Appel de minuit
n° 6-juin-2002
Texte
intégral
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Rendre
compte
« Ainsi chacun de nous rendra
compte à Dieu pour
lui-même » (Rom. 14,12). Bien des gens vivent selon
cette devise« Fais le bien et ne
crains personne ». Mais cela est
à courte vue et, dès lors,
très dangereux ; en effet, la
Bible affirme que le moment vient
où nous devrons rendre compte. Elle
nous présente un Juge incorruptible
devant qui il faudra répondre de
chaque seconde de notre vie. Ce Juge est
le Dieu juste et trois fois saint, qui
habite dans la lumière, laquelle ne
laissera rien de caché.
Je me suis fort
effrayé un jour au sujet de
quelqu'un qui pensait être
traité injustement par Dieu et
affirmait devoir avoir une conversation
sérieuse avec Lui à ce
propos. Job, qui croyait subir des
injustices de la part de l'Éternel,
obtint d'Élihu cette
réponse :
« Je te répondrai qu'en
cela tu n'as pas raison, car Dieu est plus
grand que l'homme. Veux-tu donc disputer
avec lui, parce qu'il ne rend aucun compte
de ses actes ? » (Job 33,12-13). Jamais un être
humain ne peut demander des comptes
à Dieu ! Quiconque le fait se
place sous le jugement. Le sage rabbi
Shimon b. Jose b. Laqonia a exprimé
cette parole sentencieuse :
« Si une pierre tombe sur un
pot, malheur au pot ! Si le pot tombe
sur la pierre, malheur au pot ! Quoi
qu'il en soit, malheur au
pot ! »
Nous parlons
volontiers d'un Dieu miséricordieux
et plein de grâce, ce qu'Il est
d'ailleurs :
« Cependant l'Éternel
désire vous faire grâce, et
il se lèvera pour vous faire
miséricorde ; car
l'Éternel est un Dieu juste :
heureux tous ceux qui espèrent en
lui ! » (Es. 30,18). Néanmoins, nous ne
pouvons pas oublier qu'Il est aussi un
Dieu qui juge. C'est le
péché d'orgueil, vieux comme
le monde, qui veut se dresser contre Lui.
Que des hommes pensent pouvoir expliquer
à l'Éternel comment Il
aurait pu et dû agir
différemment, quelle
stupidité et quelle
insolence !
En tant que
chrétiens, nous
préférons tourner
l'épée de l'Esprit contre
notre propre coeur et nous humilier devant
Dieu ! Il est écrit en
1 Pierre 5,5-6: « Dieu résiste aux
orgueilleux, mais il fait grâce aux
humbles. Humiliez-vous donc sous la
puissante main de Dieu, afin qu'il vous
élève au temps
convenable. » Et 2 Corinthiens
5,10 de nous
rappeler :
« Car il nous faut tous
comparaître devant le tribunal de
Christ, afin que chacun reçoive
selon le bien ou le mal qu'il aura fait,
étant dans son
corps. » Le regard de
flamme de Dieu distingue absolument tout.
Moralement nus, nous paraîtrons un
jour devant le tribunal de Christ ;
tout sera alors
révélé, même ce
que nous aimerions cacher et
également ce que nous avons
oublié. Nous voyons en Matthieu 7,1-4 avec quel sérieux
Jésus considère ces
choses : « Ne jugez point, a fin que
vous ne soyez point jugés. Car on
vous jugera du jugement dont vous jugez,
et l'on vous mesurera avec la mesure dont
vous mesurez. Pourquoi vois-tu la paille
qui est dans l'oeil de ton frère,
et n'aperçois-tu pas la poutre qui
est dans ton oeil ? Ou comment
peux-tu dire à ton
frère : Laisse-moi ôter
une paille de ton oeil, toi qui as une
poutre dans le
tien ? » Tout aussi importante
est cette parole figurant en Matthieu
12,36: « Je vous le dis, au jour du
jugement, les hommes rendront compte de
toute parole vaine qu'ils auront
proférée. » Le bilan sera
immanquablement dressé. C'est ce
que l'apôtre Paul déclare en
Romains 14,12: « Ainsi chacun de nous rendra
compte à Dieu pour
lui-même. »
Ne devons-nous pas
trembler, nous effrayer ? Mais voici
que Paul nous présente une
merveilleuse issue en 1 Corinthiens
11,31:
« Si nous nous jugions
nous-mêmes, nous ne serions pas
jugés. » Comme enfants de Dieu,
nous devons, hélas,
régulièrement faire la
triste constatation que nous
péchons. Se juger soi-même
signifie Lui confesser ses
péchés, s'en humilier et
implorer Son pardon. L'Écriture
nous enseigne aussi que nous rencontrons
un Juge miséricordieux, si nous
pratiquons nous-mêmes la
miséricorde :
« Heureux les
miséricordieux, car ils obtiendront
miséricorde ! » (Matth. 5,7). Un amour refroidi ne
connaît pas la pitié. Par
contre, il y a pour nous l'amour de
Jésus qui s'est offert sans
réserve, un amour duquel nous
vivons et que nous devons
répandre !
BURKHARO
VETSCH
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