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Les Juifs
russes sans âme russe
Dès les derniers
siècles avant notre ère, des Juifs
atteignirent, en même que les colonisateurs
grecs, les fleuves russes Dniestr, Dniepr, Bug et
Don, où ils fondèrent des
établissements commerciaux. On trouve, sur
des tombes remontant à 2000 ans, des noms
écrits en hébreu ainsi que des images
de chandeliers à sept branches et de
chofars. Leur influence dans le secteur commercial,
mais aussi dans le domaine culturel et religieux,
semble avoir été relativement
importante car, en 730, l'ensemble du peuple
khazar, ainsi que ses chefs, se convertirent au
judaïsme, qui se développa ensuite dans
le royaume homonyme, qui devint riche et
puissant.
Malgré 2000 ans en
tant que partenaires actifs de l'histoire de la
Russie, les Juifs n'y ont jamais renoncé
à leur identité, et
demeurèrent toujours un corps
étranger au sein du corps ethnique russe,
sous les tsars comme sous les
révolutionnaires. Les religions et les
formes de société allèrent et
vinrent, mais les Juifs sont demeurés Juifs:
ni les persécutions ni les succès ne
réussirent à leur faire changer leur
âme juive contre une âme russe. Souvent
les Juifs russes furent les précurseurs des
changements politiques et sociaux en Russie: ils
changèrent la Russie, mais eux-mêmes
restèrent Juifs dans l'âme et le
coeur.
Cette fidélité
des Juifs envers eux-mêmes leur valut, entre
autres, des pogroms régulièrement
répétés, car les Russes eux
aussi n'ont jamais accepté ce corps
étranger juif; aussi la Russie fit-elle
office, jusqu'à nos jours, de simple
«dépôt» pour les Juifs,
jusqu'à ce que les premiers Juifs vinssent
de Russie en Eretz Israël, en tant
qu'élite sioniste, en vue de créer
dans la Terre promise l'Etat juif. Et maintenant,
C'est la masse des Juifs russes qui affluent en
Israël.
Après 70 années
d'expérimentation, le communisme,
suscité entre autres par les Juifs Marx et
Trotsky, n'a pas réussi à se
créer un nid dans l'âme russe. Ainsi,
malgré la carotte et le bâton, le
bolchevisme n'est-il pas arrivé à
chasser l'orthodoxie de l'âme du peuple
russe, tout comme l'orthodoxie russe n'a pas
réussi à éteindre le
judaïsme chez les Juifs du pays.
Dostoïevsky, le
connaisseur de l'essence russe, écrivait:
«Le peuple russe vit entièrement dans
l'orthodoxie et dans l'idée. Hors de
l'orthodoxie, il n'existe rien en lui, il n'a rien
et il n'a non plus besoin de rien, car l'orthodoxie
est tout. Celui qui ne comprend pas l'orthodoxie ne
comprendra jamais non plus l'âme russe. Oui,
et pas seulement cela: il ne pourra jamais non plus
aimer le peuple russe. Et, d'autre part, le peuple
russe ne reconnaîtra jamais un tel homme
comme lui appartenant: si tu n'aimes pas ce que
j'aime, si tu ne crois pas en ce en quoi je crois,
et si tu n'honores pas mon sanctuaire, alors, tu
n'es pas mon frère. Celui qui veut voir les
choses autrement, le peuple l'écoutera
tranquillement, et le remerciera même pour sa
science et ses conseils. Mais il ne le
reconnaîtrait pas en tant que son semblable,
il ne lui tendra pas les mains et il lui donnera
encore moins son coeur».
Cette attitude typiquement
russe a fait que les Juifs vivant depuis 2000 ans
au milieu d'eux sont toujours demeurés des
étrangers. Même Lénine,
après 70 ans, a désormais
échoué dans cela! Bien que le
bolchevisme ait remplacé Dieu par l'homme et
créé un «homme-Dieu», en
vue de s'acquérir de cette manière
l'âme russe, le «culte
léniniste» n'est demeuré, pour
la population, qu'un simple remplaçant
provisoire de Dieu. A beaucoup de points de vue, le
bolchevisme est donc à considérer
comme l'incarnation politique de l'ancienne
espérance russe en l'arrivée du
Royaume de Mille Ans. Tous les enseignements, si
laborieusement élaborés, du
matérialisme scientifique, de la dialectique
et de l'idéologie pseudo-marxiste ne servent
en définitive qu'à la tentative de
voiler les fondements sectaires religieux de la
doctrine bolchevique du salut. L'ensemble de
l'appareil doctrinal bolchevique servait le
rêve de fonder un «Paradis sur
Terre», qui aurait dû être
atteint, une fois abattue la hiérarchie
ecclésiastique, au moyen du remplacement de
Dieu par l'homme. Ici aussi le bolchevisme s'est
servi de la dogmatique chrétienne selon
laquelle Dieu se fait homme en vue de racheter
l'homme. A ceci, les Juifs n'ont plus pu
s'associer, et ils sont de nouveau restés
à l'écart.
L'homme Lénine est le
substitut bolchevique de la divinité son
sarcophage, sur la Place Rouge, est le lieu de
pèlerinage. Dans l'organisation et la
technique, associées au développement
collectiviste, le peuple a discerné des
idées et des dogmes religieux. Les
éléments du marxisme ont ainsi
été implantés à des
fins bien déterminées dans un
compartiment bien précis de la conscience
russe: Le «coin aux icônes» de son
coeur-cerveau de croyant. Ainsi les objets les plus
simples de la technique sont-ils devenus les
ustensiles sacrés du culte et les
fétiches du progrès du bolchevique
orthodoxe. L'«Imitation de
Jésus-Christ» a été
offerte au peuple sous sa forme transformée
d'«Imitation de la technique».
C'est seulement compte tenu
de cette toile de fond qu'on peut également
comprendre la faculté de supporter la
terreur stalinienne. La «katorga» russe
en tant qu'institution pénale
remplaçait ainsi les mortifications que
s'infligeaient les sains, transformant de
douloureuses prisons en autant de saints
cloîtres, les mouchards de l'Okhrana tsariste
devenant la Tchéka communiste. L'histoire
russe apparaît évoluer selon la
terrifiante loi du «retour
éternel». L'homme russe atteint une
libération toujours renouvelée, pour
s'aménager immédiatement sa nouvelle
prison dans le cadre de la nouvelle forme de
société. Libération et
oppression, en Russie, sont indissolublement
liées. Ainsi la doctrine léniniste du
salut telle que la conçut Lénine
était-elle vouée dès le
départ à l'échec:
Lénine, en tant que Dieu, est mort! 70 ans
d'erreur appartiennent désormais au
passé! Tondis que les chrétiens
russes entrent désormais dans une nouvelle
ère russe, les Juifs retournent en
Israël, où, enfin, leur âme ne
sera plus étrangère.
Nouvelles
d'Israël Mai 1990
©
Nouvelles d'Israël
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