Appel de minuit
n° 7-juillet-2002
Texte
intégral
|
L'amour
du Père
« J'ai tendu mes mains tous les
jours vers un peuple rebelle, qui marche
dans une voie mauvaise, au gré de
ses pensées » (Es. 65,2). Tragique, quand ce
Père aimant doit constater comment
Son peuple élu se détourne
de Lui, le Dieu qui le protège et
le conduit, pour suivre obstinément
une voie qui lui est pourtant interdite.
Avec un amour infini, Dieu a
délivré Israël de son
esclavage en Egypte d'une façon
miraculeuse, dans l'intention de faire de
lui un peuple royal sacerdotal qui serait
en bénédiction pour le monde
entier. Mais comme ces gens sauvés
ont blessé Son coeur de Père
par leur
désobéissance !
Repousser les mains bénissantes et
protectrices du Sauveur : quelle
ingratitude ! Si l'Éternel
avait retiré Ses mains ainsi
tendues, ces gens auraient foncé
droit vers une profonde misère pour
y périr. C'eût
été entièrement de
leur propre faute. Mais Dieu ne put se
résoudre à le faire. Son
amour brûlait trop pour Ses enfants
pour qu'Il puisse les abandonner. Et puis,
il y avait Sa gloire ! Les nations
païennes n'auraient pas manqué
de se moquer en proclamant que le Dieu des
Juifs n'avait pu sauver Son peuple. En
raison de l'honneur dû à Son
saint nom, l'Éternel ne pouvait et
ne voulait permettre une telle chose. Et
Il a même juré dans Sa
fidélité :
« Car les dons et l'appel
de Dieu sont
irrévocables » (Rom. 11,29). À travers le
jugement et la grâce, Il a
trouvé une voie de salut pour Son
peuple. Son grand amour rédempteur
a pu arracher l'élu à la
corruption. Dans Sa longue patience, Il a
fait cette promesse :
« Quand les montagnes
s'éloigneraient, quand les collines
chancelleraient, mon amour ne
s'éloignera point de toi, et mon
alliance de paix ne chancellera point, dit
l'Éternel, qui a compassion de
toi » (Es, 54,10).
L'amour de Dieu
est aussi comme un amour maternel, ainsi
qu'il est écrit en Esaïe
49,15:
« Une femme oublie-t-elle
l'enfant qu'elle allaite ? N'a-t-elle
pas pitié du fruit de ses
entrailles ? Quand elle l'oublierait,
moi je ne t'oublierai
point. » - Bien des parents
croyants ont élevé leurs
enfants dans la foi en Jésus-Christ
et, pleins d'espoir, les ont conduits sur
le droit chemin. Mais entre-temps, ces
jeunes ont pris « leur
envol » ; et le processus
inévitable de l'émancipation
s'est enclenché. Allant leur propre
chemin, ils s'efforcent de se faire une
place dans la société. Je me
souviens de ce père me racontant
comment, devant sa maison, il avait tendu
la main à son fils à son
départ et, plein
d'appréhension, l'avait
regardé s'éloigner. Et de
dire alors au Seigneur Jésus :
« Veuille reprendre la
surveillance et la protection de mon
fils ; moi-même ne le puis
plus. » Ce papa n'a pas
été déçu. Les
mains jointes des parents ont fait que les
mains de Dieu se sont tendues pour garder
leurs enfants, de sorte qu'ils ont
marché sur le « chemin
droit » vers le vrai
but.
Mais comme il
doit être pénible pour des
parents de penser avoir tout fait pour
leurs enfants et de devoir connaître
cette amère déception :
les voir s'engager, comme le fils
prodigue, sur la voie large qui
mène à la perdition !
Ils s'exposent au danger de sombrer dans
l'immoralité et de ruiner leur
honneur ainsi que leur santé. Le
contact avec la maison paternelle se
relâche de plus en plus pour parfois
disparaître. Qui pourra dire combien
de nuits à pleurer des parents
angoissés et blessés ont
passées, se demandant ce qu'ils
avaient bien pu commettre comme
erreurs ? Mais Dieu compte ces
larmes. Il a donné à l'homme
un libre arbitre. Si celui-ci veut suivre
une mauvaise voie jusqu'à son
terme, il devra en supporter les terribles
conséquences. Par ses propres
forces, il ne pourra plus se sortir de sa
misère. Pourtant, il y a la foi,
l'espérance et l'amour. C'est un
bonheur pour des parents croyants de
s'agenouiller devant le trône de
Dieu pour prier et lutter ainsi pour le
salut de leurs enfants, en s'appuyant sur
les promesses divines. De cette
manière, ils font se mouvoir le
puissant bras de Dieu, qui peut
tout ! L'Éternel peut encore
sauver même quand le coeur de
l'intercesseur a cessé de
battre ! Car Il ne veut pas la mort
du pécheur, mais que celui-ci se
convertisse et qu'il vive.
BURKHARD
VETSCH
|