Michèle d'Astier de la Vigerie parle de sa nouvelle démarche
Etes-vous surprise par l'impact qu'ont votre livre et vos conférences ?
M. d'Astier: Je suis émerveillée de la manière dont Dieu m'a portée, tant pour écrire mon témoignage, trouver un éditeur international, que par celle dont Il ouvre les portes pour mes conférences ou pour proclamer l'Evangile dans les média. Je suis surtout bouleversée de constater que, malgré mes imperfections et la récence de ma conversion, le Seigneur se sert de moi et qu'il y a de nombreux fruits. C'est un formidable encouragement pour ceux qui se lancent résolument dans le plan prévu par Dieu pour eux. Il ne laisse personne oisif ou stérile, et équipe Ses enfants pour les missions dont Il les charge. Gardez-vous des contacts avec le milieu qui était le vôtre avant votre conversion?
J'ai rompu naturellement et sans douleur avec mon ancien milieu, car ce qui faisait ses pôles d'intérêt et les miens à l'époque, m'est subitement apparu bien pâle face au caractère passionnant de ma nouvelle existence avec Christ. Il m'arrive parfois de rencontrer d'anciens amis. Ils sont très au courant de ma conversion. Je n'ai pas rencontré de raillerie, mais plutôt un intérêt teinté d'étonnement, et même, parfois, d'envie. Le simple fait de rayonner de paix et de joie est un témoignage très percutant.
Y a-t-il des aspects que vous regrettez parfois de votre «ancienne vie», tel le confort matériel?
Mon confort matériel d'autrefois était d'un prix exorbitant: stress permanent, crainte de l'avenir. Aujourd'hui, je ne possède plus rien, mes lendemains matériels ne sont pas programmés, je vis par la foi. Ce qui veut dire que je dois entièrement compter sur le Seigneur, jour après jour. Mais jamais, je n'ai été si confiante dans l'avenir: Dieu est fidèle. Et que de joie j'éprouve quand je vois la façon dont Il répond à mes besoins!
Craignez-vous qu'une étiquette vous suive partout: «celle qui a connu une vie mondaine et a tout laissé tomber pour la foi» ? Vous faites rêver..
Je n'ai pas, abruptement, laissé tomber une vie ultra-mondaine pour entrer dans la foi. Je m'en étais déjà détachée depuis longtemps, l'ayant trouvée bien décevante. Quand j'ai commencé à crier à Dieu, ma vie était depuis longtemps un désert, même si ce désert était peuplé d'occupations, ce n'était qu'une forme de fuite, et j'en avais clairement conscience.
Votre histoire n'est-elle pas rassurante pour des chrétiens qu'on accuse quelquefois d'être faibles, de se raccrocher à Jésus parce qu'ils sont «paumés » ?
On ne se raccroche pas à Jésus parce qu'on est «paumé». Faire une rencontre avec Lui, c'est bénéficier de la révélation la plus splendide que chaque être peut aspirer à trouver dans son existence. Plus rien, ensuite, n'est pareil, c'est l'entrée dans le Royaume de paix et de joie que Christ nous offre. Parfois, ce fut mon cas. C'est à la suite d'un brisement dramatique que l'on se tourne vers Dieu. Pour d'autres. c'est plus progressif.
Comment envisagez-vous votre avenir: autres livres, nouvelles conférences?
Mon avenir est dans la main de Dieu. Il écrit tous les jours une nouvelle page. J'aime! Parfois. Il nous éclaire sur l'avenir qu'Il nous réserve, pour guider nos pas dans la bonne direction. Je sais que je serai amenée à écrire de nombreux livres. J'en ai sorti cinq en dix-huit mois. Les trois premiers sont sorti, ou en cours de sortie. Je sais aussi que j'exercerai. en parallèle un ministère itinérant de témoignage qui a amplement démarré.
Quelle est la plus grande différence entre ces deux parties de votre existence ?
Il est difficile de comparer l'avant et l'après. C'est la nuit et le jour! Quand la Parole de Dieu parle de nouvelle naissance, j'éprouve vraiment ce que cela signifie. Ce qui m'attire. c'est ce que je rejetais hier, et inversement, qu'il s'agisse d'amis, d'occupations ou de projets.
La différence fondamentale réside dans le fait que j'ai vécu cinquante ans dans les rêves chimériques, les désillusions, J'angoisse, et, pour finir, le désespoir, alors qu'aujourd'hui, je me réveille en paix. je m'endors en paix, après des journées bien remplies et parsemées de moments de vraie joie.
Et puis, il y a une vieille compagne à laquelle j'ai fait des adieux définitifs: la solitude. Quand on vit avec Jésus en soi, il n'y a plus aucun vide.
Propos recueillis par Michel Béghin
AVENEMENT Juin 1994 No 72