Aider les ados Nous avons un garçon de 16 ans et une fille de 14 ans qui nous accompagnent au culte le dimanche. Mais nous sentons qu'ils sont soumis aux pressions extérieures: sorties en bande, désir de liberté, flirts, etc. Comment conserver une attitude équilibrée pour ne pas les enfermer dans un cocon tout en les protégeant des tentations dangereuses?
Il est bien difficile en effet pour des parents soucieux de conduire leurs enfants, et particulièrement les adolescents, dans la voie droite bornée par les principes divins, de trouver une attitude équilibrée qui oriente les jeunes vers l'autonomie et la liberté responsable, tout en posant les limites et les exigences. L'adolescence est l'âge ingrat et inconfortable où les jeunes sont sans cesse tiraillés entre le désir de devenir adultes et celui de rester enfants, à l'abri de tout souci matériel, enveloppé et protégé par la sollicitude et l'amour de leurs parents. Même s'il est adulte physiquement, l'adolescent n'a pas encore la maturité psychologique qui lui permet d'affronter les tentations, de discerner ce qui est mauvais pour lui et pour les autres et de faire les choix judicieux.
Instaurer un dialogue est nécessaire: il peut commencer très tôt, à la naissance, sinon dès la plus tendre enfance. L'expérience véritable de la liberté est là, dans la possibilité, pour tout être humain, d'être considéré comme tel, c'est-à-dire comme un être doué de parole qui a besoin d'être écouté lorsqu'il exprime non seulement ses opinions, mais surtout ses expériences, ses doutes, ses découragements, ses émotions. Se savoir écouté, c'est se sentir aimé. Dans ce dialogue authentique fait de confiance et de respect peut s'épanouir une connaissance mutuelle, bénéfique pour tous.
Si nous prenons le temps d'écouter nos enfants, ils seront disposés à nous écouter aussi; il sera alors possible de leur donner notre point de vue de parents, en partageant avec eux nos craintes par rapport aux influences malsaines en leur exposant ce qui, pour nous, à la lumière de la Parole de Dieu, est bien ou mal. Des limites seront proposées à leurs sorties: oui, mais en rentrant à telle heure, en sachant où ils sont, avec qui, chez qui et pour quoi faire. Ces permissions ne doivent jamais être systématiques ou acquises, elles doivent correspondre à une récompense et non à un dû. Il ne faut pas interdire pour interdire et voir le mal partout, mais laisser les enfants prendre des initiatives, faire des choix, oser demander quelque chose dont ils ont envie et faire l'effort nécessaire pour l'obtenir; d'une part ils ne demanderont jamais s'ils ont mauvaise conscience et d'autre part s'ils demandent, c'est qu'ils savent que leurs parents peuvent le leur accorder et le feront avec plaisir. Le rôle des parents est de veiller sur les enfants et de mettre des «garde-fous» la Parole de Dieu est claire à ce sujet. Il serait bien de lire en famille le Livre des Proverbes avec ses 3 1 chapitres, un par jour du mois: c'est le support idéal pour transmettre aux enfants des conseils de sagesse dont ils se souviendront dans les moments difficiles.
Que la famille reste pour l'enfant un lieu de référence, de repli, de ressourcement. Nous devons leur apprendre à distinguer leur droite de leur gauche (Jonas 4, 11), à choisir le bien contre le mal, à choisir la vie (Deut. 30, 15-16), à s'engager et à prendre des responsabilités. Cela ne peut se faire qu'en parlant avec eux, qu'en exposant les principes bibliques et en les méditant pour les adapter à la vie quotidienne, ceci de façon simple, claire, sans menaces ni accusations, ni mauvais soupçons, ni jugement.
Ainsi armés, nos Jeunes pourront non seulement affronter le monde qu'ils ne peuvent éviter, mais encore être des témoins là où Dieu les enverra, avec l'assurance de la victoire: ,qui est celui qui triomphe du monde sinon celui qui croit que Jésus est Fils de Dieu?» (I Jean 5, 5).
Dominique Dirrenberger
AVENEMENT Juin 1993 No 60 / P 28