Il y a
près de 3000 ans les navigateurs d'Hiram roi
de Tyr,
allié de
Salomon, auraient découvert
l'Amérique
Hiram (ou Ahiram) de Tyr est
peut-être le mieux connu parmi les rois
phéniciens, à cause de ses relations
avec son voisin d'Israël, Salomon. On sait
moins de ce roi pacifique (980-936 av. J.-C.
environ) qu'il agrandit la cité
phénicienne, restaura les temples anciens,
en bâtit de nouveaux, et aménagea,
selon la méthode stratégique des
Phéniciens, deux grands ports pour ses
navires, l'un au nord, l'autre au sud,
reliés par un canal intérieur il
développa aussi la commerce maritime avec
Chypre, l'Espagne, l'Afrique qu'on appelait
facilement la Libye, mais pourrait avoir
lancé des expéditions beaucoup plus
lointaines dont l'une aurait laissé un
témoignage : ce qu'on en connaît est
toujours discuté, mais bien
étonnant.
Au terme des vingt
années peut-être que dura la
construction du Temple de Yahvé et du palais
royal (1er ROIS, chap. 9, vers. 10), mais sans
doute déjà au cours de cette
période, Salomon avait demandé
à son allié Hiram l'assistance de ses
techniciens et de ses marins pour construire sa
flotte d'Ézion-Gaber et la lancer sur les
mors. La Bible mentionne les expéditions que
les deux souverains envoyèrent ainsi
à Ophir, qu'on cherche depuis les
côtes d'Afrique jusqu'à celles de
l'Inde, en passant par l'Arabie. Faut-il les suivre
par delà le grand océan, sur la rive
américaine de l'Atlantique sud ?
L'incroyable exploit aurait
été réalisé en l'an 19
du règne du roi de Tyr, si l'on accepte
l'interprétation faite par A. Van Don
Brandon d'une inscription trouvée en 1872
à Pouso Alto dans l'État de
Paraïba, au Brésil.
Depuis cette date, le texte
gravé sur une pierre, peut-être trop
jalousement gardée, mais que des
témoins fort sérieux ont
considéré comme un document digne
d'intérêt, est connu dans plusieurs
versions. Les principales sont les suivantes
:
- En 1872-1874, celle de
Ladislao Netto, directeur du Musée national
de Rio de Janeiro. Il en fit une traduction en
portugais et en français; Ernest Renan, qui
reçut de lui cette dernière avec une
copie de l'original, se rallia à l'opinion
de son correspondant.
- En 1968, celle de
l'Américain Or Gorden, et du Belge Dr A. Van
Den Branden(1).
- En 1969 enfin, celle de
l'Allemand Lienhard von Delekat(2).
Ces quatre
spécialistes sont d'accord sur
l'authenticité et l'origine
phénicienne de l'inscription ainsi
que sur son contenu
historique, encore que les traductions qu'ils
proposent diffèrent entre elles de quelques
mots; de trop peu à vrai dire pour que ces
variantes modifient le sens
général.
Voici donc, ligne par ligne,
ce qu'il faut entendre, selon M. A. Van Den Branden
:
1 - Nous (sommes) des fils de
Canaan, de Sidon, la ville du roi. Et commerce nous
a jetés
2 - sur ce rivage lointain,
une région des montagnes. Et nous avons
offert un sacrifice d'encens aux dieux
3 - et aux déesses, en
l'an dix-neuf d'Hiram, notre roi puissant.
4 - Et nous sommes venus
d'Ézion-Gaber, dans la mer Sereine. Nous
étions partis avec dix bateaux,
5 - et nous étions en
mer ensemble (durant) deux ans autour de la terre
de Ham, et nous fûmes
séparés
6 - par la main de Ba'al, et
nous n'étions plus avec nos camarades. Et
nous sommes venus ici douze
7 - hommes et trois femmes,
sur (ce) rivage lointain, dont moi Mat' astart, le
chef,
8 - ai pris possession. Que
les dieux et les déesses nous soient
propices.
Le savant tire cette
conclusion
« La mention du grand
roi Hiram, la départ d'Ézion-Gaber,
la présence de Phéniciens qui parlent
un dialecte si proche de l'hébreu, tout cela
semble bien indiquer qu'il faut songer à ce
grand roi Hiram, maître de Tyr et de Sidon,
et à son ami Salomon, qui, tous les deux
ensemble, équipèrent, d'après
(1er ROIS, chap. 9, vers. 26-28), des flottes
à équipages mixtes
phénico-juifs et qui partirent
d'Ézion-Gaber, port juif. »
Le mystère qui entoure
la stèle de Pouso Alto ne permet sans doute
pas de faire entrer de plain-pied dans l'histoire
le fabuleux périple d'un Christophe Colomb
d'un autre âge; mais il incite à
méditer l'audace des navigateurs des temps
bibliques, portés par un « bois fragile
» sur les « flots cruels », et
confiés par l'auteur de la Sagesse à
la gouverne de la providence.
P. Émile
EDDE
.
1.« L'inscription
phénicienne de Paraïba »
(Brésil); dans la revue « Melto »,
No 2: cf. « Les Phéniciens et la
découverte de l'Amérique »
d'Émile Eddé.
.
2.« Phönizier in
Amerika » (in Bonner Biblische, Beiträge
32) Bonn.
En ce
temps-là, la Bible No 55 pages
II-III.
©
En ce temps-là, la Bible
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