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Appel de minuit

n° 8-août-2002
Texte intégral

 

L'Évangile : créneau de vente ?

Dans le monde de l'économie, l'offre répond à la demande. Mais pour répandre l'Évangile, de tout autres critères sont de rigueur.
Michael Urban

De nos jours, nous sommes sollicités de toutes parts, particulièrement par l'industrie des biens de consommation. À la vue de spots publicitaires, nous nous demandons souvent comment les étranges idées de publicité naissent et se réalisent. De plus en plus la publicité pour les autos fait appel à des thèmes occultes. Le renforcement de notre système immunitaire est garanti grâce à un yoghourt bien déterminé. L'on se demande : Comment quelqu'un de normal peut-il croire cela ? On pourrait presque penser que plus une publicité est incroyable, plus elle atteindra son but, et en outre durablement.

À ce fait, il y a une raison : quand une firme conçoit un nouveau produit, elle ne le lance pas, de nos jours, tout simplement sur le marché en attendant le succès au niveau de la vente. Le lancement de ce produit est précédé d'une planification soigneusement menée pendant des mois. Cela a débuté par une étude du marché portant sur ces questions : Quel est le créneau de vente de ce produit ? Quelle tranche d'acheteurs sera concernée ? Quelle tranche d'âge faut-il viser ? Quels souhaits secrets ou craintes le consommateur nourrit-il ? Ces questions et bien d'autres doivent préparer la voie du travail de la firme publicitaire, qui sur base des renseignements ainsi acquis, développera une campagne publicitaire. Celle-ci se réalisera alors étape par étape pour assurer le succès de la vente.

Transposons ces données sur les premiers chrétiens : ils étaient chargés de transmettre ce message au monde entier : Dieu est devenu homme en Jésus de Nazareth afin de réconcilier le monde avec Lui-même. Ils devaient annoncer ce message dans un milieu déjà couvert par d'autres grandes religions, à des gens qui croyaient en un autre dieu. Il n'y avait donc pas, à première vue, nécessité d'une nouvelle religion.

La prédication de l'Évangile doit-elle s'inspirer du principe de l'offre et de la demande ?
N'aurait-on pas dû, pour la prédication de l'Évangile, être plus attentif au « marché » ? Les gens ont-ils besoin d'une nouvelle religion ? Les personnes, encore sous l'occupation romaine, n'avaient-elles pas des désirs différents mais aussi de profondes angoisses ? Fallait-il leur présenter un Sauveur, alors que pour la plupart, l'espérance d'un Rédempteur n'était plus à l'ordre du jour ? N'aurait-il pas fallu premièrement, en guise de publicité, les familiariser avec l'atmosphère chaleureuse d'une assemblée, les attirer à soi pour leur proposer ensuite les thèmes de la croix, du péché et du jugement ?

Nous vivons à une époque où le problème du marché - l'offre et la demande - détermine toute notre vie : se former pour une profession, en trouver une et la conserver ; ce qu'est une nourriture saine et comment s'assurer une bonne vieillesse ; comment placer son argent et comment le dépenser ; quels livres et quels journaux lire ; ce qui présente, ou ne présente pas, de l'intérêt pour nous ; comment occuper notre temps libre et comment vivre en famille - tout est déterminé ou, à tout le moins, influencé par les lois de l'économie et de la psychologie propre à la publicité.

Il en est ainsi que, dans l'Assemblée également, ces principes doivent être de plus en plus souvent appliqués pour rendre l'« Église » plus attractive. Qu'est la Parole de Dieu par rapport aux lois de l'économie et du marché ? Qu'est l'Assemblée du Seigneur par rapport à l'éthique humaniste et à la sociologie ?

Le modèle d'une prédication missionnaire
Voici comment Pierre a prêché l'Évangile : « Il a envoyé la parole aux fils d'Israël, en leur annonçant la paix par Jésus-Christ, qui est le Seigneur de tous. Vous savez ce qui est arrivé dans toute la Judée, après avoir commencé en Galilée, à la suite du baptême que Jean a prêché ; vous savez comment Dieu a oint du Saint-Esprit et de force Jésus de Nazareth, qui allait de lieu en lieu faisant du bien et guérissant tous ceux qui étaient sous l'empire du diable, car Dieu était avec lui. Nous sommes témoins de tout ce qu'il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Ils l'ont tué en le pendant au bois. Dieu l'a ressuscité le troisième jour, et il a permis qu'il apparût, non à tout le peuple, mais aux témoins choisis d'avance par Dieu, à nous qui avons mangé et bu avec lui, après qu'il fut ressuscité des morts. Et Jésus nous a ordonné de prêcher au peuple et d'attester que c'est lui qui a été établi par Dieu juge des vivants et des morts. Tous les prophètes rendent de lui le témoignage que quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon des péchés » (Actes 10,36-43).

Cette façon de prêcher est en contradiction avec toutes les connaissances de la psychologie de publicité moderne. L'auditeur se voit ici entraîné dans un « voyage » à travers l'histoire récente : le commencement de la période de la rédemption en Israël, le chemin de souffrances de Jésus, le péché et l'état de perdition de l'humanité entière, des gens religieux également, et le jugement dernier, pour ne citer que quelques points. Il est aussi question là des prophètes, du péché et de Quelqu'un qui est ressuscité - toutes choses que l'on ne peut imposer à des personnes qui entendent l'Évangile pour la première fois, surtout pas le « scandale de la croix » !

Le message biblique aussi fortement concentré - ce n'est pas particulièrement attirant pour les gens qui cherchent, et c'est certainement repoussant pour ceux qui sont étrangers à l'Eglise. Si un tel sermon avait été présenté d'entrée dans une assemblée actuelle, où l'on veut du sensationnel, aurait-il vraiment été accepté ? De nos jours, pourrions-nous exposer une telle prédication dans un supermarché ?
Ne devrions-nous pas puissamment intervenir pour transformer ce petit exposé de l'apôtre Pierre en un sermon qui remplisse l'église et qui soit attirant pour les gens étrangers aux lieux de culte, pour qu'il y ait même des applaudissements ?

Devons-nous améliorer la Parole de Dieu ?
Je suis pleinement persuadé que la misère de nos assemblées et des temples réside en grande partie précisément dans le fait que l'on n'ose plus faire entièrement confiance à l'unique et pure Parole de Dieu. Que de tentatives sont faites, pour pallier à la soi-disant impuissance de ladite Parole, par la philosophie, la psychologie ou les courants du temps présent ! On présente du théâtre, des films, des images ; on transforme la langue et l'on offre des cantiques spirituels en musique rock ; on modifie le contenu et le langage de la Bible pour remplir les lieux de rassemblement. L'enveloppe sera peut-être plus agréable, mais l'essence même du message en souffrira. Ce qui fait la force d'attraction de la Parole, c'est qu'elle parle et opère d'elle-même. C'est faire preuve d'un manque de confiance à l'égard de Dieu et du Seigneur Jésus-Christ que de croire qu'il faut améliorer la Parole par nos possibilités. L'Éternel a dit : « Ma parole n'est pas comme... un marteau qui brise le roc ? » (Jér. 23,29). La Parole de Dieu n'a nul besoin qu'on l'aide.

La mission de l'Eglise du Seigneur
Dans ce cadre, cette question vient naturellement se poser : Quelle est dès lors la mission de l'Assemblée, si elle ne peut pas « améliorer » la Parole ? Pierre a déclaré dans un de ses sermons : « Nous sommes témoins de tout ce qu'il a fait dans le pays des juifs et à Jérusalem » (Actes 10,39). La Parole de Dieu a besoin de témoins. Elle ne peut être améliorée par nous ; nous ne pouvons la rendre plus attractive ; et il ne nous est surtout pas permis de l'adapter aux souhaits et aux besoins des hommes mais en lui rendant témoignage, nous servons sa cause. C'est là notre mission, selon cette parole du Seigneur Jésus : « ... vous serez mes témoins... jusqu'aux extrémités de la terre » (Ac. 1, 8). Une des principales tâches de l'Eglise consiste à rendre témoignage de ce que Dieu dit dans Sa Parole ; plusieurs passages des Actes des apôtres en font mention. La Parole de Dieu est annoncée ; il est écrit : « ... nous en sommes témoins... » (Ac. 2,32 ; 3,15 ; cf. aussi 5,32 et 10,39).

Dans une assemblée où le témoignage vivant manque, tôt ou tard elle sera portée à vouloir « améliorer » la Parole par ses propres moyens. Un peu partout, bon nombre de visiteurs de nos églises se plaignent de ce que trop de prédications politiques sont présentées. Mais de quoi peut-on parler, si l'on n'est plus rempli de Christ ? Que prêcher, si l'on n'est pas témoin du fait que Jésus a été crucifié mais est le Sauveur, ressuscité, du monde ? Que l'on veuille rendre les réunions chrétiennes plus agréables, plus attractives grâce à des clowns, des acrobates ou des danses, cela ne fait pas l'ombre d'un doute - mais cela est-il vraiment une heure où Dieu Lui-même parle ?

Il ne s'agit pas de notre opinion relativement à Dieu, à Jésus et à la Bible, mais bien de notre témoignage. L'Eglise du Seigneur vit de son témoignage quant à Christ, de ce qu'elle manifeste en paroles et en actions, à savoir que la Parole de Dieu est vraie, absolument crédible. L'Assemblée vit du fait qu'elle se montre comme témoin, comme Pierre jadis, et affirme : La Parole de Dieu est la plus véritable information qu'il puisse y avoir sur la terre. L'Eglise ne peut subsister par une Parole de Dieu adaptée, commode, enthousiasmante pour les foules, mais qui a perdu son aiguillon, à savoir que Jésus est mort pour nous afin que nous n'allions pas à la perdition. L'Eglise, avec chacun de ses membres, vit du témoignage de la vérité de la Parole ; et elle ne peut croître que par un clair témoignage face au monde.

L'Eglise autour de nous ne meurt pas, parce que les temps sont devenus mauvais. Elle ne meurt pas, parce que la foi ne serait plus moderne (la foi n'a jamais été autant « de mise » qu'aujourd'hui) ; non, elle meurt, parce qu'elle ne veut plus rendre témoignage de l'authenticité de la Parole de Dieu. Elle meurt dans la mesure où meurt son témoignage quant à Christ. Elle peut à peine encore exister, parce qu'elle se fabrique un Jésus - parfait selon les lois de l'économie moderne de marché - qui peut être tout : un docteur miracle, un révolutionnaire, un superman héroïque, un copain, un maître. Mais il est une chose qu'Il ne peut surtout pas être : le seul chemin menant à Dieu le Père (Jean 14,6).

Une église meurt (au sens spirituel), quand Jésus ne peut plus être le Christ. C'est pourquoi Pierre a écrit : « Nous sommes témoins que ce Jésus est de Nazareth. » Là où nous rendons témoignage d'un Christ ressuscité, Il est au milieu de nous. Dieu l'a confirmé non seulement par la résurrection à Pâques, mais aussi par le fait qu'Il bénit Lui-même partout le témoignage de l'Assemblée.

Ce n'est pas une minutieuse étude de marché qui éveille la foi, mais par la prédication, Dieu Lui-même produit en nous la foi en Lui. La prédication n'éveille la foi chez quelqu'un que si le prédicateur se trouve non pas « sur la Parole », mais « sous la Parole » ; c'est-à-dire que la Parole me juge, et non pas moi qui juge la Parole. La critique de la Bible est donc absolument exclue !

Tout calcul pour rendre le culte plus attractif échouera, si la Parole de Dieu est sacrifiée au profit d'un cadre commode, beau et agréable.

Quand nous prêchons purement la Parole de Dieu, nous devons et pouvons nous attendre à de grandes surprises. Car l'Esprit de Dieu lui confère de la puissance, et non pas notre ingéniosité à construire des prédications accrocheuses. Que de fois, dans le cadre de la cure d'âme, j'ai constaté qu'un « simple » mot de Dieu peut être la clé d'un coeur humain ! Où l'Esprit Saint opère, Il réduit au silence la technique et la tactique psychologiques et thérapeutiques.

Comme une ligne de partage des eaux
Une étude approfondie du court sermon de Pierre à Césarée nous révèle que partout où il est rendu témoignage de Christ, l'avenir des auditeurs se décide. Oui, notre futur à tous se détermine toujours à l'audition ou à la lecture de la Parole de Dieu. Non seulement fondamentalement quand il s'agit de la conversion, mais aussi chaque jour lorsque nous sommes confrontés à cette Parole et que nous pouvons soit l'accepter soit la rejeter. La Parole de Dieu est comme une ligne de partage des eaux : elle sépare ceux qui l'acceptent de ceux qui la repoussent. Chacun se décide personnellement ; nul n'est sous la contrainte. Il n'y a aucune prédestination pour le salut ou la perdition. Le désir de rapprochement de Dieu en Jésus-Christ est pour tous, et non pour une minorité privilégiée. Il est écrit en Actes 10,45: « ... les fidèles circoncis... furent étonnés de ce que le don du Saint Esprit était aussi répandu sur les païens. »

Mais parce que la Parole de Dieu sépare les individus, nous ne pouvons pas espérer que chaque dimanche, les églises et les salles de communauté se remplissent toujours. Car toute prédication claire et simple de la Parole trouvera toujours des détracteurs. C'est pourquoi les incrédules médisent de ceux qui assistent aux réunions par ces mots : « Ils ne vont là que par tradition » ou « ... pour être vus » ou encore « ... pour montrer leur nouvelle toilette. » C'est inexact. C'est la Parole de Dieu elle-même qui produit la séparation entre les humains. Elle engendre la haine ou l'attachement, le rejet ou l'enthousiasme, l'indifférence ou la disposition au sacrifice.

Un exégète a écrit : « C'est ainsi que se poursuit l'oeuvre de la rédemption commencée en Jésus-Christ. Dieu décide du Crucifié par Sa résurrection d'entre les morts. Et Il dispose du témoignage de Son Assemblée par l'éveil à la foi. » Dieu garantit le succès de la prédication de Sa Parole, mais pas le succès de notre apport de petite foi à l'esprit du siècle.

La Parole de Dieu est souveraine
La courte prédication évangélique de Pierre ne résisterait pas à un test théologique actuel - mais elle a obtenu un résultat marquant : la prédication sur la croix, sur l'état de perdition de l'homme, sur la résurrection de Jésus et sur le jugement à venir n'a ni ennuyé les auditeurs ni ne les a portés à chercher la compagnie des gens du dehors. Non - ce sermon, qui a eu un retentissement éclatant, se terminait par ces mots : « Comme Pierre prononçait encore ces mots, le Saint-Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole » (Ac. 10,44).

La souveraineté de la Parole de Dieu apparaît donc dans ce verset, parce que Lui-même, Dieu, est la Parole (Jean 1, 1). Dieu n'influence pas notre décision ; mais à celui qui veut accepter cette offre, Il accorde la foi en Jésus-Christ. « Tous les prophètes rendent de lui le témoignage que quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon des péchés » (Ac. 10,43).

Acceptons-nous cette rémission des péchés ou la repoussons-nous avec orgueil ? Dieu veut nous donner, en nous sortant de tous nos errements humains, Son entière communion, à savoir la position d'enfant devant Lui.

Cette offre, nous avons à la transmettre intégralement, parce que faisant partie de Son Assemblée. Les autres prennent alors une décision ; nous n'avons pas à réagir à leur place. Notre mission est de rendre témoignage, ni plus ni moins.

La Parole de Dieu vécue
Le témoignage de la Parole de Dieu est suivi d'une autre démarche, que l'apôtre Paul présente ainsi : « Que la parole de Christ demeure en vous dans toute sa richesse » (Col. 3,16). Cela ne peut se produire que si cette Parole acceptée par nous - et communiquée à d'autres - s'accomplit toujours plus dans notre vie pratique.

Que Jésus, comme Il le dit Lui-même, ait accompli l'Écriture, cela ne signifie pas qu'elle est classée pour nous, mais qu'elle est représentée lumineusement en Lui, dans Sa personne, Son action et Ses contacts avec les gens. À quoi sert la Parole crue et témoignée, si elle ne transforme pas notre vie en profondeur et nous-mêmes fondamentalement ? Fritz Binde écrit dans son livre Vom Geheimnis des Glaubens (Du mystère de la foi) :
« Il faut clairement savoir ceci : toute frustration dans notre vie - les années soi-disant perdues - est un retrait par rapport à la Parole, se laisser vivre sur une ligne que Dieu n'a pas tracée ni déterminée pour nous. Plus nettement encore : Toute erreur dans notre vie en est une vis-à-vis de l'Écriture. Rien ne rabaisse plus la valeur de la révélation de l'Écriture sainte que le manque de manifestation de la puissance de Dieu dans les croyants qui marchent d'une façon indigne de l'Évangile (cf. Phil. 1,27). Comme ils sont nombreux à dire qu'ils se tiennent sur le terrain de la Parole de Dieu, alors que celle-ci n'est pas le fondement de leur vie ! Il y a dans ma vie un grave contraste entre la Parole de Dieu et la marche de l'homme. Je ne me rends pas coupable d'un mépris théorique de la Parole, mais d'un mépris pratique.

Ils sont nombreux à considérer la Parole de Dieu comme une théorie, un idéal. Comme théorie, on la tient en très haute estime, on la confesse et la défend ; mais quant à la manifestation pratique de la Parole, on la considère comme impossible. D'innombrables croyants vivent dans un contraste entre l'appréciation théorique et le mépris pratique de la Parole de Dieu. Quelques-uns seulement souffrent réellement de ce contraste. Ils sont nombreux à s'être accommodés de cette contradiction : ils admettent la Parole, mais tolèrent leur vie superficielle. Si vous vous occupez d'eux au plan de la cure d'âme, vous pouvez tout leur dire sauf une chose : les renvoyer à la Parole de Dieu. Ils ne sont pas rares ceux qui aspirent intensément à connaître la pure doctrine biblique - mais en ce qui concerne leur propre vie, ils se montrent très approximatifs. Vous voulez bien admettre que l'on vous parle constamment du sacrifice expiatoire de Jésus, mais vous ne supportez pas d'être 'crucifié, mort, enseveli et ressuscité pour une vie nouvelle avec Christ'. C'est ainsi que se comprend cette dure parole de Jésus : 'Ceux qui me disent. Seigneur, Seigneur ! n'entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux' (Matth. 7,21). Il ne sert à rien de défendre la Parole de Dieu, si on ne la vit pas personnellement. Dans ce domaine, nous faillissons tous ; il est beau et consolant que le Seigneur Jésus s'occupe constamment de nous pour que réussisse ceci de plus en plus : connaître la Parole, en rendre témoignage et en vivre. Il est le chef et le consommateur de la foi. »

La Parole parle d'elle-même ; elle ne peut être améliorée par nous. Dieu Lui-même est glorifié en Christ quand nous rendons pratiquement témoignage de Sa Parole et pas seulement théoriquement. Si nous, vous et moi, sommes transformés par cette Parole, c'est qu'elle a atteint son but.

Comment cela peut-il se faire ? Cela nous est indiqué par le texte introductif : « Comme Pierre prononçait encore ces mots, le Saint-Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole » (Ac. 10,44). Ce n'est jamais le prédicateur qui obtient un résultat, c'est l'Esprit Saint. Là où Il n'agit pas - que ce soit jadis, quand la Parole de Dieu fut écrite ou maintenant qu'elle est lue et entendue - la Bible reste un livre fermé de sept sceaux.

Que Dieu nous bénisse dans notre aspiration à être plus confiants en Sa Parole, qui est capable de transformer le coeur humain. Car, à l'opposé de l'économie de marché et de la publicité, il ne s'agit pas ici d'une marchandise qui doit être vendue, mais bien de la puissance de la Parole de Dieu, de laquelle nous devons témoigner et vivre.

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