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Il y a
cinquante ans immigration illégale en
Eretz-lsraël
De notre correspondant
à Jérusalem
Dans les montagnes de la
Galilée, c'est l'hiver, la nuit, la
tempête. Le vent du nord fouette la pluie
glaciale contre les visages des voyageurs
épuisés qui avancent,
trébuchants, sur le sentier rocailleux
à travers les éboulis et les blocs de
pierres. Le groupe est composé de cinq
jeunes Juifs, dont une fille. Ce sont des
immigrants sans visa.
Il n'y avait plus de
permission d'immigration à l'administration
palestinienne de Lemberg. Pendant trois ans, ces
jeunes gens en route pour Sion avaient suivi une
formation agricole à la
«Haschara», après quoi ils se
rendirent à Beyrouth où des
contrebandiers leur promettaient, contre une forte
somme d'argent, de les conduire au-delà de
la frontière. Jusqu'à la
frontière tout alla bien. A partir de
là, un Arabe d'un village frontalier prit la
responsabilité. Maintenant, ensemble, ils se
battaient contre la pluie, la tempête, le
froid et les ténèbres. Tout à
coup le guide les arrêta, mit son doigt sur
ses lèvres, serra sa fortune acquise contre
lui et chuchota: «Voici la Palestine! Voici la
frontière!» D'arrache-pied on se fraya
un passage ... encore deux cents pas... une
lumière apparut au loin. Quel
agréable signe d'une présence
humaine! Mieux encore: Ils étaient sur sol
sioniste, oui, ces jeunes gens le savaient, cette
lumière venait d'une implantation juive. ils
le savaient depuis longtemps que, tout près
de la frontière nord, à
proximité de la Syrie (actuellement le
Liban, la réd.), se trouvait la vieille
colonie d'Ica, Metulla. Le guide leur fit
comprendre que, dès à présent,
ils pouvaient trouver le chemin tout seuls en
observant cette lumière. Puis il disparut
dans la nuit noire. Sans s'inquiéter, nos
cinq voyageurs continuèrent leur chemin qui
s'améliorait sensiblement. Bientôt ils
arrivèrent au village et trouvèrent
la maison, la seule illuminée à cette
heure tardive. Les jeunes gens, à bout de
force, fatigués, trempés jusqu'aux os
et grelottants mais heureux, entrèrent dans
la maison et... se trouvèrent au poste de
police de Metulla. Ils ont donc été
trompés par le contrebandier arabe qui les a
livrés aux ennemis pour beaucoup d'argent.
Le lendemain, ils furent transportés, eux,
les transgresseurs de la loi d'immigration,
à la citadelle d'Akko où ils devaient
attendre leur jugement et la déportation
immédiatement après.
Mais aucune condamnation
n'effraie les immigrants. Il arrive souvent que
l'un ou l'autre essaie plusieurs fois de traverser
la frontière sans visa. Les Arabes le savent
et en profitent. Deux jeunes filles sans les
papiers précieux sont conduites d'Akko au
tribunal de Haïfa, sous la surveillance d'une
escorte de police britannique. Dans le train, des
jeunes gens s'approchent d'elles, passent
rapidement une bague aux,doigts des jeunes filles
et récitent brièvement la formule
nuptiale juive. Maintenant, elles sont
mariées selon la loi juive, elles ont la
nationalité palestinienne et... peuvent
rester au pays. - Un policier arrête un
immigrant illégal et le conduit au poste. En
route, un groupe de travailleurs juifs le bouscule,
l'immigré profite de l'occasion et s'enfuit.
Les assaillants suivent comme des agneaux le
policier furieux et acceptent la petite punition
qui leur est infligée... ils ont
préservé l'un des leurs de la
déportation, «Les Britanniques
découvrent nos combines d'immigration
illégale - nous en trouvons d'autres. C'est
comme dans l'industrie du réarmement
où de puissants chars blindés en
appellent de plus puissants encore à cause
des canons à force de perforation toujours
plus grande. Ainsi, nous employons assez de ruse et
de force de persuasion pour être en avance
sur les Britanniques» explique Moshe,
arrivé il y a deux ans en Eretz Israël.
Il n'y a rien de plus aventureux que ces
récits authentiques sur l'immigration
illégale.
Plus il est difficile
à l'homme d'obtenir quelque chose, plus il y
tient. Ces immigrants se cramponnent
obstinément à leur vieille patrie
qui, bien que pauvre et désertique, est
devenue une nouvelle patrie pour eux, pour ceux qui
n'en avaient pas eu pendant 2000 ans. Dans un
même rythme, le pays se transforme sous la
main de ce peuple rentré à la maison.
Aujourd'hui, 1900 et 1800 ans après les deux
grandes batailles par lesquelles les Romains Tite
et Hadrien avaient touché le peuple juif
à mort, le pays est presque aussi
désertique et pauvre que du temps de
Josué. Depuis Dan jusqu'à Beersheba
et bien au-delà dans le désert du
Negev, vous trouvez à chaque pas des traces
de vieux bâtiments et de culture, des ruines
de villes, de maisons, de conduites d'eau, de
routes, de terrasses, de sources d'eau taries et de
fontaines sans eau. Avant que ce peuple unique s'en
empare, ce coin de terre était aride,
inculte et sans trace de vie ... aride, inculte,
sans trace de vie aussi après l'expulsion de
ce peuple unique ... Cependant, ainsi que le
voyaient les prophètes, ce pays est de
nouveau fertile, colonisé et riche. Il l'est
devenu sous la main de ce peuple. Il en est de ce
pays et de ce peuple comme du corps et de
l'âme. Si le corps est privé de
l'âme, il devient cadavre et se
décompose. L'âme arrachée du
corps erre ça et là dans l'univers,
un fantôme Pour elle-même et une
horreur pour les autres. Le peuple juif est ce
fantôme depuis qu'il a été
chassé de son pays. Il est une abomination
pour lui-même et une horreur pour les autres,
une exception tragique et grotesque tout à
la fois au milieu des lois naturelles d'existence
d'un peuple. En lui habite une nostalgie
perpétuelle d'un retour de ce qui a
été et du droit de construire son
avenir sur le sol de la promesse. Le jour où
le corps et l'âme se réuniront
à nouveau, où ce peuple retournera
dans son pays, sera un jour heureux portant la
marque du divin - non seulement pour le peuple
juif, mais aussi pour toutes les nations qui
cherchent d'abord à repousser cette figure
étrange mais qui reconnaîtront
finalement que le salut et la
bénédiction viennent de Sion.
Nouvelles
d'Israël 11 / 1983
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Nouvelles d'Israël
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