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Les dangers d'Harry Potter, et la bibliographie chrétienne de "remplacement"
NDLR: Ce document est la partie texte de la conférence audio de Georges Ansermin, accessible sur notre serveur audio: face a, face b
Voilà un bien étrange phénomène. 20 millions d'exemplaires vendus de par le monde, en 18 mois, pour le premier ouvrage d'un auteur inconnu. Et plus encore dans la catégorie jeunesse.
Pourquoi un tel succès ? Quelles différences avec d'autres ouvrages ? Quel est le secret ? Bien des questions surgissent pour qui s'intéresse au monde des enfants. N'esty´Óce qu'une mode passagère ? Honnêtement, je ne crois pas. On n'a pas fini d'entendre parler d'Harry Potter.
Je me suis donc plongé dans cet univers particulier pour essayer de découvrir quelquesy´Óunes des ficelles de ce succès sans précédent. Je vous partage donc mes réflexions, humblement, sachant que je ne suis pas la science infuse et que mon regard ne peut éclairer que quelques facettes de ce succès quasi universel.
Je vais diviser mes appréciations en 4 volets : l'histoire, les aspects psychologiques, la morale, la spiritualité. Bonne lecture ! Juste encore une remarque : il s'agit ici de mes appréciations sur le premier volume « Harry Potter à l'école des sorciers ».
L'HISTOIRE
Amateur de récits d'aventures fantastiques, j'ai été comblé. Voilà une histoire qui tient bien la route. Une journée m'a suffit pour dévorer les 300 pages de ce volume. Le rythme est soutenu, le suspense bien entretenu, beaucoup d'action, dans un espace limité, l'école, et un temps lui aussi limité, une année scolaire. Rapidement le lecteur est mis dans le bain et le parti pour Harry est vite pris. Les enjeux sont rapidement démontrés, Harry est en danger, une menace de mort pèse sur lui. Pourra-t-il la déjouer ?
L'univers de l'enfant est bien respecté, principalement dans la première partie. Harry vit chez des parents d'adoption, son oncle et sa tante, il doit aller à l'école, a des devoirs à faire. Ce n'est pas un enfant avec une vie d'adulte. Même dans la deuxième partie, l'école de Poudlard, le lecteur garde le sentiment d'avoir à faire à un enfant, qui doit rester soumis à des profs...
Étrangement, à la fin du livre, une pause s'impose, on retrouve ce monde de l'enfance le monde de la normalité... J'ai dû me retenir pour ne pas sauter aussitôt sur la lecture du volume suivant (ça viendra).
Le suspense est savamment entretenu par les différentes forces mises en jeu. Il ne s'agit pas de vaincre les forces naturelles qui assaillent Robinson Crusoé, ni les forces morales qui se déchaînent dans la lutte du bien contre le mal. Avec Harry Potter, le lecteur est confronté à des forces occultes, cachées, secrètes, qui échappent à son fonctionnement de pensées rationnelles. Cette réflexion ouvre le volet suivant
LES ASPECTS PSYCHOLOGIQUES
Harry est-il si attachant ? En tous cas pour moi ! Je vois 2 aspects psychologiques importants : l'identification et l'introjection.
L'identification est le processus qui me permet de me mettre dans la peau d'un personnage. Éléments qui me semblent favoriser l'identification :
Harry est un orphelin.
-Il est maltraité par sa famille d'accueil.
-Rejeté de ses pairs.
-Il a un physique ingrat.
-Il est toujours victime.
-Il subit nombre d'injustices sans pouvoir se défendre.
-C'est un solitaire, un incompris (des moldus)...
Il a tout pour échouer, pour être un moins que rien. Pas de passé, pas d'avenir, un présent très sombre... Tout est là pour que le lecteur s'identifie à Harry. Chacun peut trouver dans sa propre histoire un trait qui le rapproche d'Harry. Il y a en chacun de nous une forme d'insatisfaction qui nous permet de nous identifier à cet enfant et de le prendre en amitié. Il a soif d'identité, d'acceptation, d'écoute, de justice. Il veut un avenir, mais n'a aucune issue possible. Qui peut dire : y´Ó ça, ce n'est pas pour moi ?
Je crois que la force de l'auteur est de faire aimer Harry par le lecteur, dès le premier chapitre. On prend cause pour lui, il faut qu'il s'en sorte, ça ne peut durer. Une fois que le lecteur a mordu à cet hameçon, il veut aller jusqu'au bout. (D'où mes luttes pour attendre la lecture du 2° volume). Harry, c'est un peu moi... Quand le lecteur en arrive à cette conclusion, il lira probablement les 6 tomes restants.
L'introjection c'est mon désir inconscient de devenir comme l'autre, de tenter de devenir l'autre. Éléments qui à mon avis favorisent ce processus :
- amitié pour les faibles.
- mise à part.
- élu (91).
- le faible peut devenir fort (136)
- sentiment d'invulnérabilité (17).
La magie offre à Harry un avenir. Ouf ! Il y a de l'espoir. Il ne va pas rester victime. Il peut enfin devenir auteur, par la puissance de la magie. Le message est clair : si Harry étudie bien la sorcellerie il ne sera plus le gringalet, victime des circonstances, mais bel et bien l'acteur de sa vie. Qui ne rêve pas de changer de statuts ? Devenir acteur plutôt que victime ? Être le directeur de sa propre vie ? Le lecteur a envie de devenir Harry, il va donc le suivre dans son apprentissage à l'école de Poudlard.
Il me semble voir là les éléments de base d'un parcours initiatique ; Harry ne connaît pas ses origines. De façon fantastique, il se découvre un sang de sorcier, et qui plus est, célèbre. Les portes de l'école lui sont ouvertes, et en 7 degrés, 7 étapes, 7 années scolaires, il va apprendre à gérer les dons reçus de ses défunts parents. Avec à chaque étape des examens, et toujours la possibilité d'être exclu de l'école si une faute grave est commise. Avec Harry, le lecteur s'initie à l'art de la sorcellerie. Et pour Harry, c'est le seul moyen qui se présente à lui pour sortir de l'horreur de son quotidien.
Il y a en chacun de nous, le désir d'un meilleur. Si le processus d'identification a fonctionné, le lecteur est mûr pour l'introjection. Il désirera réussir comme Harry. Il rêvera ou souhaitera être aussi un élu, un mis à part...
Mais tout n'est pas encore gagné. L'auteur introduit des éléments qui entretiennent le suspense et renforcent ainsi l'identification et l'introjection
- Harry est la cible de puissances mystérieuses.
- Il est l'enjeu involontaire de forces qu'il ne maîtrise pas.
- Il ignore tout de ses origines (54y´Ó55).
- Il est marqué du « signe ».
Ces éléments incontrôlables, totalement indépendants de la volonté de Harry, montrent sa fragilité. Il a besoin de la magie pour vaincre, il a donc raison de l'apprendre, et le lecteur a également raison de l'aimer...
Personnellement je pense que c'est ce volet psychologique qui fait le succès d'Harry. Enfin, dans la grisaille quotidienne, il y a un moyen de s'en sortir ! Un moyen donné aux initiés, et à eux seuls.
LA MORALE
Ici, chacun y mettra ce qu'il voudra. C'est l'aspect socioculturel de l'histoire. Chacun réagit en fonction de son propre héritage. Pour ma part, porteur d'une culture judéoy´Óchrétienne, l'aspect moral d'Harry est loin de ce que je désire laisser à mes enfants comme héritage. Voici quelques aspects que j'ai repérés :
- sont valorisés : l'héroïsme, la bravoure, la témérité, le courage, l'intelligence, l'individualisme, la rancoeur, la vengeance.
- tous les moyens sont bons pour atteindre les résultats voulus.
- enfreindre les règlements peut avoir des conséquences positives ou désobéir peut ne pas avoir de conséquences négatives...
- une forme de racisme social est valorisée face aux « moldus », les nony´Óinitiés, les faibles, les ignorants.
- il n'y a pas d'absolus, il y a de la place pour les malins, les roublards, les vaniteux, les sournois, les perfides (Serpentard).
- mais pas de place pour le sacrifice gratuit, la vérité (291), le pardon.
Les paroles de Quirrell résument de façon claire la ligne de pensée de l'auteur (284) :
« Jétais un jeune homme stupide, à l'époque, plein d'idées ridicules sur les notions de bien et de mal. Lord Voldemort m'a montré à quel point j'avais tort. Il n y a pas de bien ni de mal, il n y a que le pouvoir, et ceux qui sont trop faibles pour le rechercher...
LA SPIRITUALITE
Avec Harry, je ne vois qu'un volet de la spiritualité judéoy´Óchrétienne. Un seul aspect est présenté, celui du monde des esprits. Les esprits existent, c'est une réalité soulignée par la Bible. Mais l'auteur n'en présente qu'un aspect : celui des avantages apportés par les pouvoirs occultes de la sorcellerie :
- la magie blanche est meilleure que la magie noire (74).
- l'occultisme s'apprend, il s'enseigne et permet d'augmenter ses propres pouvoirs (88)
- ces pouvoirs peuvent aussi être innés, il suffit de les découvrir (148).
- les sorciers, magiciens, mages, enchanteurs, forment une société avec ses règles, sa hiérarchie...
- l'astrologie (253), les livres, les potions, les formules permettent d'apprendre et d'exercer ses pouvoirs. Des magasins vendent ces livres, « donnent » les enseignements...
Quelques aspects particuliers importants:
Le sang est présenté comme ayant un pouvoir particulier. Rien à voir avec la valeur du sang de Christ (227, 252, 286).
Le puissant, celui que craint Voldemort, Albas Dumbledore est nommé : «Commandeur du grand ordre de Merlin » (56).
Le mauvais, puisqu'il n'y a pas de mal, mais un pouvoir àcombattre, est présenté sous la forme de Voldemort, celui dont on parle en disant : Vous Savez Qui, Celui Dont On Ne Doit Pas Prononcer Le Nom. Il inspire souvent la crainte, le respect parfois. C'est un sorcier, brillant élève de Poudlard, qui a mal tourné. Il s'est rebellé et a entraîné dans sa rébellion d'autres sorciers. Ils appartiennent au « Monde Des Ténèbres ». Il a tué les parents d'Harry, un jour d'Halloween. Le signe sur le front d'Harry est la marque du mauvais sort qu'il lui a lancé en voulant le tuer. Cet échec, pour Voldemort, s'est soldé par sa disparition du monde des sorciers, le retour des rebelles et l'entretien du mystère. (59y´Ó62). Il réapparaît au dernier chapitre sous une forme démonisée.
« Tu vois ce queje suis devenu ? ... Ombre et vapeur... Je ne prends forme qu'en partageant le corps de quelqu'un d'autre... Heureusement, ils en reste toujours qui sont prêts à m'accueillir dans leur coeur et leur tête... Lorsque j'aurai l'élixir de longue vie, je pourrai recréer un corps qui sera bien à moi (286) Quirrell était plein de haine, de cupidité, d'ambition, il partageait son âme avec Voldemort... (292)
Le secret y´ÓCa sert surtout à garder nos secrets. Il ne faut pas que les Moldus sachent qu'il y a toujours des mages et des sorciers d'un bout à l'autre du pays. Sinon ils essayeraient de faire appel à nous pour résoudre leurs problèmes. On préfère qu'ils nous laissent tranquilles. (69)
Les pouvoirs peuvent être déclenchés par les émotions
Toutes ces choses étranges... s'étaient toujours produites lorsqu'il était furieux, ou sous le coup d'une émotion... (63)
Des titres d'ouvrages et des formules magiques sont données aux pages (71, 108, 139, 161, 172, 181, 196, 216, 219, 227, 228, 231)
Pour conclure, si Harry présente un intérêt sur le plan de son histoire, en temps que récit d'aventure, il n'en présente pas moins un grand danger pour les enfants que je désire voir grandir dans la foi du Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Harry n'est pas compatible avec la Bible. J'invite sérieusement les parents à informer leurs enfants, à ouvrir le dialogue, plutôt que d'interdire, afin d'éviter que Harry soit lu chez les copains. La description de ce parcours initiatique présente un réel danger spirituel. C'est spirituellement qu'il doit être combattu.
Une petite dernière pour la réflexion : Mrs Gonagall, à l'intention de Dumbledore :
« ... Il va devenir célèbre - une véritable légende vivante- je ne serai pas étonnée que la date d'aujourd'hui devienne dans l'avenir la fête de Harry Potter. On écrira des livres sur lui. Tous les enfants du monde connaîtront son nom ! » (18)
HARRY POTTER ET LA CHAMBRE DES SECRETS
C'est fait, j'ai avalé le deuxième épisode des aventures d'Harry. Le même suspense, autant de rythmes et d'intérêt que dans l'école des sorciers. En fait, il me semble que l'auteur utilise les mêmes ficelles. L'identification et l'introjection fonctionnent à fond, et la même trame est utilisée ; une force mystérieuse doit être combattue, Harry rencontre les mêmes injustices mais il va encore gagner. Ce qui fait la différence, c'est le niveau.
Dés le premier chapitre le clivage entre Harry et sa famille d'accueil s'accentue, ce qui renforce son amitié pour Ron. Le niveau scolaire s'élève et l'initiation se poursuit avec J'apprentissage des sortilèges, potions magiques, etc. La Magie Blanche est présentée comme le bien et la Magie Notre comme le mal. Il faut épurer le monde de la magie des pratiques occultes de la Magie Noire, pour le bien de tous. L'école de Poudlard enseigne comment utiliser les pouvoirs de la Magie Blanche pour vaincre ceux de la Magie Noire.
La puissance des ennemis d'Harry est plus grande que dans le premier volume. Il y a cette fois des victimes qui sont statufiées et la soeur de Ron échappe de justesse à la mort, grâce au courage d'Harry et aux pouvoirs qui lui sont transmis.
Voldemort agit également plus puissamment. Il n'utilise plus de corps mais l'âme. Il est appelé « Seigneur des ténèbres « (60).
L'action des sorciers dans le monde des moldus est démontrée. (47).
L'ordre de Merlin réapparaît (111).
Les désobéissances, même si elles n'ont pas de conséquences positives, ne sont toujours pas sanctionnées. (141, 170... ).
Harry est présenté par un elfe comme un sauveur
« ... Harry Potter a survécu et le pouvoir du Seigneur des ténèbres a été brisé. Cefut une aube nouvelle... Harry Potter brillait comme une flamme d'espérance... » (190, 191).
Harry découvre un nouveau pouvoir, très rare :
« - Un Fourchelang ! Répéta Ron ! Tu parles le langage des serpents! » (209).
Une langue qui ne s'apprend pas, qu'Harry parle sans s'en rendre compte, qui lui permet de dialoguer avec les serpents et fait de lui un être d'exception ;
« ... Fourchelang, il n y a que les adeptes de la Magie Noire qui en sont capables... » (212).
Ce don le fait rejeter par nombre de ses pairs qui le craignent. Harry découvre qu'il a des pouvoirs occultes, de Magie Noire. Tout n'est pas simple, et Dumbledore de lui dire:
« ... Ce sont nos choix, Harry, qui montrent ce que nous sommes vraiment, beaucoup plus que nos attitudes. » (352).
Il ne s'agit pas du choix entre bien et mal, mais du choix d'utiliser les pouvoirs ou non, quand et comment...
Surprise ! page 256, les professeurs sorciers chantent des cantiques, le soir de Noël ! Comme si l'un et l'autre pouvaient être compatibles.
L'ennemi qu'Harry doit combattre et qui terrorise toute l'école n'est autre qu'un « Basilic » le « Roi des Serpents ». (305). Le combat se déroule « ...bien loin auy´Ódessous... » (317) dans les profondeurs du soussol. Harry y accède par des canalisations.
Voldemort agit à travers l'âme de Ginny,
« -j'ai toujours eu le don de séduire les gens dont j'avais besoin. Alors Ginny m'a ouvert son âme... Ses peurs les plus profondes, ses secrets les plus obscures nie donnaient de la force, de plus en plus de force. J'ai senti grandir en moi un pouvoir infiniment plus grand... Un pouvoir suffisan ... pour déverser un peu de mon âme dans la sienne ... » (326).
« ... elle ne savait pas ce qu'elle faisait... » (327),
« ... il ne reste plus beaucoup d'énergie vitale en elle : elle en a trop mis... en moi. Suffisamment... pour me permettre ... de reprendre une existence autonome... » 330)
N'esty´Óce pas là ce que dans la culture judéoy´Óchrétienne nous appelons « possessions » ? A la différence que Ginny n'a pas eu vraiment le choix.
Harry apprend que sa mère s'est sacrifiée, pour « conjurer le sort », (334).
La fin du livre est troublante. Harry se découvre d'étranges ressemblances avec Voldemort, l'ennemi à vaincre :
- les deux ont du sang moldu.
- ils sont orphelins, élevés par des moldus.
- ils parlent Fourchelang. « y´Ó Si tu parles Fourchelang, Harry, dit Dumbledore... C'est parce que Lord Voldemort... le parlait également. A moins que je me trompe, il t'a transmis certains de ses pouvoirs le soir où il t'a fait cette cicatrice. Bien sûr, ce n'était pas du tout son intention... y´ÓVoldemort m'a transmis un peu de luiy´Ómême ? dit Harry, atterré. » (35 1)
Les enjeux spirituels, véhiculés par les aventures d'Harry, sont dangereux. Il me paraît difficile à un enfant de faire la part des choses. D'ailleurs ! Combien d'adultes en sont véritablement capables et le font ? La lecture de ces ouvrages n'est pas anodine. Spirituellement, elle devrait s'adresser à un public averti. C'est bien pour cela que j'ai pris ma plume.
ATTENTION DANGER !
Alternatives
Les librairies regorgent de récits fantastiques. Je crois que l'enfant a besoin de tels ouvrages pour nourrir son imaginaire. Malheureusement ces livres sont écris par des auteurs qui ne cherchent pas à véhiculer le message de la Vérité. Ces ouvrages ne sont donc pas à conseiller aux jeunes lecteurs que l'on désire voir grandir dans la foi. Les auteurs chrétiens de récits fantastiques ne sont pas légion. Personnellement, je ne connais que Frank Peretti et C. S. Lewis, ma préférence allant pour le 2ème. Lewis a l'art de poser, ou plutôt de susciter les bonnes questions.
Je peux lire et relire ses ouvrages et chaque fois faire de nouvelles découvertes, conduire de nouvelles réflexions. Ses allégories sont pleines de sens. Les images qui viennent à l'esprit au long de la lecture me nourrissent l'imaginaire avec une notion biblique du bien et du mal. Ce n'est pas un « préchi-précha », ni un « patois de Canaan » qui fait fuir les jeunes lecteurs. Bien au contraire.
L'imaginaire donne des leçons au réel. Même si les animaux sont dotés d'une personnalité et de la parole, c'est toujours dans les limites du raisonnable. Ces livres pour enfants sont loin d'être des «gamineries ». Je les relis régulièrement et y trouve chaque fois le même plaisir, même à 46 ans. Je vais décrire quelques-uns des ouvrages disponibles en français, en commençant par ceux qui s'adressent plus spécifiquement aux jeunes.
L'armoire magique Ed. Castor Poche Flamarion
Quatre enfants entrent dans le pays imaginaire de Narnia. On y accède le plus simplement du monde, par le fond d'une armoire. Ce monde magique existe d'ailleurs en parallèle avec le monde quotidien ; et le temps y prend une toute autre dimension. Cette allégorie est très claire quand à la lutte du bien et du mal, du sacrifice de Jésus et de la victoire de la résurrection. (Dès 7 - 8 ans).
Le prince Caspian Ed. Castor Poche Flamarion
Pierre, Suzanne, Edmond et Lucie se retrouvent à Narnia, le pays où ils avaient régné autrefois (l'armoire magique). Grâce à leur ami, le lion Aslan, ils parviendront à y restaurer la paix disparue et à rendre son trône à Caspian. Allégorie de la lutte de l'église pour manifester le Royaume de Dieu, ce récit est plein de rebondissements et de suspense. (Dès 7 - 8 ans).
Le grand divorce... entre le ciel et la terre Ed. Raphaël
C.S. Lewis nous conduit à bord d'un autobus, de l'enfer terrestre aux abords du Paradis. Il ne s'agit pas de décrire ce que sera la vie dans l'auy´Ódelà, mais bien de décrire les caractères de l'homme ses excuses, ses mensonges. Lewis dépeint avec humour et force les luttes entre le vrai et le faux moi, entre le personnage et la personne. (Dès 12 ans).
Tactique du diable Ed. Brunnen Verlag Bâle
Un apprenti démon est chargé de séduire un jeune converti. Il entretient avec son oncle une correspondance riche en enseignements sur la vie intérieure, révélant que les bonnes résolutions sont souvent piquées de vers, que les vertus sont parfois le paravent de l'égoïsme. Cet ouvrage nous apprend à déjouer les ruses de Satan tout en découvrant notre vrai Moi... (Dès 12 ans).
La trilogie cosmique Ed. L'Âge d'Homme
A travers ces trois récits, Lewis retrace l'essentiel de la théologie. Ces ouvrages sont volontiers nommés « théologie fiction ». La lutte incessante entre le bien et le mal, les mystères de l'auy´Ódelà et les profondeurs du Moi, un monde sans la chute... sont quelquesy´Óuns des thèmes abordés. Un récit palpitant, du suspense, de l'ouverture, une nourriture solide pour des âmes assoiffées de vérité. (Dès 12 ans)
Un visage pour l'éternité Ed. L'Âge d'Homme
Une revisitation du mythe de Psyché et de Cupidon. On y retrouve Amour, Envie, Jalousie. Un récit inclassable, riche en beautés, en passions... (Adulte).
Du même auteur:
Aux éditions Stator EBV :
- Dieu au banc des accusés.
- Démoncratiquement vôtre.
Aux éditions Raphaë l:
Qlbis. Ch. De Rionzi 61 - 1052 Le Mont sur Lausanne Fax 021/ 644 37 48
- Surpris par la joie
- L'abolition de l'homme
- Lettres à Malcolm
- Réflexions sur les psaumes.
Éditions LLB :
- Les fondements du christianisme
Editions Vida:
- Les survivants de l'Apocalypse V636.
- Tribulation force (L'armée de la tribulation) V678.
Tim Lahaye (021/ 964 65 01 Ed. R. D. F.)
Voici deux romans d'anticipation. L'auteur sait nous tenir en haleine tout en apportant des vérités sur les temps de la fin.
(G. Ansermin) ajouté le 4/6/2002