Appel de minuit
n° 8-août-2002
Texte
intégral
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Des
baptêmes de l'Esprit
différents ?
L'effusion de
l'Esprit Saint a été promise
dans l'Ancien Testament, confirmée
par Jésus-Christ dans les
Évangiles et réalisée
à la Pentecôte dans les Actes
des apôtres. Mais qu'en est-il des
autres effusions de l'Esprit qui nous sont
rapportées dans ce même livre
des Actes ?
Notre message
intitulé « Du baptême de
l'Esprit », paru dans le cadre de
« Notre
périscope » du mois de
mai, a,
semble-t-il, déclenché de
vives réactions. La chose nous a
surpris, car cet article n'était ni
dépourvu de spiritualité ni
teinté d'agressivité ;
il se proposait de présenter
à nos lecteurs un fondement avant
tout biblique. Étant donné
que ce sujet a interpellé beaucoup
de personnes et que pour plusieurs, des
questions paraissent rester encore
ouvertes, nous voulons revenir ici sur ce
thème et l'éclairer sous un
autre angle. Il est important, voire
indispensable, de connaître les
différents arrière-plans et
d'approcher le sujet du
« baptême de
l'Esprit » du point de vue
biblique. N.L.
Une question
souvent posée porte sur les
contextes dans lesquels l'effusion de
l'Esprit s'est réalisée -
Actes 8,14-17 ; 10,44-48 et 19,1-7 -, et comment il faut les
considérer aujourd'hui.
Penchons-nous donc brièvement sur
l'histoire du salut.
Après la
chute dans le péché, Dieu a
promis un Sauveur à
l'humanité (Gen. 3, 15). Cette promesse allait
cependant bien plus loin - jusqu'au
renouveau futur du coeur qui deviendrait
l'habitation de l'Esprit Saint
(Ezéch.
36,26). Au
temps de l'Ancien Testament, cette
promesse ne devint pas
réalité ; elle ne fut
qu'annoncée. L'Esprit de Dieu
était périodiquement et
momentanément donné à
certaines personnes de l'AT, de sorte que
David put prier :
« Ne me rejette pas loin de ta
face, ne me retire pas ton Esprit
saint » (Ps. 51,13).
Aujourd'hui, au
temps de l'Eglise, il en est tout
autrement. Jésus-Christ a promis
aux croyants de l'Assemblée que
l'Esprit Saint, qu'ils reçoivent
à leur nouvelle naissance
(Eph. 1, 13), resterait avec eux pour
l'éternité (Jean 14,16 ; cf. Eph. 4,30). Au temps actuel de
l'Eglise, l'Esprit de Dieu, dès la
nouvelle naissance, reste chez les
croyants.
La situation
décrite en Actes 8 et 19 se situe à une
période de transition - comme
d'ailleurs toute l'histoire des Actes des
apôtres. Le temps de l'Ancien
Testament, c'est-à-dire de la loi,
était parvenu à sa fin. Si
nous lisons, en succession à l'AT,
les quatre Évangiles, nous
remarquerons qu'il est
régulièrement
écrit :
« ... afin que
l'Écriture
s'accomplisse... ». Il nous est ainsi dit
que Dieu était en train de tenir
partiellement Ses promesses faites dans
l'AT. Les Évangiles en rendent
témoignage. Mais le Nouveau
Testament, l'ère de la grâce,
de l'Eglise du Seigneur, n'était
pas encore pour autant manifesté.
La chose ne se ferait que plus tard par le
moyen de l'apôtre Paul. Le
Consolateur manquait encore. L'habitation
de l'Esprit dans le croyant n'était
pas encore une réalité, bien
qu'elle eût été
promise. Cela se fit seulement lors de
l'effusion de l'Esprit à la
Pentecôte (Ac. 2). Le Seigneur Jésus
avait prédit cet
événement (Jean 14,16-26). L'Esprit Saint
était donc descendu à la
Pentecôte. En
résumé : promesse faite
dans l'Ancien Testament, confirmée
par Jésus-Christ et
réalisée à la
Pentecôte. Nous savons par
Éphésiens 1,
13 que toute
personne qui remet sa vie à
Jésus par la conversion et
naît ainsi de nouveau est
scellée de l'Esprit de Dieu.
C'était là quelque chose de
tout à fait inédit, jamais
vu jusqu'alors.
La connaissance
de cette ligne de l'histoire du salut est
la condition préalable à la
compréhension d'Actes 8, 10 et 19. Il y a cependant une autre
chose que nous devons savoir. Les Juifs
religieux se considéraient comme le
peuple de Dieu (ce qu'ils sont
d'ailleurs) ; ils n'entretenaient, en
conséquence, aucun contact
étroit avec d'autres croyants (par
exemple les Samaritains) ; ils les
évitaient parce qu'ils les tenaient
pour impurs. Même pour Pierre, l'un
des apôtres dirigeants de la
première assemblée, cela
constituait un énorme
problème (Ac. 10, 11-20 ; Gal. 2,11-15). Mais Dieu Lui-même
résout ce problème en
donnant l'Esprit Saint en particulier aux
Samaritains (Actes 8). Ces derniers avaient des
ancêtres juifs, ils s'en tenaient
à la Thora et adoraient Dieu dans
leur temple sur le mont Garizim. Au temps
de la déportation à
Babylone, il s'était produit un
mélange de Juifs et de non-juifs
avec introduction d'idoles. Pour cette
raison, ils n'étaient pas
comptés parmi le peuple
d'Israël qui les
méprisait.
En Actes 10, la Bible s'oppose à
cette attitude du peuple juif
prétendant que tous les non-juifs
sont impurs. Bien plutôt, Dieu dit
ceci de ces gens
« impurs » :
« ... ce que Dieu a
déclaré pur, ne le regarde
pas comme
souillé » (Ac.10,15). C'était là
quelque chose de nouveau, tellement
renversant et inconcevable qu'ils ne
pouvaient l'accepter. Mais dans Sa
bonté, Dieu vient au secours de
cette impuissance humaine : Il permet
le même miracle que celui dont
avaient profité les Juifs
premièrement et une seule fois
à la Pentecôte. C'est ainsi
que ceci devint évident pour
tous : les Samaritains sont aussi
acceptés, même les
païens (cf. Ac. 10,45 ; Gal. 3,28).
L'événement
d'Actes 19,1-7 va dans la même
direction, mais est cependant tout
à fait différent. Il
s'agissait là de Juifs qui
étaient croyants. Ils attendaient
la venue du Messie, attitude qu'ils
avaient exprimée par le
baptême de Jean. Néanmoins,
ils ne connaissaient pas l'Évangile
et n'étaient pas nés de
nouveau. Paul dut premièrement tout
leur expliquer, et ce n'est
qu'après avoir cru à
l'Évangile qu'ils reçurent
le Saint-Esprit.
Comme
signalé ci-devant, le temps des
Actes des apôtres constitue la
transition entre l'Ancien et le Nouveau
Testament. Les événements
qui y sont décrits étaient
des confirmations divines de Ses
envoyés. Si nous n'en tenons pas
compte, nous courons le risque de faire du
livre des Actes des apôtres un
manuel d'enseignement, ce qu'il n'est pas
et ne veut pas être.
Considérons-le comme ce qu'il est
en réalité : l'histoire
des apôtres, qui, en
obéissance à leur divin
Maître, apportèrent
l'Évangile au monde entier de
l'époque, en partant de
Jérusalem et, via la Judée
et la Samarie, jusqu'à
l'extrémité de la terre
alors connue - Rome. Ce n'est
qu'après ces
événements que débuta
la véritable histoire de l'Eglise
par l'Épître aux Romains, qui
nous révèle pour la
première fois et de manière
unique ce qu'est l'Assemblée du
Seigneur : un organisme, le corps de
Christ sur la terre, composé de
Juifs, de Samaritains et de
païens.
S.R.
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