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Appel de minuit

n° 5-mai -2002
Texte intégral

 

Plaidoyer pour la prophétie biblique

Un plaidoyer est un discours prononce devant un tribunal pour défendre une cause, une sorte de conclusion. Dans un sens, Matthieu 24,44-51 peut être considéré comme un discours récapitulatif des déclarations faites précédemment dans le même chapitre. Dans Son plaidoyer, le Seigneur en vient au point essentiel de Son exposé sur le temps de la fin et Il nous exhorte à la vigilance. Il y a là, entre autres, la nécessité de nous occuper sérieusement de la Parole prophétique et de veiller à ce que d'autres la reçoivent.
NORBERT LIETH

Il est écrit en Matthieu 24,44-51: « C'est pourquoi, vous aussi, tenez-vous prêts, car le Fils de l'homme viendra à l'heure où vous n'y penserez pas. Quel est donc le serviteur fidèle et prudent, que son maître a établi sur ses gens, pour leur donner la nourriture au temps convenable ? Heureux ce serviteur, que son maître, à son arrivée, trouvera faisant ainsi ! Je vous le dis en vérité, il l'établira sur tous ses biens. Mais, si c'est un méchant serviteur, qui dise en lui-même : Mon maître tarde à venir, s'il se met à battre ses compagnons, s'il mange et boit avec les ivrognes, le maître de ce serviteur viendra le jour où il ne s'y attend pas et à l'heure qu'il ne connaît pas, il le mettra en pièces et lui donnera sa part avec les hypocrites : c'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents. » Il est ici question d'un serviteur ayant à s'occuper activement de la nourriture à apporter. Il a la mission concrète de prendre soin chaque jour des habitants de la maison de son maître. S'il s'acquitte de cette tâche consciencieusement, ce dernier, à son retour, récompensera sa fidélité.

Que faut-il entendre par « nourriture au temps convenable » ? La distribution de la Parole prophétique en parlant inlassablement du retour de Jésus. Dans le texte parallèle de Luc 12,42, il est écrit : « ... la nourriture au temps convenable ... » ou, selon la version Darby : « ... au temps convenable leur ration de blé... ».

Nous devons considérer ces versets en rapport avec les déclarations de Jésus en Matthieu 24, où Il parle exclusivement de Son retour. Il y donne un aperçu prophétique des derniers jours. Et dans ce contexte, Il mentionne la nécessité de distribuer la Parole prophétique comme « nourriture au temps convenable ». Plus les signes deviennent évidents, plus il importe de faire ce qui doit l'être. Qu'il s'agisse de la préparation intérieure à Sa venue, le Seigneur le souligne par les pensées du méchant serviteur, qui dit dans son coeur : « Mon maître tarde à venir. » Il est question concrètement de l'attente.

La Parole prophétique de Dieu avec sa prédication n'est nullement le dada de prédicateurs bien déterminés ; elle est bien plutôt d'une urgente nécessité pour notre temps et constitue un ordre du Seigneur : « ... Et nous tenons pour d'autant plus certaine la parole prophétique, à laquelle vous faites bien de prêter attention... » (2 Pierre 1, 19).

Le sens littéral
Selon moi, les chapitres 24 et 25 de l'Évangile de Matthieu s'occupent essentiellement de la situation d'Israël durant les sept dernières années et la grande tribulation, et cela dans l'optique du retour visible de Jésus-Christ avec puissance et en gloire (Matth. 24,30). Dans cette portion de l'Écriture, le Seigneur Jésus ne parle pas de Son Église, mais du peuple d'Israël ; en effet, il mentionne par exemple les toits plats en Israël (v. 17), les Israéliennes enceintes et celles qui allaitent (v. 19) et le sabbat (v.20).

Quant au « serviteur fidèle », il s'agit, à mon sens, du reste fidèle d'Israël qui, pendant les sept dernières années, viendra à la foi en Jésus-Christ, le Messie. Quand l'Eglise sera enlevée, la semence des juifs messianiques, aujourd'hui disperses en Israël, poussera. Ce seront les 144.000 scellés (Apoc. 7,4ss) et les « deux témoins » (Apoc. 11,3ss) qui entreront en scène et annonceront l'Ancien et le Nouveau Testament. Un réveil interviendra ensuite dans le pays. De nombreux Juifs se tourneront vers Jésus-Christ. Ces croyants prouveront leur fidélité au Seigneur durant la dure période de la tribulation et enseigneront le peuple juif sur le retour imminent du Christ. Ils lui apporteront la nourriture de la Parole prophétique. Quand la terre entière passera par les jugements divins, ils distribueront « la bonne nourriture au temps convenable » - extraite du livre de l'Apocalypse - et diront : « Voyez, les prophéties s'accomplissent ! »

Quand le Seigneur reviendra au terme de ces sept années, en récompense Il « établira sur tous ses biens » (Matth. 24,47) ce résidu juif fidèle. Ses « biens », c'est-à-dire, Ses « possessions », s'étendront jusqu'aux bouts de la terre et comprendront les nations durant le règne millénaire. Ce résidu régnera avec le Messie sur tout cet avoir : « Mais les saints du Très-Haut recevront le royaume... » (Dan. 7,18).

Le « méchant serviteur » est, selon moi, le judaïsme apostat des sept dernières années. Il y aura une formidable division au sein du peuple juif. Ils seront nombreux à se détourner radicalement de la foi des pères (2 Pierre 3,4) pour entrer dans l'alliance avec l'Antichrist (Dan. 9,27). Ils trahiront leurs propres frères, ne croiront pas au retour du Messie, et « frapperont » leurs concitoyens (Matth. 24,10). L'amour se refroidira en eux, parce que l'impiété opérera avec une totale efficacité par « l'homme de péché » (2 Thess. 2,7-8). Il est écrit dans la version Darby : « ... parce que l'iniquité prévaudra, l'amour de plusieurs sera refroidi » (Matth. 24,12). Que faut-il entendre par ces « plusieurs » ? Ni le monde qui, de toute façon, n'aime pas Dieu ; ni l'Eglise qui aura été enlevée avant la tribulation. Ce mot « plusieurs » recouvre la masse du peuple juif, car Matthieu 24 se rapporte à la situation des Juifs immédiatement avant le retour visible de Jésus-Christ. Oui, beaucoup apostasieront de la foi des pères. Aujourd'hui déjà, Israël ne s'informe plus de Dieu ; il s'est engagé dans un chemin séculier et est prêt à accepter toute forme de paix.

L'expression « les plusieurs » est dérivée de Daniel 9,27: « Il fera une solide alliance avec plusieurs pour une semaine (= sept ans), et durant la moitié de la semaine il fera cesser le sacrifice et l'offrande ; le dévastateur commettra les choses les plus abominables, jusqu'à ce que la ruine et ce qui a été résolu fondent sur le dévastateur. » Par contre, il est dit du « serviteur fidèle » : « Ceux qui auront été intelligents brilleront comme la splendeur du ciel, et ceux qui auront enseigné la justice à la multitude brilleront comme les étoiles, à toujours et à perpétuité » (Dan. 12,3). Les « bons serviteurs » annonceront aux « plusieurs » (le peuple juif) l'Évangile du royaume, la justice de Christ et Son retour imminent. Mais nombreux seront ceux qui ne croiront pas et se tourneront vers le faux Messie.

Celui qui, parmi les juifs, se comportera comme un « méchant serviteur » pendant la grande tribulation jusqu'au retour du Seigneur et ne se laissera pas détourner de sa mauvaise voie, n'aura aucune part dans le règne millénaire ; c'est ce que le Seigneur Jésus exprime par ces mots solennels : « ... il le mettra en pièces et lui donnera sa part avec les hypocrites : c'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents » (Matth. 24,51). Ezéchiel déjà l'avait prophétisé : « ... ils n'iront pas dans le pays d'Israël »

(Ezéch. 20,37-38). Au judaïsme apostat s'appliquera cette parole de Pierre : « ... dans les derniers jours, il viendra des moqueurs avec leurs railleries, marchant selon leurs propres convoitises, et disant. Où est la promesse de son avènement ? Car, depuis que les pères sont morts, tout demeure comme dès le commencement de la création » (2 Pi. 3,3-4 ; cf. Ezéch. 12,21 ss). Les deux épîtres de Pierre s'adressent aux Juifs (1 Pi. 1, 1 ; 2 Pi. 3, 1) ; et par le concept « les pères », il faut comprendre les pères de la foi du judaïsme.

L'application à notre temps
Il est écrit en Matthieu 24,45-46: « Quel est donc le serviteur fidèle et prudent, que son maître a établi sur ses gens, pour leur donner la nourriture au temps convenable ? Heureux ce serviteur que son maître, à son arrivée, trouvera faisant ainsi ! » Qu'est-ce que « la nourriture au temps convenable » ?

1. Je vois également dans cette « nourriture au temps convenable » un avertissement adressé à l'Eglise du Seigneur. Étant donné les événements de ces derniers jours, nous devons veiller à ne pas passer dans nos paroles à côté de l'essentiel, mais à annoncer ce que l'Esprit nous dit. Cela inclut naturellement tout le conseil de Dieu, mais en particulier la prophétie biblique.

Les secousses des derniers mois, les troubles en Israël, l'attaque portée contre l'Amérique, l'extension excessive du terrorisme, le danger et les bruits de guerre, la crise économique mondiale, l'impiété grandissante, etc. sont des signes avant-coureurs de la grande tribulation qui débouchera sur le retour de Jésus-Christ.

Il semble que les bourrasques du jugement gagnent en force et se font plus fréquentes. Le prophète Aggée résume ainsi la situation : « Car ainsi dit l'Éternel des armées : Encore une fois, ce sera dans peu de temps, et j'ébranlerai les cieux et la terre, et la mer et la terre sèche ; et j'ébranlerai toutes les nations ; et l'objet du désir de toutes les nations viendra » (Aggée 2,6-7 ; version Darby).

Y a-t-il une bonne nouvelle pour notre planète, qui connaît des secousses d'un caractère gravissime ? Y a-t-il un message pour notre monde, qui souffre de la guerre et du terrorisme, où tous les efforts de paix échouent et où la situation va s'aggravant ? Oui ! Cette nouvelle est : JÉSUS VIENT BIENTÔT ! C'est le seul espoir pour notre monde, un espoir à la réalisation duquel toute la création aspire (Rom. 8,22-23).

2. Par « nourriture au temps convenable », je comprends aussi que, selon 2 Pierre 1, 19, nous devons prêter attention à la Parole prophétique comme nourriture solide pour notre temps, et nous en occuper.

Il est écrit au début du livre de l'Apocalypse de Jésus-Christ : « Heureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de la prophétie, et qui gardent les choses qui y sont écrites ! Car le temps est proche » (Apoc. 1,3). Et à la fin de ce même livre, nous lisons : « Et voici, je viens bientôt. - Heureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce livre ! » (Apoc. 22,7).

3. La « nourriture au temps convenable » est pour moi une indication à bien discerner les signes du temps pour pouvoir dire à l'humanité ce qui doit être fait maintenant. Le serviteur intelligent savait quelle nourriture il devait distribuer et à quel moment.

Quand le moment vint de faire David roi à Hébron, ceci se produisit : « De la demi-tribu de Manassé, dix-huit mille, qui furent nominativement désignés pour aller établir roi David. Des fils d'Issacar, ayant l'intelligence des temps pour savoir ce que devait faire Israël... » (1 Chron. 12,31-32). Darby traduisit cette dernière proposition comme suit : Les fils d'Issacar « savaient discerner le temps pour savoir ce que devait faire Israël », ou, en français courant : « ... des hommes sachant tous discerner quand et comment les Israélites devaient agir »

En 1755, John Wesley envoya à son frère Charles une lettre, dans laquelle il décrivait par ces mots la disposition intérieure qui convient dans l'optique du retour de Christ : « Je sais que beaucoup se sont trompés sur l'année de Son retour, mais devons-nous devenir déraisonnables à cause de telles affirmations prématurées ? Parce qu'ils disent 'aujourd'hui', devons-nous prononcer un 'jamais' et 'paix, paix', alors que nous devons scruter l'horizon, remplis d'espoir ? » (1)

Gérard Kramer a écrit : « Nous devrions peut-être nous demander pourquoi il se fait que nous ne sommes pas plus sensibilisés par le retour de Jésus-Christ. » (2) William McDonald a dit sur ce même thème : « Il ne suffit pas de nous accrocher à la vérité de Son retour ; c'est cette vérité qui doit nous accrocher fermement. » Jean Calvin déjà avait fait cette remarque : « La prière la plus importante des croyants devrait être que les pensées soient pleinement axées sur le retour de Jésus. » (3) Et l'héritage spirituel de l'apôtre Paul tient en ces mots : « J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi. Désormais la couronne de justice m'est réservée ; le Seigneur, le juste juge, me la donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais encore à tous ceux qui auront aimé son avènement » (2 Tim. 4,7-8).

Les effets de la « nourriture au temps convenable »
1. La « nourriture au temps convenable » nous fait prendre conscience de l'espérance vivante et la maintient en nous. Paul écrit au sujet de l'enlèvement : « ... afin que vous ne vous affligiez pas comme les autres qui n'ont point d'espérance. ... Ensuite, nous les vivants, qui serons restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur Consolez-vous donc les uns les autres par ces paroles » (1 Thess. 4,13.17-18). Autrement dit : Vous connaissez maintenant la tribulation, l'angoisse et les larmes, mais soyez consolés, car les choses ne resteront pas ainsi. jésus vient ! Il essuiera toutes les larmes des yeux de Ses rachetés (Apoc. 7,17 ; 21,4). Vous serez alors dans une allégresse indescriptible pour louer Celui « que vous aimez sans l'avoir vu, en qui vous croyez sans le voir encore » (1 Pi. 1, 8).

Gerhard Kramer pose cette question : « Cette espérance vit-elle réellement en vous ? Nous devrions chaque matin y penser à notre réveil : 'Aujourd'hui peut-être !' Et avant de nous endormir le soir : 'Peut-être cette nuit !' Et de la journée, pensons-nous au fait que le Seigneur pourrait soudainement nous appeler à aller à Sa rencontre dans les airs ? ... Ou bien tout cela semble-t-il quelque peu exagéré, tordu, voire même un tant soit peu névrosé ? - L'attente quotidienne du retour du Seigneur Jésus devrait être l'état normal de chaque chrétien. »

Qu'en est-il pour nous ? Ne se fait-il pas souvent de nos jours que de nombreux chrétiens n'incluent plus l'enlèvement dans leur vie de foi ? Ils l'ont mis à l'arrière-plan selon cette devise : « Mon maître ne reviendra pas de sitôt. » Ils ont oublié ou ne savent pas encore qu'il n'y aura aucun signe annonciateur de l'enlèvement de l'Eglise, ces signes étant sans exception pour le temps du retour de Jésus-Christ avec puissance et en gloire. Si, aujourd'hui, nous pouvons déjà voir les premiers signes de ce temps, c'est que l'enlèvement est proche, puisqu'il se produira avant la grande tribulation. Que signifie encore pour nos églises et nos assemblées la venue de Jésus pour l'enlèvement ?

Elle est encore à peine un sujet de prédication. On parle de tout, on philosophe et on prêche, mais c'est très rarement qu'on entend poser cette question pourtant décisive : « Es-tu prêt à rencontrer Jésus ? »

Martin Luther a dit dans un sermon sur la consolation que l'espoir du retour de Christ est pour un chrétien d'une nécessité absolue : « Si vous n'êtes pas rempli du brûlant désir de voir cette journée, nous ne pouvez dès lors prononcer le 'Notre Père'. Si vous y croyez, vous devez nécessairement aspirer de tout coeur à voir ce jour pointer ; mais si vous n'avez pas cette aspiration, c'est que vous n'êtes pas encore un chrétien qui peut faire état de sa foi. » Ces paroles de Luther ont été commentées de cette manière : « Dans tout le Nouveau Testament, nous trouvons régulièrement des exhortations à tenir ferme l'espérance du retour de notre Seigneur comme point central de notre vie spirituelle. La bienheureuse espérance de l'enlèvement ne doit en aucun cas n'être qu'un intéressant thème secondaire dans l'étude de la Parole prophétique ; elle doit constituer un important pilier de notre vie spirituelle. »

2. La « nourriture au temps convenable » est le plus puissant moyen de sanctification.
Pourquoi Hénoc vivait-il dans une étroite relation avec son Dieu ? Nous lisons à son sujet : « Hénoc marcha avec Dieu ; puis il ne fut plus, parce que Dieu le prit » (Gen. 5,24). La réponse à cette question se trouve dans l'épître de Jude : « C'est aussi pour eux qu'Énoch, le septième depuis Adam, a prophétisé en ces termes : Voici, le Seigneur est venu avec ses saintes myriades » (Jude 14). Voici plusieurs millénaires déjà, Hénoc savait déjà et annonçait : Le Seigneur revient ! Cette connaissance fit de lui un autre homme.

Un caractère remarquable d'un chrétien est l'attitude du serviteur fidèle, vigilant et qui attend (d'une servante aussi). Floyd Elmore affirme : « La seule possibilité pour l'Eglise de Christ d'éviter le monde et d'être réellement une réside dans une opération de l'Esprit par la prédication de la Parole et dans une vie d'attente du retour du Seigneur. » (4) Et le Dr Kling écrit : « La vraie attente de la venue de Christ ne nous laisse ni oisifs ni stériles, mais elle nous remplit d'un grand zèle mis à utiliser constamment chaque don spirituel de manière appropriée et à l'améliorer. » (5)

L'attente ardente du retour de Jésus a nécessairement des effets sur notre vie quotidienne : « Puisque donc toutes ces choses doivent se dissoudre, quelles ne doivent pas être la sainteté de votre conduite et votre Piété, tandis que vous attendez et hâtez l'avènement du jour de Dieu... C'est pourquoi, bien-aimés, en attendant ces choses, appliquez-vous à être trouvés par lui sans tache et irrépréhensibles dans la paix » (2 Pierre 3,11-12.14). « ... parce que nous le verrons tel qu'il est. Quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui-même est pur » (1 Jean 3,2-3). Celui qui pense pouvoir se sanctifier sans l'espérance vivante du retour du Seigneur se trompe lourdement, car la véritable sanctification se réalise par l'Esprit de Dieu. Ce qu'Il fait nous est décrit en Jean 16, 13: « Quand le consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir »

La connaissance de la prophétie biblique apporte au croyant de multiples bénédictions :

  • Elle procure de la joie au milieu de la tentation (2 Cor. 4,17).
  • Elle encourage à la pureté et à une vie sainte (1 Jean 3,3).
  • Elle est - comme toute l'Écriture Sainte - utile pour la marche chrétienne (2 Tim. 3,16-17).
  • Elle nous éclaire sur la vie après la mort (2 Cor. 5,8).
  • Elle nous enseigne sur la fin du monde.
  • Elle prouve la fiabilité de toute l'Ecriture, car toutes les promesses qui ont été réalisées ne sont nullement des produits du hasard.
  • Elle porte notre coeur à l'adoration de Dieu, qui tient en Ses mains l'Histoire et qui accomplira Sa volonté.

Le manque d'intérêt pour la prophétie entraîne la perte de ces bénédictions.

L'esclave fidèle et prudent
Il est dit de lui : « Quel est donc le serviteur fidèle et prudent, que son maître a établi sur ses gens, pour leur donner la nourriture au temps convenable ? Heureux ce serviteur, que son maître, à son arrivée, trouvera faisant ainsi ! » (Matth. 24,45-46).

La fidélité et la prudence se manifestent dans l'attente et dans la prédication du retour de Jésus. Une question tout à fait pratique : Quand faut-il manger ? Chaque jour. Il faut préparer : cuire, dresser la table, servir et inviter à se mettre à table. Toute la maison est remplie de l'odeur de la bonne nourriture. Il est tout aussi important de compter quotidiennement avec la venue de Jésus.

Le Seigneur affirme qu'Il veut trouver Son serviteur faisant ainsi (v. 46). Distribuer « la nourriture au moment convenable » ne peut être laissé au hasard, être fait une fois pour être ensuite abandonné. Non, il faut y revenir chaque jour !

Le méchant serviteur
Il est écrit à son sujet en Matthieu 24,48-49: « Mais, si c'est un méchant serviteur, qui dise en lui-même : Mon maître tarde à venir, s'il se met à battre ses compagnons, s'il mange et boit avec les ivrognes... » L'infidélité et la méchanceté se manifestent dans le fait que l'on n'attend pas chaque jour le retour du Seigneur.

Le méchant serviteur pense aussi au manger, mais d'un tout autre point de vue. Alors que le prudent serviteur a devant les yeux la nourriture pour l'avenir, le méchant se concentre uniquement sur le temps actuel, comme les gens aux jours précédant le déluge : « ... les hommes mangeaient et bavaient, se mariaient et mariaient leurs enfants, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche » (Matth. 24,38).

À côté du nécessaire qui doit être fait chaque jour, de quoi vous occupez-vous le plus : de l'avenir, du royaume de Dieu, de la préparation à l'enlèvement ? Oeuvrez-vous pour que soit aimée l'apparition de Jésus ? Cela est-il pour vous un besoin que vous présentez à Dieu par la prière ? Avez-vous fort à coeur de faire savoir à vos semblables oralement et par écrit que le Seigneur vient et que Sa parole prophétique s'accomplit ?

Ou serait-ce que vous soyez le plus souvent occupé de vous-même ? Tout tourne-t-il autour de vous, du temps présent, de votre propre carrière et de celle de vos enfants ? Avez-vous toujours quelque chose à critiquer chez vos semblables ? Vous mettez-vous constamment à l'avant-plan en abaissant les autres ? Accablez-vous votre prochain par de mauvaises paroles, lui écrivez-vous des lettres infamantes ; dites-vous du mal de lui dans son dos et le déchirez-vous à belles dents ?

Quant à la Parole prophétique, de nombreuses personnes se contentent d'une constatation lapidaire, à savoir que personne ne connaît ni le jour ni l'heure du retour de Jésus-Christ (Matth. 24,26). C'est exact, mais le Seigneur ne veut pas que nous nous reposions tranquillement sur cette déclaration. Théoriquement, il y a moyen de connaître un tas de choses sur le retour de Jésus sans L'attendre pour autant.

Le méchant serviteur ne pense pas que son maître ne reviendra plus jamais ; lui aussi envisage son retour. Mais, et c'est là son malheur, il croit qu'il se fera attendre longtemps encore. Il ne le dit pas publiquement, tout au plus dans un cercle plus étroit. Selon lui, bien des choses doivent encore se produire avant ce retour. Il se réfère peut-être même à des textes bibliques bien précis pour étayer sa pensée.

L'Ennemi a pu séduire de telles personnes. La venue du Seigneur sera pour elles une véritable surprise, car elle ne sera précédée d'aucun signe : « ... le maître de ce serviteur viendra le jour où il ne s' y attend pas et à l'heure qu'il ne connaît pas » (Matth. 24,50).

Votre attitude intérieure montre dans quelle mesure vous êtes réellement sanctifié : attendez-vous Jésus d'un coeur brûlant, ou cela vous est-il indifférent ? Ne parlez pas de sanctification, si votre attente de Sa venue n'est pas vive ! Wim Malgo a écrit : « Si vous vous êtes vraiment détourné des idoles pour servir le Seigneur, vous ne pouvez faire autrement que de L'attendre. » Le Seigneur Jésus Lui-même se réjouit, quand Il considère Ses serviteurs et Ses servantes, qui aspirent à Le voir venir, donner à leurs semblables la nourriture qui convient au moment opportun : « Heureux ce serviteur, que son maître, à son arrivée, trouvera faisant ainsi ! » (Matth. 24,46). Il est grand temps que nous nous levions pour faire ainsi !



1 Wenn die Posaune erschallt (= Quand la trompette sonnera), Thomas lce &Timothy Demy, 1ère édition, février 2000, Pfäffikon ZH, p. 134/135 ;

2 Fest und Treu (= Ferme et fidèle), n° 82/98 ;

3 comme 1, p. 133 ;

4 comme 1, p. 142 ;

5 comme 1, p. 132

 

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