Xlll, 1.

20 février 1876.

Il les aima jusqu'à la fin. Pourquoi l'apôtre dit-il cela? Parce qu'il est difficile d'aimer jusqu'à la fin. Tout semble possible et facile au zèle d'un premier amour. Plus tard, quand la réalité apparaît avec ses laideurs et ses obscurités, l'amour devient difficile. L'imagination doit céder la place à la volonté et à la foi.

Jésus nous a aimés jusqu'à la fin. Il nous a aimés dans la personne de ses disciples, qui représentent bien nos défaillances, notre ignorance, notre stupidité.

Oh ! combien l'âme de Jésus dut souffrir en ces instants qui précédèrent sa mort. Sachant qu'il allait mourir pour les siens, n'ayant plus à passer avec eux qu'une heure rapide, il se voyait peu ou pas compris.

Et pourtant il aima jusqu'à la fin. Nous aussi nous devons aimer jusqu'à la fin, et aimer comme Jésus, sans demander rien en retour; sans exiger qu'on nous comprenne, ni qu'on nous admire surtout.

J'ai été l'objet, je suis encore l'objet d'un amour fait de pardon, de support, d'indulgence. Et moi, dans mon amour, je serais exigeant et impérieux; je demanderais à être immédiatement compris et apprécié; je ne me livrerais que contre paiement!

Ton amour doit reproduire celui de Jésus.

L'amour de Jésus! quel abîme! Quelques traits pris au hasard. Jésus aime sans rien reprocher. - Jésus ne parle jamais de ses souffrances. Jésus ne se fait jamais un titre de son amour. Jésus pardonne toujours et immédiatement.

Le récit explique la nature de l'amour de Jésus. Aimer c'est servir. C'est accomplir le ministère humble et obscur d'un esclave qui prend de son maître un soin empressé. Ce n'est pas dominer, ce n'est pas instruire, ce n'est pas catéchiser, ce n'est pas édifier. C'est aimer, c'est servir.

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Mars 16.

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Nous savons tous par expérience ce que c'est que le culte rendu à Dieu selon notre caprice.

Il faut surveiller sa manière de lire la Bible, de prier, de croire. On peut perdre du temps à genoux (Seigneur! Seigneur!); on peut abuser étrangement de la Bible, y chercher des excuses à toutes les sottises, des encouragements à la paresse et même à l'égoïsme. Que j'aime Jacques avec sa « religion pure et sans tache, » voilà le correctif à toutes les (1) du monde. Ne pas prier au delà d'un certain temps (à moins que la masse des sujets n'y oblige), réfléchir avant de prier, prier avec ordre, parler à Dieu comme à un homme que l'on respecte, et qu'on craindrait d'offenser en faisant des phrases et des périphrases, encadrer souvent sa prière dans le Notre Père, c'est là aussi un correctif.

Mêmes règles pour la lecture de la Bible. Ne pas revenir toujours aux mêmes livres. Laisser toujours à Jésus-Christ et à l'Evangile la première place. Jean et Paul pris isolément et substitués à l'Evangile ne sont plus tout l'Evangile.

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17 avril 1876.

Ce mot (2) caractérise l'activité de Jésus dans ses décisions, dans ses progrès, dans ses résultats. Et lé secret de cette promptitude et de cet enchaînement merveilleux d'oeuvres de toute nature le voici :

MARC 1, 35. - « S'étant levé de bon matin, comme il faisait encore nuit, il alla dans un lieu désert et pria. »

La prière doit être matinale (c'est-à-dire précéder le travail, les soucis, les angoisses et les luttes de la journée). Elle doit être faite dans un lieu désert; dans la solitude, solitude matérielle et solitude morale. Il faut savoir faire le vide autour de soi.

Cette prière-là, c'est le secret de toutes les victoires et de toutes les activités. Les oeuvres les plus grandes ont été faites de cette manière-là.


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1. Fantaisies ou conventions.
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2. Aussitôt.

 

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