
Vue du ciel, notre planète doit sa teinte spécifique à l'eau, mais qu'en est-il de près? Les paroles d'Apocalypse 8, 11 sont-elles envoie de réalisation ? Verrons-nous bientôt le tiers des mers changé en sang, et le tiers des créatures marines périr? Verrons-nous bientôt le tiers des fleuves et des sources d'eaux changé en absinthe, et faire mourir ceux qui en boivent. Il y a peu, la catastrophe de Tchernobyl (absinthe en russe) avait pollué nombre de cours d'eau et de lacs européens, dont celui de Lugano, où la vente des poissons avait été interdite pendant quelques mois.
« Depuis le début de la civilisation, les hommes polluent leur eau. Comme nous sommes devenus aujourd'hui beaucoup plus nombreux à en utiliser la même quantité - et nos exigences ayant crû, les problèmes de manque et de contamination sont devenus sérieux», écrivait le directeur exécutif du Programme pour l'Environnement de l'ONU. Puis, citant l'eutrophisation des lacs, la contamination des eaux souterraines par les engrais, la pollution des cours d'eau par les métaux lourds, la salinisation et l'acidification des eaux de surface, il conclut: « Rendre plus de personnes conscientes de ce qui arrive à leur réserves d'eau est peut-être le moyen le plus efficace pour en ralentir la pollution.»
La seule espérance serait donc de ralentir la pollution des eaux. Ce problème semble sans issue à l'instar de nombreux autres: famine, surpeuplement, épuisement des ressources, conflits ethniques, etc. Devant l'immensité de la tâche et l'inertie de ceux qui tirent bénéfice de la situation, il y a de quoi se décourager. Nous pouvons être reconnaissants envers ceux qui font leur possible pour sauver des vies.
Mais ne trouve-t-on pas ici également le rejet de l'autorité divine. L'ONU a choisi les années quatre-vingt-dix comme «décennie internationale pour la réduction des désastres naturels». Voilà les dimensions de l'orgueil humaniste onusien. Orgueil qui croit que l'Homme, représenté par l'ONU, peut régler tous les problèmes de la planète. L'actualité nous démontre l'inanité de cette prétention.
Dans la situation apparemment désespérée de notre planète, nous pouvons discerner un signe de la grâce divine. Dieu laisse le monde aller au bout de ses illusions et de ses ressources, pour juger son orgueil, lui donner l'occasion de réfléchir sur sa conduite et de revenir à Lui, à l'image du fils prodigue.
Comme chrétiens, ne nous laissons pas entraîner dans la conception humaniste et malthusienne d'un monde que Dieu aurait créé incapable de subvenir aux besoins de ses milliards d'habitants. Certaines des plus grandes pollutions sont naturelles: le volcanisme émet des quantités de gaz et de poussières qui parfois diminuent pendant plusieurs mois l'ensoleillement et la température de la planète. La concentration en sels minéraux de certains lacs y rend toute vie impossible comme a la Mer Morte. Le Créateur a prévu des cycles de régénération pour toutes les pollutions naturelles et humaines, même s'ils peuvent être fort longs. et il laisse l'homme transformer sa création: I'exploitation à outrance des forêts de la Grèce antique a changé durablement la face du pays.
L'eau a une place très importante dans la Bible: le deuxième verset parle des eaux sur lesquelles planait l'Esprit de Dieu, et tout à la fin, l'eau de vie est offerte gratuitement à celui qui a soif. A plusieurs reprises, nous voyons Dieu purifier des eaux par ses serviteurs: Moïse purifie celles de Mara avec un bois désigné par l'Eternel, et Elisée celles de Jéricho avec du sel. Le rétablissement de toutes choses préfiguré par la prophétie d'Ezéchiel 47, qui voit l'eau s'écoulant du Temple régénérer la Mer Morte, est encore à venir. Mais Dieu est toujours prêt à donner une eau saine a Ses créatures, en réponse à la prière.
Les pollutions actuelles sont les prémices de celles, cataclysmiques, d'Apocalypse 8.
Désiré Rusovsky
AVENEMENT Novembre 1994 No 77 / P 16