Il est écrit::
TA PAROLE EST LA VÉRITÉ
(Jean 17.17)
cela me suffit...

REGARD
Bibliothèque chrétienne online

Il est écrit::
TA PAROLE EST LA VÉRITÉ
(Jean 17.17)
cela me suffit...


Langue française uniquement

Articles divers....

Recherche
interne


Archéologie
Histoire

Édification

Témoignages


Environnement

Études bibliques

Famille


Israël

Loisirs

Occultisme


Oecuménisme

Politique
mondiale

Sciences


Sectes Églises Religions

Suisse

Vie sociale

 Gabaon, la "Bordeaux" biblique

 


Quelques experts discutent encore du site de cette ville : celle qui, la première de Canaan, réclama et obtint, par ruse, l'alliance du peuple d'Israël au moment de la conquête (Josué, chap. 9); celle-là aussi qui détint, probablement après que l'Arche ait été enlevée de Silo, ce qui restait du sanctuaire du désert, et notamment son autel, jusqu'à l'achèvement du Temple de Salomon (1" Chroniques, chap. 16, vers. 40). La très grosse majorité des archéologues admettent cependant, depuis une dizaine d'années, qu'on l'a bien retrouvée : près d'El-Djib, au nord-ouest de Jérusalem. Le haut lieu où le prêtre Sadoq offrait « constamment, matin et soir, l'holocauste » aurait couronné la colline où s'élève aujourd'hui une mosquée dédiée au prophète Samuel : nebi-shemuel.

C'est en 1960 qu'une expédition américaine a découvert là de nombreuses tombes' des poteries, flèches, armes diverses et amulettes qui attestent de l'existence d'une cité sur la colline d'El-Djib dès le début du troisième millénaire avant notre ère (Age du Bronze Ancien). Prospère à l'époque d'Abraham (aux premiers siècles du second millénaire), Gabaon connut son apogée à l'époque de la conquête des Israélites (XIIe s. av. J.-C.) et au cours des quelques siècles qui suivirent (Josué, chap. 1 0, vers. 2). Les résultats des fouilles confirment en effet l'importance de la ville d'alors : elle s'étendait sur six hectares et demi, soit davantage que Aï, Jéricho ou Jérusalem. Depuis longtemps elle était défendue par un mur d'un mètre et demi d'épaisseur. Mais les Gabaonites mirent judicieusement à profil les années de paix avec les Hébreux, en se dotant, au XI siècle avant J.-C., d'une nouvelle ligne fortifiée : ils édifièrent une muraille colossale de près d'un kilomètre de circonférence, épaisse de plus de trois mètres et qui s'élevait probablement à sept mètres de hauteur. Pour réaliser cet ouvrage, quatre mille tonnes de pierres furent détachées à l'aide de coins mouillés, transportées, et enfin assemblées 1

Bien protégés par ce puissant ensemble, les habitants de Gabaon se préoccupèrent, comme le feront plus tard ceux de Jérusalem, de ce qui conditionne surtout les possibilités de résistance d'une cité devant un éventuel assiégeant : l'approvisionnement en eau. Ils entreprirent donc la construction du monument souterrain qui fait toujours l'étonnement des visiteurs : une immense citerne, profonde de vingt-cinq mètres, et qui contenait cent quatre-vingt mille litres d'eau. De forme cylindrique, avec sa paroi creusée à la verticale, elle était accessible par un escalier en spirale de soixante - dix - neuf marches,taillées elles aussi en plein roc.

.

Pour 180.000 litres d'eau ... 100.000 litres de vin !

Un système de canaux très perfectionné amenait l'eau vers cette réserve sûre. Tout au long des murs, des petites niches devaient recevoir les lampes à huile qui éclairaient le travail des puiseurs d'eau.

Au cours de leurs travaux, les archéologues mirent également à jour de curieuses installations, datant du Vlle siècle av. J.-C., dont la destination leur échappa tout d'abord : il s'agissait de tout un ensemble de caves, remplies de grandes jarres, et munies de divers bassins de forme curieuse, de cuves et d'ustensiles de toutes sortes.

Pendant toute la durée des fouilles, le mystère subsiste. Mais on fit un jour un rapprochement entre les installations de Gabaon et celles, toutes proches, de Latrun, que les moines trappistes utilisent encore pour la fabrication du vin.

Alors, tout devint clair : il s'agissait là d'une installation viticole; les vastes pressoirs permettaient chacun à deux ou trois personnes de fouler aux pieds le raisin ; les cuves servaient à la fermentation du moût puis, dans les bassins, le vin se décantait, déposait sa lie; enfin, le précieux liquide était versé dans les grandes jarres, dont plusieurs portaient sur l'anse l'estampille de leur lieu de fabrication : « gb'n » (Gabaon), ou celle du nom de leur propriétaire : « lmlk » (au roi), Azariah, Hananiah, etc. Celles qu'on a recensées pouvaient recueillir près de cent mille litres de vin. Elles étaient finalement gardées au frais, dans l'une des soixante-trois caves aménagées à cet effet.

Cette importante industrie expliquait l'opulence de la cité aux belles demeures de pierres magnifiquement taillées, et dont les toits étaient @soutenus par d'élégantes colonnes.

Malgré sa richesse, la ville fut abandonnée au retour de l'exil, dans le courant du V, siècle avant notre ère. Phénomène étonnant, quand on songe qu'aucune calamité connue, et pas même la guerre,n'était jamais venue troubler la prospérité tranquille de celle qu'on a surnommée : « la Bordeaux biblique » depuis que ses caves ont livré le secret de la grande prospérité qu'elle connut.

M.-C. HALPERN

En ce temps-là, la Bible No 29 pages II-III.

© En ce temps-là, la Bible

haut de page