
«Mon bien-aimé est semblable à la gazelle» (Cantique des Cantiques 2, 9).
«Je poussais des cris comme une hirondelle en voltigeant, je gémissais comme une colombe» (Esaïe 38,14).
«... ses rameaux étaient comme des cèdres de Dieu; elle étendait ses branches jusqu'à la mer et ses rejetons jusqu'au fleuve» (Ps. 80, 11-12).
La Bible contient beaucoup de passages semblables, animés d'une profonde connaissance du pays et de son - écologie. En gros, plus de 220 espèces de plantes et d'animaux y sont citées. Bien des exemples sont descriptifs et à prendre au mot. D'autres par contre sont symboliques, mais tous ont un lien précis avec le peuple, le pays et le Créateur de toute vie. De nombreuses caractéristiques de cette écologie biblique forment encore aujourd'hui une partie de ce pays, depuis la Galilée dans le nord jusqu'au Negev dans le sud. Le retour du peuple juif dans cette région a occasionné un sentiment d'inspiration biblique de relation avec le pays, et conduit à une étude approfondie de la flore et la faune si familières aux patriarches et aux prophètes. On trouve parmi les résultats de ces recherches deux plans de protection incomparables:Ne'ot Kedumim, «les jardins d'Israël»,et Chai-Bar, la réserve de la faune biblique.
La sauge, l'olivier et la rose du Saron
Ne'ot Kedumim, oeuvre du botaniste Noga Hare'uveni, s'étend sur plus de 200 hectares au travers d'un paysage montagneux, à mi-chemin entre Jérusalem et Tel Aviv. Quelques parcelles de cette superficie sont boisées et présentent pratiquement toutes les plantes, arbrisseaux et arbres. Il existe aussi des modèles spécifiques décrits par le prophète Esaïe et d'autres.
Au moyen de textes et de schémas le long des sentiers, ainsi que d'objets d'exposition au centre d'étude richement aménagé de Ne'ot Kedumim, on donne au visiteur une idée de ce qui a permis aux divers aspects de la flore de devenir partie intégrante de la culture et de l'expression juive. Le parallèle impressionnant entre la formation de la branche d'une certaine espèce de sauge - en hébreu «Moriah»
- et le chandelier à sept branches ou la Menorah, est un exemple remarquable. La Menorah avait d'abord sa place dans la tente d'assignation, plus tard dans le temple à Jérusalem. Aujourd'hui elle est l'emblème de l'Etat d'Israël. Le livre de l'Exode utilise généralement des expressions botaniques pour la description de la Menorah: «... sa tige, ses calices, ses pommes et ses fleurs ... » (Ex. 37,17).
La directrice de Ne'ot Kedumim, Helen Frenkley, démontre l'effet que le vent provoque dans les arbres d'une oliveraie. Comme l'envers des feuilles d'olivier est argenté, les arbres donnent l'impression d'être illuminés aussitôt que le vent retourne les feuilles. Elle remarque que «la colombe mentionnée dans le récit de l'arche de Noé avait porté une feuille d'olivier dans son bec». Mlle Frenkley fait observer que la Bible est pleine d'informations pratiques en ce qui concerne le pays.
Le livre d'Esaïe, par exemple, donne une description précise de tous les détails de la construction des terrasses, qui sont une condition pour l'aménagement d'un terrain montagneux. «Ici, nous cultivons un vignoble en suivant exactement la description du prophète Esaïe», raconte-t-elle. «Nous avons construit des terrasses, planté des sarments et entouré les terrasses de petits buissons piquants - haies d'Esaïe - pour empêcher les gazelles de pénétrer dans le vignoble et de dévorer les jeunes vignes.»
Cependant, avant que l'association d'étude Ne'ot Kedumim atteigne ce stade, elle avait à affronter des problèmes écologiques inconnus au temps biblique. Helen Frenkley dit: «La négligence au travers des siècles ainsi que les érosions, ont privé ces collines autrefois fertiles de toute végétation et les a appauvries du terrain nécessaire. Nous avons monté de la bonne terre au haut des pentes et réinstallé les talus en pierre, en nous servant du plan original vieux de 3000 ans.»
Aujourd'hui, Ne'ot Kedumim forme un microcosme de l'écologie biblique et un centre de recherche important dans ce domaine. Les visiteurs qui se promènent le long des sentiers découvrent beaucoup de nouvelles choses. Savaient-ils, par exemple, que la célèbre «rose du Saron» est en réalité une tulipe? Ou que la Bible parle de la graine du caroubier comme étant la plus légère? En effet, cette graine correspond presque au poids des normes actuelles de la joaillerie (0,0069 once ou env. 0,2 gr.). Son nom hébreu nous a fourni le mot international «carat».
Nouvelles d'Israël 03 / 1984