Appel de minuit
n° 5-mai -2002
Texte
intégral
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Plaidoyer
pour la prophétie
biblique
Un plaidoyer est un
discours prononce devant un tribunal pour
défendre une cause, une sorte de
conclusion. Dans un sens, Matthieu
24,44-51
peut être considéré
comme un discours récapitulatif des
déclarations faites
précédemment dans le
même chapitre. Dans Son plaidoyer,
le Seigneur en vient au point essentiel de
Son exposé sur le temps de la fin
et Il nous exhorte à la vigilance.
Il y a là, entre autres, la
nécessité de nous occuper
sérieusement de la Parole
prophétique et de veiller à
ce que d'autres la
reçoivent.
NORBERT
LIETH
Il est écrit
en Matthieu
24,44-51:
« C'est pourquoi, vous aussi,
tenez-vous prêts, car le Fils de
l'homme viendra à l'heure où
vous n'y penserez pas. Quel est donc le
serviteur fidèle et prudent, que
son maître a établi sur ses
gens, pour leur donner la nourriture au
temps convenable ? Heureux ce
serviteur, que son maître, à
son arrivée, trouvera faisant
ainsi ! Je vous le dis en
vérité, il l'établira
sur tous ses biens. Mais, si c'est un
méchant serviteur, qui dise en
lui-même : Mon maître
tarde à venir, s'il se met à
battre ses compagnons, s'il mange et boit
avec les ivrognes, le maître de ce
serviteur viendra le jour où il ne
s'y attend pas et à l'heure qu'il
ne connaît pas, il le mettra en
pièces et lui donnera sa part avec
les hypocrites : c'est là
qu'il y aura des pleurs et des grincements
de dents. » Il est ici
question d'un serviteur ayant à
s'occuper activement de la nourriture
à apporter. Il a la mission
concrète de prendre soin chaque
jour des habitants de la maison de son
maître. S'il s'acquitte de cette
tâche consciencieusement, ce
dernier, à son retour,
récompensera sa
fidélité.
Que faut-il
entendre par « nourriture au
temps convenable » ? La
distribution de la Parole
prophétique en parlant
inlassablement du retour de Jésus.
Dans le texte parallèle de
Luc 12,42, il est écrit :
« ... la nourriture au temps
convenable ... » ou, selon la version
Darby : « ... au temps convenable leur
ration de
blé... ».
Nous devons
considérer ces versets en rapport
avec les déclarations de
Jésus en Matthieu 24, où Il parle
exclusivement de Son retour. Il y donne un
aperçu prophétique des
derniers jours. Et dans ce contexte, Il
mentionne la nécessité de
distribuer la Parole prophétique
comme « nourriture au temps
convenable ». Plus les signes
deviennent évidents, plus il
importe de faire ce qui doit l'être.
Qu'il s'agisse de la préparation
intérieure à Sa venue, le
Seigneur le souligne par les
pensées du méchant
serviteur, qui dit dans son coeur :
« Mon maître tarde
à venir. » Il est question
concrètement de
l'attente.
La Parole
prophétique de Dieu avec sa
prédication n'est nullement le dada
de prédicateurs bien
déterminés ; elle est
bien plutôt d'une urgente
nécessité pour notre temps
et constitue un ordre du Seigneur :
« ... Et nous tenons pour
d'autant plus certaine la parole
prophétique, à laquelle vous
faites bien de prêter
attention... » (2 Pierre 1, 19).
Le sens
littéral
Selon moi, les
chapitres
24 et 25 de l'Évangile de
Matthieu
s'occupent essentiellement de la situation
d'Israël durant les sept
dernières années et la
grande tribulation, et cela dans l'optique
du retour visible de Jésus-Christ
avec puissance et en gloire (Matth. 24,30). Dans cette portion de
l'Écriture, le Seigneur
Jésus ne parle pas de Son
Église, mais du peuple
d'Israël ; en effet, il
mentionne par exemple les toits plats en
Israël (v. 17), les Israéliennes
enceintes et celles qui allaitent
(v. 19) et le sabbat (v.20).
Quant au
« serviteur
fidèle », il s'agit,
à mon sens, du reste fidèle
d'Israël qui, pendant les sept
dernières années, viendra
à la foi en Jésus-Christ, le
Messie. Quand l'Eglise sera
enlevée, la semence des juifs
messianiques, aujourd'hui disperses en
Israël, poussera. Ce seront les
144.000 scellés (Apoc. 7,4ss) et les « deux
témoins » (Apoc. 11,3ss) qui entreront en
scène et annonceront l'Ancien et le
Nouveau Testament. Un réveil
interviendra ensuite dans le pays. De
nombreux Juifs se tourneront vers
Jésus-Christ. Ces croyants
prouveront leur fidélité au
Seigneur durant la dure période de
la tribulation et enseigneront le peuple
juif sur le retour imminent du Christ. Ils
lui apporteront la nourriture de la Parole
prophétique. Quand la terre
entière passera par les jugements
divins, ils distribueront « la
bonne nourriture au temps
convenable » - extraite du livre
de l'Apocalypse - et diront :
« Voyez, les prophéties
s'accomplissent ! »
Quand le
Seigneur reviendra au terme de ces sept
années, en récompense Il
« établira sur tous ses
biens » (Matth. 24,47) ce résidu juif
fidèle. Ses
« biens »,
c'est-à-dire, Ses
« possessions »,
s'étendront jusqu'aux bouts de la
terre et comprendront les nations durant
le règne millénaire. Ce
résidu régnera avec le
Messie sur tout cet avoir :
« Mais les saints du
Très-Haut recevront le
royaume... » (Dan. 7,18).
Le
« méchant
serviteur » est, selon moi, le
judaïsme apostat des sept
dernières années. Il y aura
une formidable division au sein du peuple
juif. Ils seront nombreux à se
détourner radicalement de la foi
des pères (2 Pierre 3,4) pour entrer dans l'alliance
avec l'Antichrist (Dan. 9,27). Ils trahiront leurs
propres frères, ne croiront pas au
retour du Messie, et
« frapperont » leurs
concitoyens (Matth. 24,10). L'amour se refroidira en
eux, parce que l'impiété
opérera avec une totale
efficacité par « l'homme
de péché »
(2 Thess.
2,7-8). Il est écrit dans la
version Darby :
« ... parce que
l'iniquité prévaudra,
l'amour de plusieurs sera
refroidi » (Matth. 24,12). Que faut-il entendre par ces
« plusieurs » ?
Ni le monde qui, de toute façon,
n'aime pas Dieu ; ni l'Eglise qui
aura été enlevée
avant la tribulation. Ce mot
« plusieurs » recouvre
la masse du peuple juif, car Matthieu 24 se rapporte à la
situation des Juifs immédiatement
avant le retour visible de
Jésus-Christ. Oui, beaucoup
apostasieront de la foi des pères.
Aujourd'hui déjà,
Israël ne s'informe plus de
Dieu ; il s'est engagé dans un
chemin séculier et est prêt
à accepter toute forme de
paix.
L'expression
« les plusieurs » est
dérivée de Daniel 9,27: « Il fera une solide alliance
avec plusieurs pour une semaine (= sept
ans), et durant la moitié de la
semaine il fera cesser le sacrifice et
l'offrande ; le dévastateur
commettra les choses les plus abominables,
jusqu'à ce que la ruine et ce qui a
été résolu fondent
sur le
dévastateur. » Par contre, il est dit
du « serviteur
fidèle » :
« Ceux qui auront
été intelligents brilleront
comme la splendeur du ciel, et ceux qui
auront enseigné la justice à
la multitude brilleront comme les
étoiles, à toujours et
à
perpétuité » (Dan. 12,3). Les « bons
serviteurs » annonceront aux
« plusieurs » (le
peuple juif) l'Évangile du royaume,
la justice de Christ et Son retour
imminent. Mais nombreux seront ceux qui ne
croiront pas et se tourneront vers le faux
Messie.
Celui qui, parmi
les juifs, se comportera comme un
« méchant
serviteur » pendant la grande
tribulation jusqu'au retour du Seigneur et
ne se laissera pas détourner de sa
mauvaise voie, n'aura aucune part dans le
règne millénaire ;
c'est ce que le Seigneur Jésus
exprime par ces mots solennels :
« ... il le mettra en
pièces et lui donnera sa part avec
les hypocrites : c'est là
qu'il y aura des pleurs et des grincements
de dents » (Matth. 24,51). Ezéchiel
déjà l'avait
prophétisé :
« ... ils n'iront pas dans le
pays d'Israël »
(Ezéch.
20,37-38).
Au judaïsme apostat s'appliquera
cette parole de Pierre :
« ... dans les derniers
jours, il viendra des moqueurs avec leurs
railleries, marchant selon leurs propres
convoitises, et disant. Où est la
promesse de son avènement ?
Car, depuis que les pères sont
morts, tout demeure comme dès le
commencement de la
création » (2 Pi. 3,3-4 ; cf. Ezéch. 12,21
ss). Les
deux épîtres de Pierre
s'adressent aux Juifs (1 Pi. 1, 1 ; 2 Pi. 3, 1) ; et par le concept
« les pères »,
il faut comprendre les pères de la
foi du judaïsme.
L'application
à notre temps
Il est
écrit en Matthieu
24,45-46:
« Quel est donc le
serviteur fidèle et prudent, que
son maître a établi sur ses
gens, pour leur donner la nourriture au
temps convenable ? Heureux ce
serviteur que son maître, à
son arrivée, trouvera faisant
ainsi ! » Qu'est-ce que « la
nourriture au temps
convenable » ?
1. Je vois également
dans cette « nourriture au temps
convenable » un avertissement
adressé à l'Eglise du
Seigneur. Étant donné les
événements de ces derniers
jours, nous devons veiller à ne pas
passer dans nos paroles à
côté de l'essentiel, mais
à annoncer ce que l'Esprit nous
dit. Cela inclut naturellement tout le
conseil de Dieu, mais en particulier la
prophétie biblique.
Les secousses
des derniers mois, les troubles en
Israël, l'attaque portée
contre l'Amérique, l'extension
excessive du terrorisme, le danger et les
bruits de guerre, la crise
économique mondiale,
l'impiété grandissante, etc.
sont des signes avant-coureurs de la
grande tribulation qui débouchera
sur le retour de
Jésus-Christ.
Il semble que
les bourrasques du jugement gagnent en
force et se font plus fréquentes.
Le prophète Aggée
résume ainsi la situation :
« Car ainsi dit
l'Éternel des armées :
Encore une fois, ce sera dans peu de
temps, et j'ébranlerai les cieux et
la terre, et la mer et la terre
sèche ; et j'ébranlerai
toutes les nations ; et l'objet du
désir de toutes les nations
viendra » (Aggée
2,6-7 ;
version Darby).
Y a-t-il une
bonne nouvelle pour notre planète,
qui connaît des secousses d'un
caractère gravissime ? Y
a-t-il un message pour notre monde, qui
souffre de la guerre et du terrorisme,
où tous les efforts de paix
échouent et où la situation
va s'aggravant ? Oui ! Cette
nouvelle est : JÉSUS VIENT
BIENTÔT ! C'est le seul espoir
pour notre monde, un espoir à la
réalisation duquel toute la
création aspire (Rom. 8,22-23).
2. Par « nourriture
au temps convenable », je
comprends aussi que, selon 2 Pierre 1, 19, nous devons prêter
attention à la Parole
prophétique comme nourriture solide
pour notre temps, et nous en
occuper.
Il est
écrit au début du livre de
l'Apocalypse de Jésus-Christ :
« Heureux celui qui lit et ceux
qui entendent les paroles de la
prophétie, et qui gardent les
choses qui y sont écrites !
Car le temps est
proche » (Apoc. 1,3). Et à la fin de ce
même livre, nous lisons :
« Et voici, je viens
bientôt. - Heureux celui qui garde
les paroles de la prophétie de ce
livre ! » (Apoc. 22,7).
3. La « nourriture au
temps convenable » est pour moi
une indication à bien discerner les
signes du temps pour pouvoir dire à
l'humanité ce qui doit être
fait maintenant. Le serviteur intelligent
savait quelle nourriture il devait
distribuer et à quel
moment.
Quand le moment
vint de faire David roi à
Hébron, ceci se produisit :
« De la demi-tribu de
Manassé, dix-huit mille, qui furent
nominativement désignés pour
aller établir roi David. Des fils
d'Issacar, ayant l'intelligence des temps
pour savoir ce que devait faire
Israël... » (1 Chron.
12,31-32).
Darby traduisit cette dernière
proposition comme suit : Les fils
d'Issacar « savaient discerner le temps
pour savoir ce que devait faire
Israël », ou, en
français courant :
« ... des hommes sachant tous
discerner quand et comment les
Israélites devaient
agir »
En 1755, John
Wesley envoya à son frère
Charles une lettre, dans laquelle il
décrivait par ces mots la
disposition intérieure qui convient
dans l'optique du retour de Christ :
« Je sais que beaucoup se sont
trompés sur l'année de Son
retour, mais devons-nous devenir
déraisonnables à cause de
telles affirmations
prématurées ? Parce
qu'ils disent 'aujourd'hui', devons-nous
prononcer un 'jamais' et 'paix, paix',
alors que nous devons scruter l'horizon,
remplis d'espoir ? »
(1)
Gérard
Kramer a écrit :
« Nous devrions peut-être
nous demander pourquoi il se fait que nous
ne sommes pas plus sensibilisés par
le retour de
Jésus-Christ. »
(2) William
McDonald a dit sur ce même
thème : « Il ne
suffit pas de nous accrocher à la
vérité de Son retour ;
c'est cette vérité qui doit
nous accrocher fermement. » Jean
Calvin déjà avait fait cette
remarque : « La
prière la plus importante des
croyants devrait être que les
pensées soient pleinement
axées sur le retour de
Jésus. » (3) Et
l'héritage spirituel de
l'apôtre Paul tient en ces
mots : « J'ai combattu le bon combat,
j'ai achevé la course, j'ai
gardé la foi. Désormais la
couronne de justice m'est
réservée ; le Seigneur,
le juste juge, me la donnera dans ce
jour-là, et non seulement à
moi, mais encore à tous ceux qui
auront aimé son
avènement » (2 Tim. 4,7-8).
Les effets de la
« nourriture au temps
convenable »
1. La
« nourriture au temps
convenable » nous fait prendre
conscience de l'espérance vivante
et la maintient en nous. Paul écrit au sujet
de l'enlèvement :
« ... afin que vous ne vous
affligiez pas comme les autres qui n'ont
point d'espérance. ... Ensuite,
nous les vivants, qui serons
restés, nous serons tous ensemble
enlevés avec eux sur des
nuées, à la rencontre du
Seigneur dans les airs, et ainsi nous
serons toujours avec le Seigneur
Consolez-vous donc les uns les autres par
ces paroles » (1 Thess. 4,13.17-18). Autrement dit : Vous
connaissez maintenant la tribulation,
l'angoisse et les larmes, mais soyez
consolés, car les choses ne
resteront pas ainsi. jésus
vient ! Il essuiera toutes les larmes
des yeux de Ses rachetés
(Apoc. 7,17 ; 21,4). Vous serez alors dans une
allégresse indescriptible pour
louer Celui « que vous aimez
sans l'avoir vu, en qui vous croyez sans
le voir encore » (1 Pi. 1, 8).
Gerhard Kramer
pose cette question :
« Cette espérance
vit-elle réellement en vous ?
Nous devrions chaque matin y penser
à notre réveil :
'Aujourd'hui peut-être !' Et
avant de nous endormir le soir :
'Peut-être cette nuit !' Et de
la journée, pensons-nous au fait
que le Seigneur pourrait soudainement nous
appeler à aller à Sa
rencontre dans les airs ? ... Ou bien
tout cela semble-t-il quelque peu
exagéré, tordu, voire
même un tant soit peu
névrosé ? - L'attente
quotidienne du retour du Seigneur
Jésus devrait être
l'état normal de chaque
chrétien. »
Qu'en est-il
pour nous ? Ne se fait-il pas souvent
de nos jours que de nombreux
chrétiens n'incluent plus
l'enlèvement dans leur vie de
foi ? Ils l'ont mis à
l'arrière-plan selon cette
devise : « Mon maître
ne reviendra pas de
sitôt. » Ils ont
oublié ou ne savent pas encore
qu'il n'y aura aucun signe annonciateur de
l'enlèvement de l'Eglise, ces
signes étant sans exception pour le
temps du retour de Jésus-Christ
avec puissance et en gloire. Si,
aujourd'hui, nous pouvons
déjà voir les premiers
signes de ce temps, c'est que
l'enlèvement est proche, puisqu'il
se produira avant la grande tribulation.
Que signifie encore pour nos
églises et nos assemblées la
venue de Jésus pour
l'enlèvement ?
Elle est encore
à peine un sujet de
prédication. On parle de tout, on
philosophe et on prêche, mais c'est
très rarement qu'on entend poser
cette question pourtant
décisive : « Es-tu
prêt à rencontrer
Jésus ? »
Martin Luther a
dit dans un sermon sur la consolation que
l'espoir du retour de Christ est pour un
chrétien d'une
nécessité absolue :
« Si vous n'êtes pas
rempli du brûlant désir de
voir cette journée, nous ne pouvez
dès lors prononcer le 'Notre
Père'. Si vous y croyez, vous devez
nécessairement aspirer de tout
coeur à voir ce jour pointer ;
mais si vous n'avez pas cette aspiration,
c'est que vous n'êtes pas encore un
chrétien qui peut faire état
de sa foi. » Ces paroles de
Luther ont été
commentées de cette
manière : « Dans
tout le Nouveau Testament, nous trouvons
régulièrement des
exhortations à tenir ferme
l'espérance du retour de notre
Seigneur comme point central de notre vie
spirituelle. La bienheureuse
espérance de l'enlèvement ne
doit en aucun cas n'être qu'un
intéressant thème secondaire
dans l'étude de la Parole
prophétique ; elle doit
constituer un important pilier de notre
vie spirituelle. »
2. La
« nourriture au temps
convenable » est le plus
puissant moyen de
sanctification.
Pourquoi
Hénoc vivait-il dans une
étroite relation avec son
Dieu ? Nous lisons à son
sujet : « Hénoc marcha avec
Dieu ; puis il ne fut plus, parce que
Dieu le prit » (Gen. 5,24). La réponse à
cette question se trouve dans
l'épître de Jude :
« C'est aussi pour eux
qu'Énoch, le septième depuis
Adam, a prophétisé en ces
termes : Voici, le Seigneur est venu
avec ses saintes
myriades » (Jude 14). Voici plusieurs
millénaires déjà,
Hénoc savait déjà et
annonçait : Le Seigneur
revient ! Cette connaissance fit de
lui un autre homme.
Un
caractère remarquable d'un
chrétien est l'attitude du
serviteur fidèle, vigilant et qui
attend (d'une servante aussi). Floyd
Elmore affirme : « La seule
possibilité pour l'Eglise de Christ
d'éviter le monde et d'être
réellement une réside dans
une opération de l'Esprit par la
prédication de la Parole et dans
une vie d'attente du retour du
Seigneur. » (4) Et le Dr
Kling écrit : « La
vraie attente de la venue de Christ ne
nous laisse ni oisifs ni stériles,
mais elle nous remplit d'un grand
zèle mis à utiliser
constamment chaque don spirituel de
manière appropriée et
à l'améliorer. »
(5)
L'attente
ardente du retour de Jésus a
nécessairement des effets sur notre
vie quotidienne :
« Puisque donc toutes ces
choses doivent se dissoudre, quelles ne
doivent pas être la sainteté
de votre conduite et votre
Piété, tandis que vous
attendez et hâtez l'avènement
du jour de Dieu... C'est pourquoi,
bien-aimés, en attendant ces
choses, appliquez-vous à être
trouvés par lui sans tache et
irrépréhensibles dans la
paix » (2 Pierre
3,11-12.14).
« ... parce que nous le verrons
tel qu'il est. Quiconque a cette
espérance en lui se purifie, comme
lui-même est
pur » (1 Jean 3,2-3). Celui qui pense pouvoir se
sanctifier sans l'espérance vivante
du retour du Seigneur se trompe
lourdement, car la véritable
sanctification se réalise par
l'Esprit de Dieu. Ce qu'Il fait nous est
décrit en Jean 16, 13: « Quand le consolateur sera
venu, l'Esprit de vérité, il
vous conduira dans toute la
vérité ; car il ne
parlera pas de lui-même, mais il
dira tout ce qu'il aura entendu, et il
vous annoncera les choses à
venir »
La connaissance
de la prophétie biblique apporte au
croyant de multiples
bénédictions :
- Elle procure de
la joie au milieu de la tentation
(2 Cor. 4,17).
- Elle encourage
à la pureté et à
une vie sainte (1 Jean 3,3).
- Elle est - comme
toute l'Écriture Sainte - utile
pour la marche chrétienne
(2 Tim.
3,16-17).
- Elle nous
éclaire sur la vie après
la mort (2 Cor. 5,8).
- Elle nous
enseigne sur la fin du monde.
- Elle prouve la
fiabilité de toute l'Ecriture,
car toutes les promesses qui ont
été
réalisées ne sont
nullement des produits du
hasard.
- Elle porte notre
coeur à l'adoration de Dieu, qui
tient en Ses mains l'Histoire et qui
accomplira Sa volonté.
Le manque
d'intérêt pour la
prophétie entraîne la perte
de ces bénédictions.
L'esclave
fidèle et prudent
Il est dit de
lui : « Quel est donc le serviteur
fidèle et prudent, que son
maître a établi sur ses gens,
pour leur donner la nourriture au temps
convenable ? Heureux ce serviteur,
que son maître, à son
arrivée, trouvera faisant
ainsi ! » (Matth. 24,45-46).
La
fidélité et la prudence se
manifestent dans l'attente et dans la
prédication du retour de
Jésus. Une question tout à
fait pratique : Quand faut-il
manger ? Chaque jour. Il faut
préparer : cuire, dresser la
table, servir et inviter à se
mettre à table. Toute la maison est
remplie de l'odeur de la bonne nourriture.
Il est tout aussi important de compter
quotidiennement avec la venue de
Jésus.
Le Seigneur
affirme qu'Il veut trouver Son serviteur
faisant ainsi (v. 46). Distribuer « la
nourriture au moment
convenable » ne peut être
laissé au hasard, être fait
une fois pour être ensuite
abandonné. Non, il faut y revenir
chaque jour !
Le méchant
serviteur
Il est
écrit à son sujet en
Matthieu
24,48-49:
« Mais, si c'est un
méchant serviteur, qui dise en
lui-même : Mon maître
tarde à venir, s'il se met à
battre ses compagnons, s'il mange et boit
avec les ivrognes... »
L'infidélité et la
méchanceté se manifestent
dans le fait que l'on n'attend pas chaque
jour le retour du Seigneur.
Le
méchant serviteur pense aussi au
manger, mais d'un tout autre point de vue.
Alors que le prudent serviteur a devant
les yeux la nourriture pour l'avenir, le
méchant se concentre uniquement sur
le temps actuel, comme les gens aux jours
précédant le
déluge :
« ... les hommes mangeaient et
bavaient, se mariaient et mariaient leurs
enfants, jusqu'au jour où
Noé entra dans
l'arche » (Matth. 24,38).
À
côté du nécessaire qui
doit être fait chaque jour, de quoi
vous occupez-vous le plus : de
l'avenir, du royaume de Dieu, de la
préparation à
l'enlèvement ? Oeuvrez-vous
pour que soit aimée l'apparition de
Jésus ? Cela est-il pour vous
un besoin que vous présentez
à Dieu par la prière ?
Avez-vous fort à coeur de faire
savoir à vos semblables oralement
et par écrit que le Seigneur vient
et que Sa parole prophétique
s'accomplit ?
Ou serait-ce que
vous soyez le plus souvent occupé
de vous-même ? Tout tourne-t-il
autour de vous, du temps présent,
de votre propre carrière et de
celle de vos enfants ? Avez-vous
toujours quelque chose à critiquer
chez vos semblables ? Vous
mettez-vous constamment à
l'avant-plan en abaissant les
autres ? Accablez-vous votre prochain
par de mauvaises paroles, lui
écrivez-vous des lettres
infamantes ; dites-vous du mal de lui
dans son dos et le déchirez-vous
à belles dents ?
Quant à
la Parole prophétique, de
nombreuses personnes se contentent d'une
constatation lapidaire, à savoir
que personne ne connaît ni le jour
ni l'heure du retour de
Jésus-Christ (Matth. 24,26). C'est exact, mais le
Seigneur ne veut pas que nous nous
reposions tranquillement sur cette
déclaration. Théoriquement,
il y a moyen de connaître un tas de
choses sur le retour de Jésus sans
L'attendre pour autant.
Le
méchant serviteur ne pense pas que
son maître ne reviendra plus
jamais ; lui aussi envisage son
retour. Mais, et c'est là son
malheur, il croit qu'il se fera attendre
longtemps encore. Il ne le dit pas
publiquement, tout au plus dans un cercle
plus étroit. Selon lui, bien des
choses doivent encore se produire avant ce
retour. Il se réfère
peut-être même à des
textes bibliques bien précis pour
étayer sa
pensée.
L'Ennemi a pu
séduire de telles personnes. La
venue du Seigneur sera pour elles une
véritable surprise, car elle ne
sera précédée d'aucun
signe : « ... le maître de ce
serviteur viendra le jour où il ne
s' y attend pas et à l'heure qu'il
ne connaît pas » (Matth. 24,50).
Votre attitude
intérieure montre dans quelle
mesure vous êtes réellement
sanctifié : attendez-vous
Jésus d'un coeur brûlant, ou
cela vous est-il indifférent ?
Ne parlez pas de sanctification, si votre
attente de Sa venue n'est pas vive !
Wim Malgo a écrit :
« Si vous vous êtes
vraiment détourné des idoles
pour servir le Seigneur, vous ne pouvez
faire autrement que de
L'attendre. » Le Seigneur
Jésus Lui-même se
réjouit, quand Il considère
Ses serviteurs et Ses servantes, qui
aspirent à Le voir venir, donner
à leurs semblables la nourriture
qui convient au moment opportun :
« Heureux ce serviteur, que son
maître, à son arrivée,
trouvera faisant
ainsi ! » (Matth. 24,46). Il est grand temps que
nous nous levions pour faire
ainsi !
-
1 Wenn die
Posaune erschallt (= Quand la trompette
sonnera), Thomas lce &Timothy Demy,
1ère édition,
février 2000, Pfäffikon ZH,
p. 134/135 ;
2 Fest und
Treu (= Ferme et fidèle),
n° 82/98 ;
3 comme 1, p.
133 ;
4 comme 1, p.
142 ;
5 comme 1, p.
132
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