RAY RISING, UN MISSIONNAIRE AMERICAIN, A ETE DETENU HUIT CENT-DIX JOURS PAR DES RAVISSEURS COLOMBIENS
Qu'est-ce qui vous a permis de tenir le coup?
C'est le Seigneur, et Lui seul, Ses promesses et les versets bibliques que j'avais mémorisés. J'ai demandé et reçu un Nouveau Testament en espagnol de la part des guérilleros en avril 94. Il contenait également quelques Psaumes. Dieu m'a donné trois promesses, au travers des Psaumes. Psaume 121: «Rien de mal ne vous arrivera.» Psaume 46: «Ne crains rien, car je suis avec toi». Et Psaume 146, que Dieu me libérerait, car Il délivre les captifs. Evidemment, Il ne m'a pas dit quand!
Quelles ont été vos heures les plus sombres?
Les anniversaires et les fêtes de Noël loin de ma famille.
Comment votre famille a-t-elle vécu cette situation ?
Ma femme a cherché à s'occuper le plus souvent possible, afin que les jours défilent malgré tout. J'ai cherché à faire de même. J'ai développé une routine. Lorsque je priais le matin, je demandais au Seigneur de me donner une journée paisible et reposante, et à la fin de la journée, je disais: «Merci Seigneur de me porter au travers du jour suivant.» Et cela pendant huit cent-dix jours.
Votre relation avec vos ravisseurs a-t-elle évolué au fil du temps?
Elle s'est améliorée. Quelques-uns sont même devenus sympathiques. L'un d'eux était un jeune homme de dix-neuf ans, un dur à cuire qui n'avait peur de rien et ne se préoccupait pas de ce que ses collègues pouvaient penser s'il me parlait. Nous avons beaucoup échangé. Comme il provenait d'une famille pentecôtiste, il était à même de me comprendre lorsque j'abordais des thèmes spirituels.
La Colombie est un pays où l'influence catholique est très forte; vos ravisseurs appartenaient-ils à des groupes religieux ?
C'est un pays catholique de nom, mais seuls un ou deux d'entre eux étaient des catholiques pratiquants. Un autre m'a dit avoir appartenu à une communauté évangélique pendant deux ans. Deux autres provenaient de familles pentecôtistes. Ils m'ont manifesté de la sympathie, et ont même pris ma défense quelquefois.
Comment concilient-ils leurs convictions religieuses avec leur action ?
Tous ont subi un véritable lavage de cerveau. On leur a inculqué l'idéologie marxiste-léniniste. Je n'ai jamais parlé de politique avec eux. J'ai toujours tenté de porter la discussion sur le plan spirituel. Ils me demandaient si on pouvait être à la fois un rebelle, un révolutionnaire et un chrétien. Je n'étais pas très sûr de la manière dont je devais répondre.
Avez-vous pu vivre quelque chose de spécifiquement spirituel pendant cette période?
Cela a été principalement une marche plus proche de Dieu. En juillet 1994, j'ai reçu de chez moi un Nouveau Testament de poche. Quelques collègues étaient parvenus à me l'envoyer. Il y avait mon nom à l'intérieur! Le Seigneur nous parle par sa Parole. Parfois, j'ai entendu des messages, par la radio, qui correspondaient exactement à ce dont j'avais besoin.
Donc, vous ne considérez pas ces deux années comme des années perdues?
Avec le Seigneur, rien n'est jamais perdu.
Avez-vous expérimenté des effets secondaires suite à votre détention ?
Une personne ne vit pas une telle situation sans en être affectée. Parfois, en me réveillant le matin, je constate que je déprime et je ressens de l'angoisse. Je suis facilement fatigué. Mais le Seigneur me promet dans 1 Pi. 5, 10: «Vous aurez à souffrir encore un peu de temps. Mais Dieu, ( ... ) vous affermira, vous fortifiera et vous établira sur de solides fondations.»
Comment célébriez-vous Noël?
J'étais toujours avec huit à dix guérilleros. A cette période, ils ne me laissaient pas écouter la radio, qui m'a plus tard beaucoup aidé pour garder mentalement le contact avec le monde extérieur. Les combattants, dont l'abri était distant du mien de six mètres environ, écoutaient une station espagnole. Tout à coup, ils se sont éloignés, sans éteindre leur radio. J'ai entendu quelqu'un parlant anglais, et je me suis précipité vers le poste. C'était ma femme qui m'envoyait un message! C'était la veille de Noël. Cela a été pour moi un formidable encouragement. Et j'ai appris que des milliers de personnes priaient pour que je puisse entendre ce message. Dieu est un Dieu de miracles. Il tient Ses promesses.
Propos recueillis par Jeff Taylor. Compass Direct
AVENEMENT Mars 1997 No 105