Appel de minuit
n° 8-août-2002
Texte
intégral
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Christival - Pour quoi
faire ?
« La foule
se déchaîne. On fête
Jésus... Une véritable
euphorie autour de Jésus enveloppe
la région. Tous sont enthousiastes
- tous, sauf Jésus, qui
déserte au plus vite, ne
cautionnant en aucun cas ce type de culte
fanatique. »
Je ne peux
qu'approuver de tout coeur ces propos de
Klaus Göttler, le
vice-président du
« Christival », un
rassemblement de jeunes qui se tiendra en
octobre 2002 à Kassel. Ce dernier a
écrit cette phrase dans le
deuxième numéro du journal
du Christival (page 3), imprimé en
mars 2002 à 300.000 exemplaires et
distribué à l'époque
dans les églises et paroisses du
pays comme exemplaire
d'inscription.
Hélas
pourtant, de nombreux autres commentaires
et remarques mentionnés dans ce
journal par l'organisation ne concordaient
pas du tout avec ces phrases. Si l'on lit
en particulier les indications
données sur les
« festivals »
(même les travaux sur la Bible
organisés le matin s'appellent
maintenant « Fête de la
Bible » - voir pages 6 et 7)
prévus en soirée, on a
l'impression qu'il s'agit plutôt
d'une fête que de l'adoration de
Dieu et de Son Fils Jésus-Christ.
Quelques exemples à ce propos,
tirés du journal
Christival :
« Quand la nuit
tombe, le Christival n'est pas encore
fini, tant s'en faut. Avec 'Douce Nuit',
'Bruyante Nuit' et 'Sainte Nuit',
l'équipe de nuit prend possession
des lieux... L'offre ultime :
culture, cabaret, messe, culte, chill out,
bain de minuit, fête jusqu'à
l'épuisement font de chaque nuit un
événement
inoubliable. » (page
7)
« Piscine
Festival : crazy music & cool
talk, action humide pour effets
prononcés... sans vous mouiller les
pieds ?! - Prenez votre maillot de
bain ! » (page
9)
« Jesus Dance
Experience : Dance and Hip-hop Party
avec Jésus au centre des
débats. Faire la fête avec
Jésus, se laisser enthousiasmer par
lui : ce festival te fait bouger. Hot
beats et fat styles plantent le
décor adéquat. 'Jesus first'
signifie ici : Jésus fixe le
groove de la fête et t'invite
à trouver le bon rythme de ta
vie. » (page 9)
« Welcome to
showbiz... On prend 100% de vraies
'stars', un soupçon de glamour, une
lampée de jeux, une prise d'action
et on assaisonne le tout avec un
mélange bien épicé de
V. I. P et de
célébrités.
Voilà comment nous préparons
le feu d'artifice du divertissement :
le Christival Showbiz
Festival. » (page 9)
« Laugh parade. Le
festival pour tous ceux qui aiment
rire ! Humour, blagues et amusements
sans prendre de pauses... Parmi les
invités : Jésus-Christ,
Arno Backhaus, Die Misteln, David Kadel,
Stefan Schneider, Katherine Brudereck,
Tortsten Hebel et bien
d'autres ! » (page
9)
Parmi les
séminaires, on trouve aussi - parmi
les nombreuses bonnes idées -
celles-ci :
« S.
402: Programme de mise à jour
loisirs : Avez-vous
déjà
expérimenté les loisirs
'style Harry Potter' ? Des souvenirs
des Hits Bravo ? Ou adapté
l'évangile en série
télévisée ? Des
idées d'hier et de
demain. » - « S. 403:
Atelier Dance-hip-hop » -
« S. 409: Être
chrétien et le sport de combat,
avec Jésus-Christ comme
priorité dans la vie. Nous
apprenons à connaître les
possibilités des sports de
combat... » (page
14)
Ces exemples
montrent que les frontières avec le
monde, y compris l'occultisme
(« Harry Potter »,
« Sport de combat »,
musique occulte extatique) et le
blasphème (p. ex. « Laugh
parade » avec Jésus comme
« participant » !)
sont largement dépassées. La
langue dans laquelle est emballée
l'invitation à l'Évangile
témoigne de bien plus qu'une simple
absence de goût - elle est
l'expression de l'appauvrissement et du
nivellement spirituels intérieurs
de nombreux chrétiens ! je dis
cela avec une grande tristesse, car je
faisais partie jusque là moi aussi
des Évangéliques et avais
même collaboré dans les
premières années au
Christival, sans bien sûr en
accepter toutes les évolutions.
Oui, cela m'attriste que visiblement, de
plus en plus de gens actifs dans le
domaine évangélique soient
sur le point de perdre tout respect de
Dieu et de rabaisser le Très-Haut
au niveau de l'esprit du temps, ce qui ne
peut que choquer les chrétiens
sérieux.
Je prierai tous
les organisateurs et collaborateurs du
Christival de réfléchir aux
questions suivantes : Jésus
est-il un objet d'amusement - ou le Fils
saint et pur de Dieu ? Des
thèmes comme le
« péché »,
la « repentance » et
la « croix »
conviennent-ils à un programme de
divertissement - ou n'existe-t-il pas ici
une contradiction inconciliable ?
Pouvons-nous et avons-nous le droit de
louer Dieu sur des rythmes techno et
hip-hop extatiques qui exposent les gens
à des puissances démoniaques
- ou devrions-nous plutôt le faire
avec « des psaumes, hymnes et
cantiques
inspirés ? »
(Col.
3,16). Les
Évangéliques - pour quoi
faire ?
La distinction
qu'a faite le Dr A. W. Tozer il y a de
nombreuses années à propos
de « la nouvelle et de
l'ancienne croix » s'applique
encore de manière
prophétique à
l'évolution actuelle. Tozer
écrivait :
« De
manière complètement
inaperçue, notre époque
moderne a vu une nouvelle croix
s'introduire dans de nombreux cercles de
croyants. L'ancienne croix n'a rien
à voir avec le monde... Pour la
chair orgueilleuse d'Adam, elle signifiait
la mort... La nouvelle croix ne s'oppose
pas au monde. Il s'agit en fait d'un
compagnon amical et, si on comprend bien,
d'une source de divertissements bons et
intègres et de plaisirs innocents.
Elle laisse l'homme vivre sans
l'importuner. Ses motivations pour la vie
restent inchangées. Il vit toujours
pour son propre plaisir, sauf qu'il chante
maintenant des cantiques chrétiens
et regarde des films religieux au lieu de
chanter des chansons choquantes ou de
consommer des boissons fortement
alcoolisées. L'accent est toujours
mis sur le plaisir, même s'il a
atteint maintenant un standard moral, si
pas intellectuel, plus
élevé. »
Et Tozer de
conclure, à l'adresse des
prédicateurs :
« La
prédication qui tire de beaux
parallèles entre la voie de Dieu et
celle des hommes est, du point de vue de
la Bible, fausse. Il s'agit d'une horrible
faute vis-à-vis du coeur de ceux
qui écoutent. La foi dans le Christ
ne se développe pas
parallèlement au monde, elle le
traverse. Quand nous venons à
Christ, nous n'élevons pas le
niveau de notre ancienne vie, mais nous la
laissons sur la croix. Le grain de
blé doit tomber en terre et
mourir.
Nous qui
prêchons l'Évangile, notre
rôle n'est pas d'intervenir comme un
médiateur public envoyé pour
négocier un bon accord entre le
Christ et le monde. Nous ne devons pas
nous imaginer que notre mission est
d'adapter le Christ au progrès,
à l'opinion publique, au sport ou
à la culture moderne... Notre
message n'est pas un compromis, mais une
alternative. »
Pouvons-nous
encore entendre aujourd'hui cette voix qui
nous met en garde ?
DR. LOTHAR
GASSMANN
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