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Ensevelissement, les coutumes juives
au temps de Jésus
«Ils prirent donc le
corps de Jésus et l'enveloppèrent de
bandes, avec les aromates, comme c'est la coutume
d'ensevelir chez les Juifs» (Jean 19,
40).
Les coutumes
d'ensevelissement en Israël, tout
spécialement chez les riches de
Jérusalem, avaient connu un
développement particulier durant les cent
années précédant la
destruction du Temple. Celui qui en avait les
moyens faisait creuser un tombeau de famille dans
le rocher. Bon nombre de ces sépultures ont
fort bien résisté au temps
jusqu'à ce jour. Cet usage a
débuté à l'époque du
premier Temple, où ont été
aménagées quelques-unes des plus
magnifiques tombes de famille. Par la bouche du
prophète Esaïe, l'Eternel a
marqué Sa désapprobation à
l'endroit d'un serviteur du roi, qui voulait
immortaliser sa mémoire par le moyen d'un
monument funéraire: «Qu'y a-t-il
à toi ici et qui as-tu ici que tu creuses
ici un sépulcre? Il se creuse un
sépulcre sur la hauteur, il se taille une
demeure dans le roc!» (Es. 22, 16).
Comme nous l'apprenons par le
Nouveau Testament, il existait entre les pharisiens
et les sadducéens une importante
différence d'opinion au sujet de la
résurrection des morts - les premiers y
croyaient, les autres pas (Matth. 22, 23; Actes 23,
6-8). Cela conduisit à une polarisation: sur
base de la croyance des pharisiens dans la
résurrection, les coutumes d'ensevelissement
allèrent en se raffinant. Ils voulaient
s'assurer que rien ne manque à la
résurrection, bien que la Parole de Dieu ne
dise rien de spécifique à cet
égard. Cette évolution fit que, pour
le judaïsme actuel, un tombeau doit être
conservé éternellement et que l'on ne
peut, en aucun cas, toucher aux ossements. De nos
jours, les tombes sont bétonnées pour
qu'elles puissent durer. D'où les
sévères protestations des juifs
orthodoxes, lorsque des sépultures sont
ouvertes lors de fouilles archéologiques ou
de la construction de routes.
Pour l'ensevelissement d'un
mort dans un tombeau de famille taillé dans
le roc, on enveloppait de linges le cadavre et on
le couchait sur un banc spécialement
aménagé dans la pierre. Au bout d'un
an, le corps s'effondrait; les ossements
étaient alors mis dans un coffre
spécial, une espèce de petit cercueil
en argile ou en pierre, appelé ossuaire, qui
tenait peu de place. Le tombeau pouvait ainsi
servir aux générations qui
suivraient. Ces sépultures devaient
être pourvues d'une entrée, devant
laquelle on roulait une pierre, comme ce fut le cas
pour le tombeau de Jésus. Comme un tel lieu
d'ensevelissement devait être ouvert à
diverses reprises, le cadavre était
traité au moyen d'épices
agréablement odoriférantes qui
étaient ajoutées dans le linceul;
elles étaient destinées à
combattre l'odeur dégagée par le
corps mort, mais non à le conserver.
Il est significatif que
Jésus ait été
déposé dans un sépulcre
semblable, celui d'un homme riche: «Le soir
étant venu, arriva un homme riche
d'Arimathée, nommé Joseph, lequel
était aussi disciple de Jésus. Il se
rendit vers Pilate et demanda le corps de
Jésus. Et Pilate ordonna de le remettre.
Joseph prit le corps, l'enveloppa d'un linceul
blanc et le déposa dans un sépulcre
neuf, qu'il s'était fait tailler dans le
roc. Puis il roula une grande pierre à
l'entrée du sépulcre, et il s'en
alla» (Matth. 27, 57-60). Si, comme les
étrangers et les pèlerins qui
mouraient à Jérusalem,
Jésus avait
été enterré dans une simple
tombe qui n'aurait pas été rouverte,
il est évident que Sa résurrection
n'aurait pas été simple à
constater et à prouver. La pierre
roulée et les linges dans le tombeau furent
autant de preuves de Sa résurrection. De
plus, la prophétie d'Esaïe 53, 9
s'accomplissait à la lettre: «On a mis
son sépulcre parmi les méchants, son
tombeau avec le riche, quoiqu'il n'eût point
commis de violence et qu'il n'y eût point de
fraude dans sa bouche. » Si Joseph
était un homme riche, il n'était
cependant pas impie. Il est dit de lui qu'il
était bon et pieux, et qu'il attendait le
royaume de Dieu. Membre du sanhédrin, il
n'acquiesça pas à la mort de
Jésus (Luc 23, 50-51). Les tombeaux dont
question dans cet écrit appartenaient
généralement aux riches qui
n'étaient pas nécessairement à
ranger parmi les pieux. C'est
précisément cela qui rend
l'accomplissement de cette prophétie plus
étonnant encore.
La coutume d'un tel
ensevelissement «en deux temps» (tout
d'abord jusqu'à la décomposition du
corps enveloppé de linges, dans un tombeau
taillé dans le roc; et ensuite, la mise des
ossements dans un ossuaire) ne dura qu'environ cent
ans jusqu'à la destruction du Temple. On
peut donc affirmer que cette habitude ne se forma
que pour manifester clairement la
résurrection du Messie. Le sépulcre
était vide, tous pouvaient le constater de
visu: les soldats romains, les femmes, les
disciples ainsi que de nombreux autres
témoins que nous ne connaissons pas. Ceci de
merveilleux pouvait ainsi être
proclamé: «Le Seigneur est
réellement ressuscité! »
FREDI
WINKLER
Nouvelles
d'Israël Novembre 1999
©
Nouvelles d'Israël
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