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Appel de minuit

n° 7-juillet-2002
Texte intégral

 

Le bonheur d'être faible

Dans notre monde, la pensée générale est que les forts sont pratiquement toujours des gens heureux. Mais au plan spirituel, c'est le contraire qui est exact.
MARCEL MALGO

Y a-t-il vraiment un bonheur qui procède de la faiblesse ? Cela paraît étonnant et contestable. Pourtant, l'apôtre Paul affirme que Dieu lui a dit : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse. je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi » (2 Cor. 12,9).

L'homme et l'âne
Un jour, j'ai demandé à mes deux enfants aînés comment ils qualifieraient un âne. Leur réponse : « Un âne est présenté comme étant bête, récalcitrant et entêté ; mais il est probablement un animal intelligent. » J'ai trouvé cette réponse raisonnable, d'autant plus que nous, les êtres humains, sommes considérés comme intelligents et logiques, même si nous nous comportons souvent d'une manière stupide, rebelle et entêtée. Ce n'est pas sans raison que le Psaume 32,9 nous adresse cette exhortation : « Ne soyez pas comme le cheval, comme le mulet, qui n'ont pas d'intelligence, dont l'ornement est la bride et le mors, pour les refréner quand ils ne veulent pas s'approcher de toi » (version Darby).

Effectivement, l'âne est classé comme étant un animal rebelle, bête et faible de caractère. Dans notre langue, elles ne sont pas rares les expressions qui établissent un lien entre l'incapacité et la stupidité humaines avec l'âne, comme par exemple « pont aux ânes ». Il s'agit là d'un moyen de remédier à une faiblesse de la mémoire. Ou pensons aussi à ce mot « ânerie », qui signifie « radotage, pauvreté de pensée, parole légère, ineptie, idiotie, non-sens ». Il y a des gens qui plient un coin d'une feuille de cahier ou de livre pour retrouver l'endroit où ils ont laissé leur lecture ; cela s'appelle « oreille d'âne ». Quant à ce terme lapidaire « espèce d'âne », que certains se jettent facilement réciproquement à la tête, le sens en est : « Il y a quelque chose qui cloche chez toi » ou « Il t'en manque ! » - des choses pas agréables du tout à entendre. Des expressions destinées à marquer l'incapacité ou la stupidité font intervenir l'âne en guise d'illustration.

Que dit la Bible sur l'âne ?
Déjà Abraham et Jacob tenaient l'âne pour un animal indispensable. Il servait comme bête de charge ou de trait, mais aussi comme monture à un chef de peuple ou à un guerrier. Que l'âne ait été très important pour son propriétaire, cela nous est, entre autres, prouvé par le fait que le jeune Saül fut chargé par son père de retrouver des ânesses égarées (1 Sam. 9,3.20). C'est là un aspect biblique de l'utilité de cet animal.

Par ailleurs, il y a le fait que, dans l'Ancien Testament, les ânes appartenaient aux bêtes impures, ce qui diminuait fortement leur valeur. C'est pourquoi ils ne pouvaient pas être présentés comme viande à manger ; ce n'est qu'en cas d'extrême nécessité que cela pouvait se faire, ainsi notamment lors du siège de Samarie, où une tête d'âne coûtait 80 sicles d'argent (2 Rois 6,25).

Le fait que ces animaux étaient considérés comme impurs signifiait aussi que, contrairement aux bêtes pures, leur premier-né ne pouvait pas être consacré à l'Éternel. Il était dit aux Israélites : « Quand l'Éternel t'aura fait entrer dans le pays des Cananéens... tu consacreras à l'Éternel tout premier-né, même tout premier-né des animaux que tu auras : les mâles appartiennent à l'Éternel. Tu rachèteras avec un agneau tout premier-né de l'âne ; et, si tu ne le rachètes pas, tu lui briseras la nuque » (Ex. 13,11-13).

Aujourd'hui encore, les ânes connaissent une vie discrète, monotone et souvent pitoyable. Mais au temps du Seigneur Jésus, un âne insignifiant pouvait occuper une position enviable. À cette lointaine époque, les officiers romains montaient des pur-sang de valeur. Les riches Arabes et les Bédouins possédaient des chameaux à dos desquels ils traversaient des villes comme Jérusalem par exemple. Par contre, quand le Roi des rois entra dans Sa ville (Jérusalem), ce ne fut ni sur un cheval ni sur un chameau, mais bien :

Sur un ânon
Nous lisons en Jean 12,14-15: « Jésus trouva un ânon, et s'assit dessus, selon ce qui est écrit : Ne crains point, fille de Sion ; voici, ton roi vient, assis sur le petit d'une ânesse. » L'évangéliste Matthieu raconte cette histoire ainsi : « Lorsqu'ils approchèrent de Jérusalem, et qu'ils furent arrivés à Bethphagé, vers la montagne des Oliviers, Jésus envoya deux disciples, en leur disant. Allez au village qui est devant vous ; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée, et un ânon avec elle ; détachez-les, et amenez-les-moi. Si, quelqu'un, vous dit quelque chose, vous répondrez. Le Seigneur en a besoin. Et à l'instant il les laissera aller Or, ceci arriva afin que s'accomplît ce qui avait été annoncé par le prophète. : 'Dites à la fille de Sion : Voici, ton roi vient à toi, plein de douceur, et monté sur un âne, sur un ânon, le petit d'une ânesse. 'Les disciples allèrent et firent ce que Jésus leur avait ordonné. Ils amenèrent l'ânesse et l'ânon, mirent sur eux leurs vêtements, et le firent asseoir dessus » (Matth. 21,1-7).

Dans la Bible, ce n'est que d'une seule créature qu'il a été dit : « Le Seigneur en a besoin » (Matth. 21,3) ; c'est d'un âne. Cet animal a été choisi pour devenir porteur de la gloire du Seigneur ; cette bête si souvent méprisée a pu servir de monture au Fils de Dieu dans la ville de Jérusalem. Vous devriez y penser, quand vous qualifiez quelqu'un d'âne. Vue sous cet éclairage, cette insulte est en fait un honneur !

L'ânon de Bethphagé nous montre ce que signifie voir la faiblesse changée en honneur. Cette créature effacée a atteint le sommet de sa vie au moment où elle a pu porter le Seigneur de gloire dans la ville de Jérusalem. Un immense bonheur dans une profonde faiblesse ! Une fleur de triomphe poussant dans le marécage de l'oubli et de la misère ! Évidemment, l'âne ne savait pas ce qui se passait en réalité. Mais un proverbe dit : « Un âne ne heurte jamais une deuxième fois la même pierre. » Le sens en est que même cette bête a un peu d'intelligence. J'admets donc que cet ânon saisissait que quelque chose se produisait qu'il n'avait jamais connu auparavant : tant de gens poussant des cris d'allégresse ! Au lieu de se voir charger brutalement de lourds fardeaux, voici qu'on lui mettait soigneusement sur le dos des vêtements et que quelqu'un s'y asseyait avec précaution. Et point de coups de bâton ou de verge s'abattant sur lui ! De plus, des palmes mises devant ses sabots. Oui, vraiment, un sommet dans sa triste vie d'âne ! Pourquoi tout cela ? Parce qu'il avait été choisi pour transporter le Seigneur de gloire à Jérusalem !

Porteur de la gloire de Jésus
Si nous appartenons à Christ, nous sommes choisis pour être porteurs de Sa gloire. Nonobstant la question de savoir si nous sommes faibles ou méconnus, que nous nous sentions misérables et découragés, que notre vie soit insignifiante - nous sommes élus pour refléter quelque chose de la gloire de Jésus, afin que de nombreuses personnes puissent Le rencontrer et Le connaître.

Bien des gens sont actuellement surmenés et courbent la tête à la manière d'un âne, qui n'a sous les yeux qu'un petit bout de terre. Il n'y a rien de plus triste que de sombrer dans l'examen de soi et de s'abîmer dans des sombres réflexions. Oh, si nous pouvions réaliser que

  • dans notre grande faiblesse, nous pouvons être remplis de bonheur,
  • notre solitude peut être éclairée,
  • chaque heure ténébreuse de notre existence peut cesser.

Oh, si nous laissions se produire ce qui est arrivé à l'ânon de Bethphagé : être porteur de la gloire du Seigneur ! Nous saurions alors ce que signifie voir sa propre faiblesse transformée en bonheur ; nous constaterions que les plus belles fleurs peuvent pousser dans le marécage du découragement.

Cette jubilation de la foule n'était naturellement pas pour l'ânon ; les regards amicaux ne lui étaient pas destinés. Ce n'était pas par intérêt pour lui que des vêtements étaient déposés sur son dos et que des palmes étaient éparpillées devant ses pas. Non, tout cela était pour Celui qui allait entrer à Jérusalem assis sur son dos. Cependant, le jeune animal participait à tout ; il vivait quelque chose d'inhabituel.

Si nous cessions de regarder à nous-mêmes, aux circonstances et aux autres humains, tant de choses changeraient. Si nous commencions réellement à apporter la gloire de jésus à notre prochain, en étant chacun une lettre de Christ et une bonne odeur pour Lui, de la « lumière et du sel », de toutes nouvelles perspectives s'ouvriraient et bien des gens mettraient leur confiance en Lui. Tant le Seigneur Jésus que Paul ont clairement défini ce que, comme chrétiens nés de nouveau, nous devrions être :

  • « Vous êtes le sel de la terre » (Matth. 5,13).
  • « Vous êtes la lumière du monde » (Matth. 5,14).
  • « Vous êtes manifestement une lettre de Christ » (2 Cor. 3,3).
  • « Nous sommes, en effet, pour Dieu le parfum de Christ » (2 Cor. 2,15).

Si, en vérité, nous étions « sel », « lumière », « une lettre de Christ » et « pour Dieu, une bonne odeur de Christ », nous recevrions des bénédictions que nous n'avons jamais connues auparavant ; nous connaîtrions des choses auxquelles nous n'avons pas fait attention dans le passé ; nous serions remplis d'une joie insoupçonnée ! Nous expérimenterions littéralement ce que signifie voir notre grande faiblesse changée en un immense bonheur intérieur.

Ce n'est pas que nous nous transformerons fondamentalement ni que les autres ou les circonstances devront changer. C'est bien plutôt notre relation avec Christ qui subira une transformation, notre disposition à Son égard qui sera totalement renouvelée, notre vie qui sera axée sur Lui seul.

L'ânon de Bethphagé n'est pas devenu soudain un pur-sang. Les gens tout autour sont restés ce qu'ils étaient et le décor n'a pas changé. Mais parce que portant Jésus et Sa gloire, il a vu son existence prendre de formidables perspectives : les gens prendre un tout autre aspect, tout comme la vieille rue empoussiérée sous ses pas.

Pourquoi ne commençons-nous pas à sortir par la foi de notre propre faiblesse pour devenir enfin des porteurs de la gloire du Seigneur ? Pourquoi n'abandonnons-nous pas notre position solitaire, choisie délibérément par nous, pour servir totalement à la gloire du Seigneur ? Jésus a dit au sujet de cet ânon : « Le Seigneur en a besoin. » Il a aussi besoin de vous ! Cela ne veut pas dire que tout dans votre vie doit changer, mais que votre existence doit s'axer sur Lui seul !

Devenez un porteur de Sa gloire, et vous verrez sous un autre jour tout ce qui vous semble maintenant si difficile, par exemple les relations entre les humains : les gens peuvent ruiner bien des choses, détruire des espérances, anéantir des plans et causer ainsi de grandes souffrances intérieures. Vous l'avez certainement déjà constaté. Si c'est le cas, pensez à l'ânon de Bethphagé : les personnes qui l'avaient peut-être frappé auparavant, il les voit maintenant sous un éclairage différent ; elles rient et rayonnent, certes pas à cause de lui, l'âne, mais à cause de Celui qui est assis sur son dos : Jésus-Christ. Il a cependant senti la chaleur qui émanait du Seigneur.

Si nous devenons vraiment des porteurs de la gloire de Jésus-Christ, nous irons à la rencontre des gens, même les plus désagréables, comme jamais nous n'aurions pu le faire dans le passé. Alors se réalisera dans notre vie ce qui est écrit en 2 Corinthiens 5, 16: « Ainsi, dès maintenant, nous ne connaissons personne selon la chair... »

Ce que l'ânesse de Balaam a à nous dire
Alors que le peuple d'Israël, dans sa marche vers la Terre promise, campait devant le pays de Moab, le roi de ce pays, Balak, fut gagné par une vive inquiétude. Il envoya des messagers chez le devin Balaam. pour lui adresser la demande de maudire Israël. Il en serait royalement récompensé. Après quelques hésitations, l'homme sella son ânesse pour se rendre auprès de Balak, en Moab.

L'Éternel, très irrité par ce voyage de Balaam, alla à sa rencontre : « ... l'ange de l'Éternel se plaça sur le chemin pour lui résister Balaam était monté sur son ânesse, et ses deux serviteurs étaient avec lui » (Nombres 22,22). Et voici ce qui arriva : « L'ânesse vit l'ange de l'Éternel qui se tenait sur le chemin, son épée nue dans la main ; elle se détourna du chemin et alla dans les champs. Balaam frappa l'ânesse pour la ramener dans le chemin. L'ange de l'Éternel se plaça dans un sentier entre les vignes ; il y avait un mur de chaque côté. L'ânesse vit l'ange de l'Éternel ; elle se serra contre le mur et pressa le pied de Balaam contre le mur Balaam la frappa de nouveau. L'ange de l'Éternel passa plus loin, et se plaça dans un lieu où il n'y avait point d'espace pour se détourner à droite ou à gauche. L'ânesse vit l'ange de l'Éternel, et elle s'abattit sous Balaam. La colère de Balaam s'enflamma, et il frappa l'ânesse avec un bâton » (v. 23-27).

Trois fois, l'ânesse vit l'ange de l'Éternel ; à deux reprises, elle se mit de côté ; et à la troisième, elle tomba même sur les genoux. Balaam, énervé par ce comportement de la bête, la frappa avec son bâton. En tant que croyants, que pouvons-nous en tirer comme leçon ?

Chaque vraie rencontre avec le Seigneur Jésus-Christ - pour la première fois ou de nouveau - provoque des secousses dans le royaume des ténèbres. Quand quelqu'un se décide à devenir un porteur de la gloire de l'Agneau de Dieu, de l'opposition se manifeste depuis le monde invisible : des épreuves, des combats et parfois même des coups douloureux.

Au moment où nous devenons porteurs de la gloire de Jésus, de nouveaux horizons s'ouvrent à nous. D'une part, nous voyons soudainement d'un autre oeil des circonstances bien déterminées et nous pouvons avoir des relations bien meilleures avec des gens peu commodes. Mais d'autre part, nous rencontrerons de nouvelles épreuves ; nous recevrons même des coups, comme ce fut le cas pour l'ânesse de Balaam. Cela ne vous est-il pas déjà arrivé ? Vous lisez la Bible dans le secret de votre chambre ; la Parole vous interpelle. Vous priez l'Éternel ; vous implorez Sa bénédiction pour bon nombre de personnes que vous citez de nom ; vous criez à Lui dans la foi pour la conversion d'incrédules. C'est comme si vous vous trouviez « sur le mont Thabor ». À peine avez-vous ouvert la porte que des attaques de toutes sortes s'abattent sur vous. Vient alors se poser à vous l'angoissante question de savoir si vous n'auriez pas prié incorrectement. De votre coeur sort de cri : « Seigneur, pourquoi ? » Une seule réponse à cela : « Or, tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés » (2 Tim. 3,12).

Les images des deux ânes bibliques se fondent ici en une seule : l'ânon de Bethphagé nous apprend à « vivre pieusement en Jésus-Christ », en devenant des porteurs de la gloire du Seigneur. L'ânesse de Balaam nous montre quelles sont les conséquences d'une vie de piété dans le Christ Jésus : « ... seront persécutés ». Les coups et les épreuves ne nous seront alors pas épargnés ! Cela est au fond logique, car Satan, le grand adversaire du Seigneur, ne se réjouit nullement quand des enfants de Dieu se ressaisissent pour donner enfin à Jésus, dans leur vie, le plein honneur qui Lui revient. Il se manifeste alors « comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera » (1 Pi. 5,8).

Parce qu'une vie de piété s'attire de la persécution, Paul et Barnabas fortifièrent jadis les disciples et les exhortèrent à rester dans la foi par ces mots : « C'est par beaucoup de tribulations qu'il nous faut entrer dans le royaume de Dieu » (Actes 14,22). Et Paul écrivit aux chrétiens de Thessalonique : « Car vous savez vous-mêmes que nous sommes destinés à cela » (1 Thess. 3,3). Et cet encouragement de Pierre : « Bien-aimés, ne soyez pas surpris, comme d'une chose étrange qui vous arrive, de la fournaise qui est au milieu de vous pour vous éprouver. Réjouissez-vous, au contraire, de la part que vous avez aux souffrances de Christ, afin que vous soyez aussi dans la joie et dans l'allégresse lorsque sa gloire apparaîtra » (1 Pi. 4,12-13).

Qu'est-ce qui est d'une plus grande importance : une rencontre intime avec notre Seigneur et Sauveur, ce qui nous vaut des épreuves et des coups, ou une vie tranquille sans combats, mais aussi sans communion vivante et vraie avec Jésus ? Si vous êtes né de nouveau, vous préférerez certainement une vie d'étroite communion avec le Seigneur Jésus, même si cela doit vous coûter des larmes. « Or, tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés » (2 Tim. 3,12). C'est le prix à payer pour ce qu'il y a de meilleur ici-bas : une communion intime avec Christ !

Qui veut payer ce prix ?
L'apôtre Paul était prêt à le faire. Lisons son témoignage en 2 Corinthiens 12,9: « Il m'a dit. Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi. » Dieu a trouvé nécessaire de maintenir Son serviteur dans l'humiliation à cause des révélations qui lui avaient été faites, dans la sage intention de le garder de tomber dans l'orgueil : « ... il m'a été mis une écharde dans la chair, un ange de Satan pour me souffleter... » (v.7).

Paul dut endurer cette dure épreuve. Trois fois, il avait supplié le Seigneur de le débarrasser de cette écharde. Mais elle ne lui fut pas enlevée ; Dieu lui dit : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse » (2 Cor. 12,9). En d'autres termes : Paul, si tu supportes ces épreuves et ces coups, il te sera donné quelque chose de formidable : J'entrerai en communion étroite avec toi en faisant puissamment agir ma force en toi ! Ne voyons-nous pas là le bonheur qui procède de la faiblesse ?

Voici la réponse de l'apôtre à cette offre divine : « Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi. » Autrement dit : Je veux payer le prix pour obtenir ce qu'il y a de meilleur ici-bas : une intime communion avec Christ. Et il ajoute dans le verset suivant : « C'est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ ; car, quand je suis faible, c'est alors que je suis fort » (v. 10). C'est pourquoi je vous souhaite - au sens figuré - d'être utile comme l'ânon de Bethphagé et de dire un oui du fond du coeur à l'expérience de l'ânesse de Balaam !

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