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Appel de minuit

n° 8-août-2002
Texte intégral

 

Le combat pour la vigne

Il y a très longtemps, une lutte acharnée se livra pour la possession de la vigne de Naboth. Les quatre personnes qui y étaient impliquées furent a la base d'importantes prophéties sur la vigne biblique du temps de la fin.
WALTER MOSIMANN

Dans divers passages, la Bible fait référence à la vigne dans des paraboles sur la révélation de la Parole de Dieu. Ainsi Esaïe : « Je chanterai à mon bien-aimé le cantique de mon bien-aimé sur sa vigne » (Ésaïe 5, 1) ; et il dit au peuple d'Israël : « La vigne de l'Éternel des armées, c'est la maison d'Israël, et les hommes de Juda, c'est le plant qu'il chérissait » (v.7).

Cette déclaration d'Esaïe n'était pas adressée à n'importe qui, mais aux gens d'Israël et de Juda, c'est-à-dire au peuple élu de Dieu. Cette question vient se poser : Cette promesse vaut-elle dès lors exclusivement pour l'Israël de l'Ancien Testament ? La réponse nous est fournie par Jésus Lui-même, lorsqu'Il dit à Ses disciples : « Je suis le vrai cep, et mon Père est le vigneron. ... Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jean 15,1 et 5).

La vigne biblique de l'Ancien Testament est en fait une figure du peuple élu de Dieu du Nouveau Testament, peuple constitué de tous les croyants en Jésus-Christ, nés de nouveau, tirés de toutes les nations. « Il n'y a plus ni Juif ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni libre, il n' y a plus ni homme ni femme ; car tous vous êtes un en Jésus Christ » (Gal. 3,28).

« ... mon Père est le vigneron. » Cela signifie que Dieu est le propriétaire légitime de la vigne, dans laquelle Jésus est le cep d'où procède la vraie vie éternelle. Mais il y a aussi les sarments, une image des membres du corps de Christ, ceux qui croient en Lui et sont nés de nouveau, mais qui ne pourront produire du fruit que s'ils restent attachés au cep (Jean 15,4).

La vigne de Naboth - un héritage
Nous trouvons, dans l'Ancien Testament, un arrière-plan historique présentant la vigne comme figure révélée par Dieu relativement aux événements se situant dans le temps précédant le retour de Jésus. Il est question de cette vigne dans le premier livre des Rois (1 Rois 21,17-26).

Il s'agit là d'une vigne située à Jizréel, dans une belle région très fertile entre la Samarie et la Galilée. Son propriétaire était un homme du nom de Naboth. À cette époque (environ 870 avant Jésus-Christ), Achab était roi en Israël. Il faisait ce qui était mauvais aux yeux de l'Éternel. Un jour, il décida d'acheter la vigne de Naboth pour la transformer en jardin potager pour ses propres besoins. Absolument impensable pour Naboth, le croyant, qui avait compris quel dessein motivait cet achat. En Israël, on ne pouvait ni acheter ni vendre une propriété foncière à son gré, et cela dans l'optique du nombre de récoltes possibles jusqu'à l'année jubilaire suivante, où la terre devait retourner au premier propriétaire.

La raison plus profonde résidait en ce que la terre appartient à l'Éternel et que, selon Lévitique 25, elle ne peut être vendue pour toujours. Si Naboth avait cédé la vigne, cela eût été pour Achab une prise de possession définitive ; d'où le refus de Naboth.

La conséquence en fut qu'une lutte s'engagea pour cette vigne. La reine Jézabel joua dans cette affaire un rôle décisif : les intrigues qu'elle manigança firent que Naboth perdit sa vigne. Sur base d'un jugement inique, il fut condamné à mort et exécuté.

Suite à ce crime, le prophète Elie fut chargé d'annoncer au roi Achab la sentence prononcée par l'Éternel : « Voici, je vais faire venir le mal sur toi ; et j'ôterai ta postérité » (1 Rois 21,21 ; version Darby).

L'histoire de la vigne de Jizréel compte quatre personnages, qui sont non seulement marqués par le combat pour la vigne de Naboth, mais qui, par leurs traits de caractère, annoncent aussi des messages prophétiques concernant la vigne biblique du temps de la fin : Naboth, Achab, Jézabel et Elie.

Naboth et les tentatives de division actuelles
Le propriétaire de la vigne de Jizréel nous présente par sa foi, de manière figurée, le propriétaire de la vigne biblique du Nouveau Testament ; Jésus dit de Lui : « Mon Père est le vigneron. » Le roi Achab voulait entrer en possession de la vigne de Jizréel, mais il y avait un problème, déjà mentionné : Naboth ne pouvait consentir à l'échanger ou à la vendre (1 Rois 21,2), et cela à cause de sa foi (v.3).

Face à cette situation, Jézabel, la femme d'Achab, ne voyait qu'une solution : réduire Naboth à l'impuissance et le priver de ses droits sur la vigne. Nous voyons dans ce fait une image de notre temps : jamais auparavant les efforts n'ont été aussi grands pour ôter Son pouvoir au Dieu vivant, remettre Son autorité en question ou même Le renier. Jamais encore on n'a aussi vigoureusement tenté de soustraire les gens à l'influence divine.

Par sa théorie sur l'évolution, Charles Darwin, né en 1809, s'est mis, dès le milieu du 19ème siècle, à attaquer de front le récit biblique de la création. Il passait pour être un des plus grands scientifiques de son temps. Beaucoup l'ont imité. Par des affirmations toujours nouvelles sur la naissance du monde et la création de l'homme, on s'est efforcé de séparer le Créateur de Sa création, le Vigneron de Sa vigne.

Darwin et ses adeptes ont amené un bouleversement intellectuel qui ne peut plus être contenu. Par une éducation ciblée, de nombreuses personnes en sont aujourd'hui marquées et, conséquemment, sont devenues de plus en plus endurcies à l'endroit de l'action de Dieu. La théorie de l'évolution est utile à la tentative de retirer au Dieu tout-puissant Son autorité, en affirmant qu'il n'existe pas un tel Dieu créateur. Il doit être mis à l'écart tout comme Naboth jadis, car ce n'est que de cette manière que l'on peut priver de l'influence de son Maître la vigne du Nouveau Testament, l'Eglise du Seigneur.

Y a-t-il quelque chose d'erroné dans la théorie de l'évolution ?

L'homme naturel juge ce qui lui est visible et ce que sa raison peut saisir. La science naturelle analyse ce qu'elle voit. Elle veut sonder les lois de la nature et, sur base de connaissances acquises, tirer des conclusions sur la naissance du monde et de la vie. Ce faisant, elle se base dans ses théories sur le mesurage d'ères immenses aux processus lents, tels qu'ils apparaissent dans diverses expériences et valeurs expérimentales. De ce point de départ, on affirme que ces évolutions du passé se sont faites exactement comme dans le présent.

En soi, cette théorie n'a rien de répréhensible ; on peut la comprendre et elle donne d'intéressants résultats. Selon le modèle servant de base, on en vient à la conviction que le temps de l'agglomération de gaz et de la poussière pendant la construction du système solaire doit avoir débuté voici quelque 4,6 milliards d'années. D'autres modèles proposent des dates plus anciennes encore.

Nous ne devrions jamais essayer d'opposer des arguments à ces théories, car elles ne sont pas en elles-mêmes fondamentalement erronées. Les théories ne sont pas fausses, mais bien le point de vue adopté par les sciences naturelles. Nous devons changer le point de vue pour adopter celui de la Bible, de la Parole de Dieu ; il nous sera alors montré des vérités toutes différentes. Dans l'Évangile selon Jean, Jésus, parlant de l'Esprit de vérité, dit : « ... que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit point et ne le connaît point » (Jean 14,17).

La possibilité qu'il puisse y avoir eu un Créateur ayant réalisé toutes choses n'est pas du tout prise en considération par bon nombre de scientifiques, et cela parce qu'ils ne peuvent pas les mesurer et les saisir par leur intelligence. Mais la théorie de l'évolution fournit ainsi le meilleur témoignage en faveur du Dieu vivant, car ladite évolution aurait nécessité des milliards d'années pour créer ce que Dieu a fait en six jours - assurément avec une différence essentielle : l'évolution n'aurait pas pu, même après des milliards d'années, produire un être humain à l'image de Dieu et lui donner une âme immortelle.

Les sciences naturelles conçoivent depuis le présent une clé ouvrant sur le passé. La Bible nous enseigne exactement le contraire. Mais sachons bien ceci : elle n'est pas un livre scientifique que l'on doit saisir avec sa raison et que l'on peut étudier à l'école (au même titre que la mathématique, par exemple). Elle est le livre de la vie et ne se comprend qu'à l'aide du Saint-Esprit, l'Esprit de vérité, duquel Jésus a dit que le monde ne Le reçoit pas. Par la Bible, l'Esprit ne nous ouvre pas seulement la porte sur le présent, Il le fait aussi sur l'avenir avec cette certitude : « Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire et l'honneur et la puissance ; car tu as créé toutes choses, et c'est par ta volonté qu'elles existent et qu'elles ont été créées » (Apoc. 4,11).

Avec quel effroi ceux qui auront rejeté l'existence du Dieu de la création devront un jour paraître devant Lui !
Tournons-nous de nouveau vers la vigne de Naboth et vers celui qui voulait se l'approprier illégalement :

Achab
Ce roi « fit ce qui est mal aux yeux de l'Éternel, plus que tous ceux qui avaient été avant lui » (1 Rois, 16,30). Il n'y eut personne comme lui qui n'éprouvait aucun scrupule à marcher dans les péchés de Jéroboam.

Achab donne l'image d'un pouvoir politique mondain, qui n'a aucune crainte de Dieu. Il alla même jusqu'à vouloir trafiquer avec le sanctuaire ; il était également prêt à commettre un meurtre afin de s'approprier la vigne du pieux Naboth. Il n'était cependant pas seul dans cette sombre affaire : il n'aurait pas pu réaliser ce forfait, si sa femme

Jézabel
ne l'y avait pas aidé. Elle était la fille d'Ethbaal, le roi de Sidon, qui - d'après l'historien juif Flavius Josèphe - était un ancien prêtre d'Astarté, laquelle était honorée comme déesse de la fertilité et dont le pendant masculin était Baal. Cette Jézabel fut donc, dès sa jeunesse, marquée par l'idolâtrie de son père.

C'est par le mariage avec le roi impie Achab que cette femme put entrer dans le peuple d'Israël et devint reine sur cette nation élue de Dieu. Cette personne d'une énergie féroce utilisait tous les moyens de séduction et de violence pour imposer au royaume des dix tribus d'Israël le culte païen de son ancienne patrie. Sa ferme intention était d'unir le service religieux israélite à celui de l'idole Baal et de lever les frontières les séparant. En éliminant le caractère de mise à part du peuple élu, on introduisait le syncrétisme, c'est-à-dire un système qui tend à faire fusionner des doctrines philosophiques, des cultures et des religions différentes.

Si, en Achab, nous avons un type de la politique mondiale, Jézabel est une figure du pouvoir religieux. L'union Achab-Jézabel est un autre exemple de l'association du monde avec l'Eglise, ce qui a pour conséquence que cette dernière (I'Eglise) a perdu sa saveur (le sel) et sa force, mais qu'en plus, elle s'est largement ouverte aux religions et aux esprits étrangers.

Ce nom Jézabel figure 19 fois dans la Bible : 18 dans l'Ancien Testament - dans les livres des Rois (notamment en 2 Rois 9,37) - et une seule fois dans le Nouveau. Nous le trouvons dans la lettre à Thyatire : il s'agit là d'une fausse prophétesse, appelée ainsi en souvenir de la Jézabel de l'Ancien Testament.

Dans ladite lettre, le Seigneur commence par louer les oeuvres, l'amour, la foi, le service, la patience et l'activité de cette église. Mais voici que vient ensuite cette sévère parole : « Maïs ce que j'ai contre toi, c'est que tu laisses la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu'ils se livrent à l'impudicité et qu'ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles » (Apoc. 2,20). L'idolâtrie « pré-chrétienne » est entrée dans l'Eglise néo-testamentaire via Thyatire. « ... que tu laisses faire la femme Jézabel » signifie permettre dans l'Assemblée une espèce d'alliance avec la pensée libérale, mondaine et païenne ; en quelque sorte une ouverture par laquelle le chemin étroit devient beaucoup plus large.

L'esprit de séduction de Jézabel a continué d'agir tout au long des siècles pour produire ce résultat : bien des églises de notre temps sont un mélange de vérité biblique et de philosophie moderne.

Un amalgame religieux dans l'esprit de Jézabel
Je me suis rendu dernièrement à Dar es Salaam, une ville fort cosmopolite d'Afrique du Sud, de 4 millions d'habitants environ. Il y a là des Noirs, des Blancs, des Africains, des Arabes, des Européens et des gens en provenance de l'Orient, surtout des Indiens. On y rencontre des chrétiens de diverses dénominations, des musulmans, des hindous, des bouddhistes, etc. - un véritable melting-pot de peuples, de cultures et de religions.

Là-bas, quelqu'un m'a dit : « Je n'ai rien contre toutes ces religions. Mais il est une chose que je ne puis supporter : c'est que les chrétiens se mettent à faire du travail missionnaire ! » Le sens en est simplement ceci : il faut dire « oui » à un mélange des religions dans l'esprit de Jézabel et « non » au vrai message de Jésus-Christ.

Un homme plus jeune s'est adressé à moi pour me dire, heureux, que lui aussi est chrétien. Il a également insisté sur le fait qu'Israël compte beaucoup pour lui. Mais au cours de cette semaine, j'ai dû constater qu'il a d'autres choses à coeur ; c'est ainsi qu'il sympathise avec l'islam et d'autres religions. Il faut « penser positivement » et prendre surtout ce qu'il y a de meilleur partout. Cette « tolérance » était pour lui plus importante que l'Évangile.

J'ai également rencontré un homme d'un âge certain. Quelques semaines auparavant, son docteur lui avait révélé qu'il était atteint d'un cancer des poumons à un stade déjà avancé. C'était l'occasion de lui parler de l'éternité. Il me répondit : « Je ne crois pas qu'il y ait une vie après la mort. Il y a actuellement plus de six milliards d'êtres humains sur la terre. Combien pourra-t-il y en avoir dans les 500 derniers millions d'années ? Une foule innombrable ! Ne nous donnons donc pas trop d'importance. L'individu n'est qu'une infime particule sans valeur. » Je lui ai alors rétorqué : « C'est justement parce que l'homme est cela que Jésus a versé Son sang sur la croix de Golgotha pour vous, pour quiconque l'accepte par la foi. » Suivit une longue conversation, où je lui dis que ma femme et moi prierons pour lui. Sa réaction fut un sourire sardonique s'accompagnant de ces mots : « Eh bien, faites-le donc ! » C'était un universitaire marqué par la théorie de l'évolution, devenu immunisé contre la vérité biblique. Il ne parvient pas à croire qu'il y a un Dieu créateur.

À Dar es Salaam, j'ai également pu avoir un entretien avec une soeur de Baldegg. Elle travaille en Tanzanie depuis plus de 40 ans et est aujourd'hui active dans une station missionnaire.
Elle m'a expliqué que le couvent à Baldegg en Suisse a été fondé en 1830 par les sept soeurs Hartmann et appartient à l'ordre des Franciscaines. Elle m'a raconté plusieurs choses au sujet de ses activités, surtout dans le domaine social. Je lui ai alors demandé ce qu'il en était de son service concernant le message de Jésus-Christ, qui est aussi pour les pauvres d'Afrique le seul chemin du salut et de la vie éternelle. Elle m'a adressé un regard interrogateur et consterné. Après quelques moments de silence, elle m'a répondu : « On ne peut plus dire cela de nos jours. Si nous le faisions, c'en serait fini de notre service. » Et d'ajouter que leur salle de prière est aujourd'hui ouverte à toutes les religions ; il y vient des chrétiens, des musulmans, des bouddhistes, etc. Tous se rencontrent en une communauté multiculturelle pour un mélange des religions dans l'esprit de Jézabel. Tout y est toléré, à l'exception du message fondamental de Jésus-Christ qui tient en ces mots : « Allez partout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création » (Marc 16,15).

On relève dans un communiqué sur les Nations unies qu'il doit y avoir là, depuis le passage du Secrétaire général Hammarskjöld et de U Thant, une salle de méditation, où un autel est consacré au Dieu adoré par de nombreuses personnes dans de nombreuses dénominations et sous de nombreuses formes. L'ONU a exercé ces dernières années une forte influence par ses actions en vue d'unifier les peuples dans le domaine du syncrétisme, pour la fusion des doctrines philosophiques, des cultures et des religions. Dans les années 40 et 50 du 20 ème siècle, les usages païens et occultes étaient considérés comme vaincus dans notre société éclairée ; on tenait souvent pour arrogants et non cultivés les gens de cultures étrangères. Mais qu'en est-il aujourd'hui ? Tout ce qui a un lien avec le paganisme et la magie a pu de nouveau pénétrer dans toutes les couches de la société. L'image du monde datant du temps d'Achab et Jézabel est de retour ; l'ONU et l'UNESCO ont apporté leur contribution à ce renouveau, auquel plus personne aujourd'hui ne peut se soustraire s'il n'a pas reçu l'Esprit de vérité, ainsi que l'a annoncé Jésus Lui-même.

La chrétienté, un frein ?

En mai 2001 s'est tenue à la Maison Lassalle à Bad Schönbrunn, au-dessus de Zug (Suisse), la 8ème Convention inter-religieuse ; le thème en était « UN SEUL monde ou AUCUN monde ». Il y eut là plus de 80 participants venus du monde entier pour discuter avec un ancien vice-secrétaire général de l'ONU et avec le conseiller fédéral suisse Deiss du rôle des religions dans le domaine de la paix et de la nécessaire collaboration entre les religions mondiales et l'ONU. Bilan de cette session : « Une paix mondiale n'est pas possible sans la paix entre les religions. En plus de l'ONU où sont représentés les gouvernements nationaux, nous avons un urgent besoin d'un gouvernement mondial. »

Une formidable pression est donc exercée là pour une unité multiculturelle et multireligieuse dans l'esprit d'Achab et Jézabel, un processus qui démarre souvent de façon insidieuse en levant les frontières et en harmonisant les oppositions. On ne prône plus la séparation par rapport au monde et au péché, mais on insiste sur la nécessité pour l'Eglise de s'adapter pour qu'elle soit acceptée dans le monde. Au commencement, l'Église était dans le monde ; aujourd'hui, c'est ce dernier qui est dans l'Église. Celle-ci ne va pas à sa ruine parce qu'elle est dans le monde, mais bien parce que le monde est en elle.

Metropolit Paulos Mar Gregorios est un évêque de l'Église syriaque orthodoxe ; il était auparavant un des présidents du Conseil oecuménique mondial des Églises. Il est actuellement le président de la Fédération interreligieuse pour la paix mondiale, dont il a présenté les buts dans un discours prononcé à Rome sur le thème : « La rencontre interreligieuse doit devenir une réalité. » Voici quelques extraits de cette conférence :

« Le seul chemin pour rassembler l'humanité est que les aspects matériels et religieux soient réunis. »

« Le Conseil mondial des Églises aurait dû aller beaucoup plus loin dans le dialogue, si la chrétienté européenne n'y avait pas mis un frein aussi fort. »

« Par le passé, nous avons noué le dialogue pour nous comprendre réciproquement, mais aujourd'hui nous devons aller plus loin : nous devons nous fixer un but précis. Ce dont nous avons besoin maintenant, c'est d'une éducation de l'esprit, car dans toute religion, les doctrines et les dogmes sont moins importants que la formation de l'esprit. Celle-ci ne peut pas se réaliser par des prédications, mais seulement par la transformation des institutions et des cultures. »

« Les conducteurs d'autres religions doivent prendre l'initiative au lieu de s'adapter à un schéma fixé par des chrétiens. Il est très difficile, surtout pour les Occidentaux, de sortir de leur situation. Il est très malaisé de s'arracher à cette intégration dans laquelle l'éducation occidentale nous a englués. Par une formation de l'esprit avec ses pratiques, par l'ascétisme, la méditation et spécialement par un changement du système éducatif, nous devons y parvenir. »

Il y a, derrière ces propos, un terrorisme au but encore caché : la formation tellement souhaitée par le Conseil mondial des Églises est manifestement alignée sur le temps de la fin, celui de la grande tribulation, où il s'agira soit d'accepter la « prostituée » babylonienne, comme la Bible l'appelle, l'Eglise unitaire, adorer la « bête » et recevoir sa marque, soit d'être exclu de la société, d'être un paria, et de ne pouvoir ni acheter ni vendre. Tout cela conduit à ce que Jean a pu distinguer dans ses détails voici pratiquement 2000 ans sur l'île de Patmos. Lisez donc Apocalypse 13, et vous verrez avec quelle exactitude la Parole de Dieu s'accomplit.

Le jugement de Dieu jadis et aujourd'hui
En un temps de ruine où le peuple d'Israël ne s'était jamais aussi nettement détourné de Dieu, Elie fut appelé par l'Éternel ; sa mission : exhorter les Israélites à se repentir et à se décider entre Baal et Lui. Ce prophète dut annoncer à l'impie Achab le jugement qui le frapperait ainsi que sa postérité, sans oublier Jézabel qui avait incité Achab à agir méchamment.

Ce fut la dernière tâche qu'Elie dut effectuer avant son enlèvement. La dernière mission dont l'Eglise du Seigneur a été chargée avant son enlèvement consiste à faire entendre la voix d'« Elie », à exhorter les gens à se repentir et à se tourner vers le vrai Dieu en acceptant par la foi l'oeuvre accomplie par Jésus sur la croix de Golgotha, le seul chemin qui mène à la vie éternelle. Et sa mission est aussi d'annoncer qu'un jugement est réservé pour ceux qui ne se repentiront pas.

En son temps, Elie n'a pas pu empêcher la ruine de son peuple, tout comme l'Eglise ne pourra le faire actuellement. Il est écrit que Christ ne reviendra pas avant que « l'apostasie ne soit arrivée » (2 Thess. 2,3). Il faut que nous criions ce message tant qu'il est encore temps, car le jour vient où personne ne pourra plus travailler.

Le paganisme refoulé au cours de l'histoire de l'Eglise réapparaît aujourd'hui. Nous assistons à un syncrétisme par la fusion des doctrines philosophiques, des cultures et des religions. Ce développement a conduit à une idolâtrie comme elle existait au temps d'Achab et de Jézabel et a abouti au vol de la vigne de Jizréel. Actuellement, il s'agit de la vigne biblique, de l'Eglise du Seigneur, dont on veut qu'elle serve les intérêts du monde et qu'elle soit touchée par les puissances antichrist.

Jézabel forme un pont entre le livre des Rois et celui de l'Apocalypse, entre l'apostasie et l'idolâtrie du peuple d'Israël sous le roi Achab et l'apostasie de la chrétienté au temps de la fin. L'esprit de Jézabel relie le passé d'avant Jésus-Christ au paganisme moderne.

Une assemblée qui croit qu'aujourd'hui les temps ont changé par rapport à jadis, que l'on ne peut plus être aussi étroit d'esprit, que l'on doit s'ouvrir et s'adapter, que l'on doit offrir aux gens un programme qui leur plaît, pour que l'on ne se perde pas - une assemblée qui pense ainsi et agit dans ce sens est pénétrée de l'esprit de Jézabel et doit s'entendre dire : « J'ai contre toi que tu laisses faire la femme Jézabel »

Elie fut appelé à sortir du monde profane. Il dut apprendre à ne rien faire par ses propres forces. Quand il se cacha au torrent du Kérith, il reçut de l'eau à boire : celle de la vie ! Dieu ordonna aux corbeaux de le nourrir du pain de la vie. Il apprit et fit le contraire de ce qu'Achab et Jézabel faisaient. La séparation est le contraire du syncrétisme, de l'adaptation et du mélange.

La puissance spirituelle n'est pas portée par de l'agitation chrétienne ; elle ne l'est que par la prière à genoux devant le Père céleste où l'on se tient à l'écart comme jadis Elie au torrent du Kérith.

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