Appel de minuit
n° 7-juillet-2002
Texte
intégral
|
D'autres
échos retentissent
également
Dans toute l'Europe,
les voix s'élevant contre
Israël se multiplient. Comme l'a
rapporté « Idea
Spektrum », le Président
fédéral allemand Johannes
Rau a qualifié de
« preuve
d'amitié » le fait que
l'on suive de manière critique la
politique gouvernementale
israélienne.
ors d'un
congrès du parti FDP, le politicien
pro-Arabes Jürgen Möllemann a
vivement critiqué Israël.
À cette occasion, il n'a pas
cité une seule fois Yasser Arafat
alors qu'il a été
prouvé entre-temps que le
président de l'OLP a
énergiquement soutenu le terrorisme
contre Israël. Mais M. Möllemann
a accusé Israël de
perpétrer un terrorisme
d'État à l'encontre de la
Palestine. Le député vert du
Landtag, Jamal Karsli, est passé au
FDP avec, pour seule raison, de vouloir
renforcer la position critique à
l'égard d'Israël
prônée par M.
Möllemarin. Les hommes d'Eglise non
plus ne s'abstiennent pas d'exprimer de
sérieux reproches. Ainsi, le
président du Conseil de l'Eglise
évangélique d'Allemagne,
Manfred Kock, ne voit pas « de
possibilité de renoncer aux
critiques à l'encontre de la
politique israélienne ».
Dans son journal paroissial, un pasteur
évangélique critique
également l'attitude d'Israël
et pousse ainsi les pratiquants à
s'opposer à ce pays. Sans oublier
la plupart des médias et des voix
politiques en Europe qui s'expriment
plutôt négativement à
l'égard d'Israël.
Cependant, il y
a aussi d'autres échos. La plupart
du temps, ils sont audibles dans les
courriers des lecteurs et sont souvent
justes. En voici plusieurs
extraits :
- Jorge de la
Parte, de Calpe en Espagne, dans le
« Spiegel-Leserbrief »
(N° 19/ 2002) :
« Je me refuse à
reconnaître les Islamistes comme
des 'soldats de Dieu'. Ils ne luttent
pas pour Dieu, ni en Son nom. Ils se
battent pour eux et pour personne
d'autre. »
- En outre, une
agence de presse écrit à
propos d'une étude relative
à l'antisémitisme dans
des sociétés
islamiques : « Celui qui
voyage souvent en Orient a certainement
déjà vécu une
scène désagréable
telle que la suivante : un
chauffeur de taxi, qui, d'un regard
expérimenté, vous a
rapidement identifié comme
Allemand ou Allemande, veut exprimer sa
sympathie par l'expression 'Hitler gutl
'. De temps à autre, 'Mein
Kampf' ou 'Les Protocoles des Sages de
Sion' sont publiquement offerts
à la vente dans les
étalages de librairies
arabes » (« Idea
Spektrum », N°
19/2002).
- Un lecteur a
écrit à un grand
hebdomadaire allemand :
« Les Palestiniens sont
incontestablement un peuple
opprimé, mais voici que vient se
poser à moi cette
question : Comment, pour l'amour
du ciel, les Palestiniens entendent-ils
jamais pouvoir parvenir à un
État viable, s'ils envoient
leurs propres enfants à la mort
et ne sont même pas capables,
dans un petit territoire,
d'empêcher que soient
perpétrés des attentats
suicides bien organisés contre
des innocents ? Cela ne
signifie-t-il pas plutôt que les
leaders et une grande majorité
des Palestiniens se sont directement
impliqués dans cette
folle ? Dès lors se pose la
même question : Comment
Israël doit-il
agir ? »
- Lors de
l'attentat suicide commis par la
Palestinienne de 18 ans Ajat al-Achras
et qui a coûté la vie
à une jeune Israélienne
de 17 ans, Rachel Levi, le
« Spiegel »
(n° 19/2002) a titré
« Krieg der
Mädchen ». Un lecteur a
réagi à cette information
par ces mots : « Ils
parlent dans leur titre d'une 'guerre
des filles'. Une guerre ? Quelle
était l'arme portée par
Rachel ? Qui lui avait
déclaré la guerre ?
Vous savez, bien entendu, qu'il y a eu
un meurtre. Alors pourquoi ce
titre ? je ne me souviens pas non
plus que vos rédacteurs aient
régulièrement
visité les familles de kamikazes
afin de se pencher sur leur situation.
J'entends déjà la
justification retentir
cérémonieusement à
travers toute la pièce :
circonstances collectives.
Évidemment, le conflit est fort
compliqué. Pourtant, il serait
souhaitable qu'une jeune fille qui a
été assassinée ne
soit pas mise au même rang qu'une
fanatique endoctrinée.
Malgré toute la
compréhension pour la cause
palestinienne que vous avez apparemment
encore, sachez que la mienne s'en est
allée, emportée par tout
ce sang qui a
coulé. »
- Dans un autre
journal, on pouvait lire :
« Le reportage sur le
Proche-Orient est chez nous
horriblement partial. Lorsque des
francs-tireurs palestiniens font des
victimes et que l'armée
israélienne use de
représailles, on ne parle
généralement que des
victimes arabes. Si des chars
israéliens entrent pendant trois
heures dans Jénine, assaillent
une centrale du Djihad islamique et
libèrent 70 prisonniers devant
comparaître devant la cour
martiale en raison de leur
collaboration avec Israël, on
annonce une 'nouvelle occupation des
territoires palestiniens' ... Et
derrière tout cela se cachent,
quelque part derrière une
régale, les 'Protocoles des
Sages de Sion', le funeste mythe de
l'aspiration du judaïsme
international à régner
sur le monde. En fait, il ne s'agit que
de la simple survie
d'Israël. »
- Uzi Landau, le
ministre israélien de la
Sécurité (Likoud), a
déclaré lors d'une
interview pour le magazine viennois
« Profil » (N°
33/01) : « ... les
États européens ont
causé la mort de centaines de
civils lorsqu'ils sont intervenus au
Kosovo. Ils n'ont vraiment aucun droit
de nous dire ce que nous devons faire.
Que feriez-vous si quelqu'un commettait
un attentat suicide à
l'Opéra de Vienne ? ... En
temps de guerre, on ne se trouve pas
devant un juge. On se
bat. »
- Peter Forster,
expert suisse du Proche-Orient et
ancien correspondant en Israël, a
été interviewé par
le « Coopzeitung »
(n° 18/2002) sur le thème
du « Conflit au
Proche-Orient ». Il a
notamment raconté ce qui suit
à propos de Ramallah :
« Équipé d'un
petit appareil photo, j'étais
là aux alentours de midi.
Plusieurs
adolescents palestiniens se trouvaient
autour de moi. Je voulais qu'il me disent
s'il n'y avait pas de soulèvement
ce jour-là. Le chef, un adolescent
d'environ 18 ans, désigna sa montre
et dit : 'Aujourd'hui, l'Intifada a
lieu à 15 heures'. ... J'ai
attendu. Peu avant 15.00 heures, des
journalistes de CNN sont apparus. Quelques
minutes plus tard, d'autres personnes de
la télévision installaient
leur caméra. Ensuite, tout s'est
déclenché le feu mis
à des pneus, des fumigènes
s'envolant dans le ciel - il y a eu des
manifestations et des tirs. Lorsque,
à 17 heures, les équipes de
télévision
terminèrent leurs prises de vue,
l'Intifada s'acheva, elle aussi, du moins
pour ce jour-là. »
À la question :
« Pourquoi, malgré son
attaque massive contre les Palestiniens,
prenez-vous encore parti pour
Israël ? », Forster
répondit : « Parce
que je suis convaincu qu'un État
juif est nécessaire, et ce
même si je ne trouve pas que tout ce
que le Premier ministre Ariel Sharon
entreprend est correct. Je
considère le terrorisme suicidaire
des Palestiniens comme lâche, brutal
et sournois. ... J'ai l'impression que
depuis quelques semaines, les reportages
de nombreux médias sont
plutôt de tendance
pro-palestinienne. ... Il ne faut pas
perdre de vue qu'Israël a, ces
derniers temps, perdu des amis en Suisse.
... Je connais trop bien Israël pour
remettre en question mes rapports avec ce
pays et mes amis là-bas sur
place. »
Nous pouvons
remercier Dieu qu'il y ait encore des
personnes qui ne se laissent pas manipuler
par des « faiseurs
d'opinion », mais savent
réfléchir et s'engagent en
faveur d'Israël. À une
époque où même des
chrétiens et des pasteurs prennent
leurs distances par rapport à ce
pays, ceux qui croient
véritablement à la Bible
devraient profiter de cet instant et
élever leur voix en faveur
d'Israël. Récemment, quelqu'un
a dit que l'Holocauste dont s'est rendu
coupable l'État national-socialiste
d'Hitler n'a été possible
que parce que le peuple ne s'appuyait plus
sur la Bible et ne connaissait plus son
contenu. À l'époque, presque
personne n'a réagi.
L'antisémitisme a pu
s'étendre presque librement et a
même récolté un
certain succès auprès de la
population.
Joseph, jadis
rejeté par ses frères,
aurait eu le droit de les critiquer et
même de les punir. Mais lorsqu'il
les rencontra en Égypte, nous
pouvons lire à son propos :
« Il les consola en
parlant à leur
coeur » (Gen 50,21). Pensons également
à Laban qui a
persécuté son gendre Jacob
(= Israël) et avait de bonnes raisons
de le critiquer. Il fut mis en garde par
Dieu : « Garde-toi de dire quoi que ce
soit ! » (Gen. 31,24). Le roi des Moabites
également voulut faire maudire
Israël par Balaam pendant sa
traversée du désert.
Effectivement, le peuple a failli,
douté, murmuré à
plusieurs reprises. Il aurait
été possible de lui
reprocher bien des choses, tant ses
péchés étaient
nombreux. Pourtant, lorsque Balaam voulut
s'allier à l'ennemi d'Israël,
il nous est dit :
« Dieu dit à
Balaam : Tu n'iras point avec
eux ; tu ne maudiras point ce peuple,
car il est
béni » (Nomb. 22,12). Plus tard, Balaam dit
à Balak :
« Comment maudirais-je
celui que Dieu n'a point maudit ?
Comment serais-je irrité quand
l'Éternel n'est point
irrité ? » (Nomb. 23,8). Après une nouvelle
tentative de Balak de faire maudire
Israël par Balaam, il est
écrit :
« Balaam leva les yeux et vit
Israël campé selon ses tribus.
Alors l'esprit de Dieu fut sur lui. Balaam
prononça son oracle, et dit. ...
Qui le fera lever ? Béni soit
quiconque te bénira, et maudit soit
quiconque te
maudira ! » (Nomb. 24,2-3.9). Nous voyons ici ce que
l'Esprit de Dieu (contrairement à
l'esprit de ce monde) veut
provoquer : l'Esprit Saint remplit le
coeur et la bouche d'un homme croyant en
Jésus de paroles de
bénédiction pour
Israël.
Dans ce
contexte, nous pouvons nous
demander : De quel esprit l'Europe
est-elle animée ? Quel esprit
dirige la politique ? Par quel esprit
les institutions chrétiennes, leurs
représentants et certains
chrétiens sont-ils
influencés ? Nous ne pouvons
pas ne pas voir qu'Israël est conduit
vers un grand but : la venue de son
Messie Jésus-Christ. Et cela
également, Balaam l'avait
prévu et, au lieu de maudire, il
dut prédire ce qui suit :
« Je le vois, mais non
maintenant, je le contemple, mais non de
près. Un astre sort de Jacob, un
sceptre s'élève
d'Israël... Celui qui sort de Jacob
règne en
souverain » (Nomb.
24,17.19). Celui qui pense que cette
prophétie n'aurait plus aucune
valeur aujourd'hui, doit lire dans le
Nouveau Testament le paragraphe repris en
Romains
11,23-29. En
tant que chrétiens, nous avons de
bonnes raisons de bénir
Israël, de nous poster à ses
côtés et d'élever nos
voix pour ce peuple. Et ce, non seulement
parce que le christianisme a, dans son
histoire longue de deux mille ans,
causé énormément de
souffrances à ce peuple, mais parce
qu'il est aimé de Dieu à
cause des pères (Abraham, Isaac et
Jacob).
N.L.
|