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Appel de minuit

n° 6-juin-2002
Texte intégral

 

Nouvelle attitude de l'Eglise catholique ?

Le Vatican aurait-il vraiment compris que l'Eglise n'a pas pris la place d'Israël et que, dès lors, le peuple juif n'a pas fait la perte de toutes ses promesses ? Une étude de la Commission biblique papale semble l'affirmer.

À ce sujet, voici un article de journal (Neue Zürcher Zeitung, 1.3.02, p. 61) : « L'Ancien dans le Nouveau Testament. Une étude de la Commission biblique papale. Voici quelque temps, on a pu lire des articles dont il semble ressortir que 'le Vatican' aurait décidé de mettre à l'unisson l'attente du Messie dans la foi judaïque et l'attente du retour de Christ au temps de la fin. Une différence entre ces deux espérances n'existerait 'plus' qu'à ce niveau, à savoir que le Messie est attendu pour la première fois tandis que Christ l'est pour la deuxième fois. - On comprend peu sur quoi cette étonnante nouvelle repose, mais on saisit plus facilement sur quoi elle ne peut reposer : sur une étude, parfois citée mais en réalité peu lue, de la Commission biblique papale, dont le titre serait : 'Le peuple juif et ses Saintes Écritures dans la Bible chrétienne.

Ce travail - un texte de quelque deux cent pages - montre premièrement combien profondément le Nouveau Testament est enraciné dans l'Ancien, et comme il est pénétré de ses racines. 'la foi chrétienne ne se fonde pas seulement sur les événements, mais sur la concordance existant entre lesdits événements et la révélation contenue dans les écrits du peuple juif. ' ... Ce qui est nouveau comme déclaration du professorat catholique, c'est la preuve d'un double danger : celui qui interprète les saints écrits des Juifs à des fins apologétiques en préparation de l'événement du salut chrétien, passe à côté du sens de ce qui ' est écrit' et réduit de manière inadmissible la signification propre des textes, portée par le contexte ; en outre, le reproche traditionnel fait aux juifs 'endurcis' est ainsi maintenu : ils se fermeraient à une vérité qui est pourtant enseignée dans leurs livres.

Mais celui qui tient pour décisive la discontinuité entre l'Ancien et le Nouveau Testament court le risque de séparer le christianisme, dans une 'spiritualisation unilatérale', non seulement de son fond historique, mais de sa propre structure fondamentale de l'histoire du salut. 'Sans l'Ancien Testament, le Nouveau serait un livre incompréhensible (un libro indecifrabile), une plante privée de ses racines et destinée à se dessécher' : Que le cardinal Ratzinger, dans sa préface à l'étude de la Commission biblique, mette en relief cette phrase, cela indique suffisamment clairement la direction suivie dans ce travail. Elle s'adresse à l'opinion publique chrétienne (catholique) en vue d'expliquer la complexité des rapports entre les deux religions et leurs conceptions de foi, et cela avec toutes les conséquences sur base seulement des témoignages du Nouveau et de l'Ancien Testament.

Dans cette complexité, il y a aussi que l'élection d'Israël dans le Nouveau Testament 'reste une réalité irrévocable'. La 'nouvelle Alliance, non pas celle de la lettre, mais celle de l'Esprit' (2 Cor. 3,6), n'annule pas la valeur de l'ancienne, dont la responsabilité de la limite est certes rejetée par Paul sur la communauté juive de conception légaliste ; mais il se fait que les chrétiens d'entre les païens doivent être considérés comme étant 'inoculés', et il faut qu'ils sachent ceci : 'Ce n'est pas toi qui portes la racine, mais c'est la racine qui te porte' (Rom. 11.18). »

L'Assemblée du Seigneur a ses racines dans le judaïsme. Elle doit son existence aux Juifs, de qui Christ est issu. S'il n'y avait pas eu Israël, il n'y aurait pas eu d'Assemblée. Selon le plan et la stratégie du salut divin, l'Eglise devait sortir du judaïsme. Ce n'est pas sans raison que le Seigneur Jésus a dit : « ... le salut vient des Juifs » (Jean 4,22), car « ... de qui est issu, selon la chair, le Christ » (Rom. 9,5). C'est pourquoi les chrétiens devraient être bien conscients que, par une attitude de rejet à l'égard d'Israël, ils combattent, au fond, leurs propres racines.
N.L.

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