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La «charte oecuménique» pour les chrétiens d'Europe
Des conférences pour l'unité des chrétiens, publiant des déclarations et des engagements communs en vue de la collaboration entre les Eglises officielles et des Eglises ou assemblées indépendantes, gagnent en importance et se font de plus en plus contraignantes. Le 22 avril 2001, les organisations faîtières de 126 Eglises officielles et évangéliques indépendantes d'Europe, ainsi que 34 Conférences épiscopales catholiques, ont signé une «Charte oecuménique Européenne». Les signataires s'engagent à promouvoir une «plus nette et plus parfaite unité de l'Eglise de Jésus-Christ.»
C'est au nom de la « Conférence des Eglises Européennes » (KEK) que son président, le Métropolite Jérémie Caligiorsis (Paris), a signe cette charte. Elle fut contresignée par le président du Conseil de la Conférence épiscopale catholique européenne, le cardinal Miroslav VIk (Prague).
Dans cette charte tous confessent leur foi en l'«Eglise catholique, apostolique une et sainte». Le Vatican est ici manifestement à l'oeuvre, car pour lui « catholique » signifie toujours « uni à Rome » par le sacrement de l'ordination des prêtres.
Engagements réciproques
Les engagements communs sont chaque fois introduits par: «Nous nous engageons». Au § 1, 1 de la charte il est dit: « Nous nous engageons, par la puissance du Saint-Esprit, à oeuvrer pour l'unité visible de l'Eglise de Jésus-Christ dans la foi unique qui trouve son expression dans la reconnaissance réciproque du baptême, de la communion eucharistique, ainsi que dans le témoignage et le service communs. » Le débat sur le baptême paraît ainsi réglé pour les baptistes et autres églises libres. Des milliers de martyrs, comme Balthazar Hubmayer (Vienne), sont morts sur le bûcher pour avoir enseigné et pratiqué le baptême biblique. Leur témoignage doit être considéré comme une erreur et mis insensiblement, mais résolument, en oubli par l'ensemble des Eglises, puisqu'il y a «reconnaissance réciproque» d'un seul baptême. Le témoignage foncièrement biblique constitue un obstacle dans la globalisation en cours et doit donc disparaître.
En ce qui concerne la «communion eucharistique, » le 2e Concile du Vatican avait déclaré dans son «décret sur l'oecuménisme»: « ... pour qu'ainsi progressivement les obstacles qui s'opposent à une pleine communion ecclésiale soient surmontés et que tous les chrétiens puissent célébrer la même eucharistie dans l'unité que Christ a donnée dès l'origine à son Eglise. Une unité conservée dans l'Eglise catholique et qui grandira, nous l'espérons, jusqu'à l'achèvement des temps.» (Article 4) Selon l'Eglise romaine l'eucharistie est l'un des sacrements nécessaires au salut. La participation à cette cérémonie religieuse médiatrice du salut, administrée par un prêtre ordonné, est rendue indispensable. C'est ainsi que les chrétiens non catholiques devraient être envoûtés.
Evangélisation seulement en accord avec les autres Eglises.
Au § 11, 2 nous lisons: «Nous nous engageons à nous entretenir avec les autres Eglises sur toute initiative concernant l'évangélisation et à nous entendre avec elles pour éviter de néfastes concurrences et le danger de nouvelles séparations. » Il ne sera donc plus possible aux chrétiens d'évangéliser librement sur l'ordre du Seigneur. Au-dessus de Jésus-Christ on place les autorités catholiques, orthodoxes ou protestantes avec lesquelles il faudrait s'entendre préalablement pour éviter les divisions.
Au § 11, 5 il est précisé: «Nous nous engageons à apprendre à connaître et à apprécier les cultes et les diverses formes de la vie spirituelle des autres églises. » On exige donc des chrétiens des Eglises indépendantes d'apprendre à connaître et à apprécier les cérémonies et rites salutaires des catholiques et orthodoxes, sinon ils seront traités publiquement de dangereux fondamentalistes ou de sectaires.
Toutes ces obligations, et d'autres encore, devraient conférer à l'Europe unifiée une « âme », c'est-à-dire achever le processus de la contre-réformation. Dans cette charte européenne les objectifs catholiques sont presque visiblement réalisés.
Gregor Dalliard, ex-prêtre catholique
(Traduit de « Das Signal» Nr 129, Septembre 2001)
La Bonne Nouvelle No 1 /2002