La confession de foi des
églises réformées de France
dite confession de foi de la Rochelle
(1559)
Extrait de : Confession et
Catéchismes de la Foi
Réformée, Labor et Fides,
1986.
Confession de foi faite
d'un commun accord par les Français qui
désirent vivre selon la pureté de
l'Evangile de notre Seigneur
Jésus-Christ
1. Nous croyons et confessons
qu'il y a un seul Dieu (Dt 4.35, 39; 1 Co 8.4, 6),
qui est une seule et simple essence (Gn 1.3; Ex
3.14) spirituelle (Jn 4.24; 2 Co 3.17),
éternelle (Rm 1.20), invisible (1 Tm 1.17),
immuable (Ml 3.6; Nb 23.19), infinie,
incompréhensible (Rm 11.33; Ac 7.48; 17.23),
ineffable, qui peut toutes choses (Jr 10.7, 10; Lc
1.37), qui est toute sage (Rm 16.27), toute bonne
(Mt 19.17), toute juste (Jr 12.1; Ps 119.137), et
toute miséricordieuse (Ex 34.6-7).
2. Ce Dieu se manifeste tel
aux hommes, premièrement par ses oeuvres,
tant par la création que par la conservation
et conduite d'icelles (Rm 1.19-20). Secondement et
plus clairement par sa parole (Rm 15.4; Jn 5.39; He
1.1), laquelle au commencement
révélée par oracle (Gn 15.1;
3.15; 18.1), a été puis après
rédigée par écrit ès
livres que nous appelons Ecriture Sainte (Ex
24.3-4; Rm 1.2).
3. Toute cette Ecriture
Sainte est comprise ès livres canoniques du
Vieil et Nouveau Testament, desquels le nombre
s'ensuit. Les cinq livres de Moïse, savoir
est: Genèse, Exode, Lévitique,
Nombres, Deutéronome. Item Josué,
Ruth, le premier et second livres de Samuel,
premier et second livres des Rois, premier et
second livres des Chroniques, autrement dits
Paralipomènon, le premier livre d'Esdras.
Item Néhémie, le livre d'Esther, Job,
Psaumes de David, Proverbes ou sentences de
Salomon, le livre de l'Ecclésiaste, dit
Prêcheur, Cantique de Salomon. Item les
livres d'Esaïe, Jérémie,
Lamentations de Jérémie,
Ezéchiel, Daniel, Osée, Joël,
Amos, Abdias, Jonas,
Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie,
Aggée, Zacharie, Malachie. Item le saint
Evangile, selon saint Matthieu, selon saint Marc,
selon saint Luc, et selon saint Jean. Item le
second livre de saint Luc, autrement dit les Actes
des Apôtres. Item les épltres de saint
Paul: aux Romains une, aux Corinthiens deux, aux
Galates une, aux Ephésiens une, aux
Philippiens une, aux Colossiens une, aux
Thessaloniciens deux, Timothée deux, Tite
une, Philémon une. Item
l'épître aux Hébreux,
l'épître saint Jacques, la
première et seconde épîtres de
saint Pierre, la première, deuxième
et troisième épîtres de saint
Jean, l'épître de saint Jude. Item
l'Apocalypse ou révélation de saint
Jean.
4. Nous connaissons ces
livres être canoniques et règle
très certaine de notre foi (Ps 12.7; Ps
19.8-9), non tant par le commun accord et
consentement de l'Eglise, que par le
témoignage et persuasion intérieure
du Saint-Esprit qui les nous fait discerner d'avec
les autres livres ecclésiastiques. Sur
lesquels, encore qu'ils soient utiles, on ne peut
fonder aucun article de foi.
5. Nous croyons que la parole
qui est contenue en ces livres est
procédée de Dieu (2 Tm 3.16-17; 1 P
1.11-12; 2 P 1.20-21), duquel seul elle prend son
autorité, et non des hommes (Jn 3.26-31; Jn
5.33-34; 1 Tm 1.15). Et d'autant qu'elle est
règle de toute vérité,
contenant tout ce qui est nécessaire pour le
service de Dieu et notre salut (Jn 15.15; Jn 20.31;
Ac 20.27), il n'est loisible aux hommes, ni
même aux anges, d'y ajouter, diminuer ou
changer (Dt 4.2; 12.32; Ga 1.8; Pr 30.6; Ap
22.18-19). Dont il s'ensuit que ni
l'antiquité, ni les coutumes, ni la
multitude, ni la sagesse, ni les jugements, ni les
arrêts, ni les édits, ni les
décrets, ni les conciles, ni les visions, ni
les miracles ne doivent être opposés
icelle Ecriture Sainte (Mt 15.9; Ac 5.28-29). Ainsi
au contraire toutes choses doivent être
examinées, réglées et
réformées selon icelle (1 Co 11.2,
23). Et suivant cela nous avouons les trois
Symboles, savoir des Apotres, de Nicée et
d'Athanase, parce qu'ils sont conformes la parole
de Dieu.
6. Cette Ecriture Sainte nous
enseigne qu'en cette seule et simple essence divine
que nous avons confessée il y a trois
personnes: le Père, le Fils et le
Saint-Esprit (Dt 4.12; 10.17; Mt 28.19; 1 Jn 5.7).
Le Père, première cause et principe
et origine de toutes choses. Le Fils, sa parole et
sapience éternelle. Le Saint-Esprit, sa
vertu, puissance et efficace. Le Fils,
éternellement engendré du
Père. Le Saint-Esprit, procédant
éternellement de tous deux. Les trois
personnes, non confuses mais distinctes, et
toutefois non divisées, mais d'une
même essence, éternité,
puissance et égalité (Mt 28.19; Jn
1.1; Jn 17.5; Ac 17.25; Rm 1.7; 1 Jn 5.7). Et en
cela avouons ce qui a été
déterminé par les conciles anciens,
et détestons toutes sectes et
hérésies qui ont été
rejetées par les saints docteurs comme saint
Hilaire, saint Athanase, saint Ambroise, saint
Cyrille.
7. Nous croyons que Dieu en
trois personnes coopérantes par sa vertu,
sagesse et bonté incompréhensible, a
créé toutes choses, non seulement le
ciel, la terre et tout ce qui y est contenu, mais
aussi les esprits invisibles (Gn 1.1; 3.1; Jn 1.3;
Col 1.16; He 1.2), desquels les uns sont
déchus et trébuchés en
perdition (2 P 2.4; Jude 6), les autres ont
persisté en obéissance (Ps
103.20-21). Que les premiers, s'étant
corrompus en malice, sont ennemis de tout bien, et
par conséquent de toute l'Eglise (Jn 8.44).
Les seconds, ayant été
préservés par la grace de Dieu, sont
ministres pour glorifier le nom de Dieu et servir
au salut de ses élus (He 1.7-14; Ps 34.8;
91.11).
8. Nous croyons que non
seulement il a créé toutes choses,
mais qu'il les gouverne et conduit, disposant et
ordonnant selon sa volonté de tout ce qui
advient au monde (Ps 104; 119.89-96; 147; Pr 16.4;
Mt 10.29; Ac 2.23; 4.28; 17.24, 26, 28; Rm 9.11; Ep
1.11), non pas qu'il soit auteur du mal ou que la
coulpe lui en puisse être imputée (Ps
5.5; Os 13.9; 1 Jn 2.16; 3.8), vu que sa
volonté est la règle souveraine et
infaillible de toute droiture et
équité (Jb 1.22), mais il a des
moyens admirables de se servir tellement des
diables et des méchants qu'il sait convertir
en bien le mal qu'ils font et duquel ils sont
coupables (Ac 2.23-24; 4.27-28). Et ainsi en
confessant que rien ne se fait sans la providence
de Dieu, nous adorons en humilité les
secrets qui nous sont cachés, sans nous
enquérir par-dessus notre mesure (Rm
9.19-20; 11.33); mais plutot appliquons notre usage
ce qui nous est montré en l'Ecriture Sainte,
pour être en repos et sureté, et
autant que Dieu, qui a toutes choses sujettes soi,
veille sur nous d'un soin paternel, tellement qu'il
ne tombera point un cheveu de notre tête sans
son vouloir (Mt 10.30; Lc 21.18), et cependant
tient les diables et tous nos ennemis
bridés, en sorte qu'ils ne nous peuvent
faire aucune nuisance sans son congé (Gn
3.15; Jb 1.12; 2.6; Mt 8.31; Jn 19.11).
9. Nous croyons que l'homme
ayant été créé pur et
entier, et conforme l'image de Dieu (Gn 1.26; Ecc
7.29; Ep 4.24), est par sa propre faute
déchu de la gr ce qu'il avait reçue
(Gn 3.17; Rm 5.12; Ep 2.2-3), et ainsi s'est
aliéné de Dieu qui est la fontaine de
justice et de tous biens, en sorte que sa nature
est du tout corrompue (Gn 6.5; 8.21), et
étant aveuglé en son esprit et
dépravé en son c|ur, a perdu toute
intégrité sans en avoir rien de
résidu. Et combien qu'il ait encore quelque
discrétion du bien et du mal (Rm 1.20-21;
2.18-20), nonobstant nous disons que ce qu'il a de
clarté se convertit en
ténèbres quand il est question de
chercher Dieu, tellement qu'il n'en peut nullement
approcher par son intelligence et raison (Rm 1.21;
1 Co 2.14). Et combien qu'il ait volonté par
laquelle il est incité faire ceci ou cela,
toutefois elle est du tout captive sous
péché (Rm 6.16-17; 8.6-7), en sorte
qu'il n'a nulle liberté bien, que celle que
Dieu lui donne (Jr 10.23; Jn 1.12; 3.6; 8.36; 15.5;
Rm 7.18; 1 Co 4.7; 2 Co 3.5; Ph 2.13).
10. Nous croyons que toute la
lignée d'Adam est infectée de telle
contagion, qui est le péché originel
et un vice héréditaire (Gn 6.5 ;
8.21; Jb 14.4 ; Ps 51.7; Mt 15.19 ; Rm 5.12-18) et
non pas seulement une imitation, comme les
Pélagiens ont voulu dire, les- quels nous
détestons en leurs erreurs. Et n'estimons
pas qu'il soit besoin de s'enquérir comme le
péché vient d'un homme l'autre, vu
que c'est bien assez que ce que Dieu lui avait
donné n'était pas pour lui seul, mais
pour toute sa lignée, et ainsi qu'en la
personne d'icelui nous avons été
dénués de tous biens, et sommes
trébuchés en toute pauvreté et
malédiction.
11. Nous croyons aussi que ce
vice est vraiment péché, qui suffit
condamner tout le genre humain, jusqu'aux petits
enfants dès le ventre de la mère, et
que pour tel il est réputé devant
Dieu (Ps 51.7; Rm 3.9-12, 23; 5.12; Ep 2.3),
même qu'après le baptême c'est
toujours péché quant la coulpe,
combien que la condamnation en soit abolie aux
enfants de Dieu, ne la leur imputant point par sa
bonté gratuite (Rm 7). Outre cela, que c'est
une perversité produisant toujours fruits de
malice et rébellion (Rm 7.5), tels que les
plus saints, encore qu'ils y résistent, ne
laissent point d'être entachés
d'infirmités et de fautes pendant qu'ils
habitent en ce monde (Rm 7.14-19; 2 Co
12.7).
12. Nous croyons que de cette
corruption et condamnation générale
en laquelle tous hommes sont plongés, Dieu
retire ceux lesquels en son conseil éternel
et immuable il a élus par sa seule
bonté et miséricorde en notre
Seigneur Jésus-Christ, sans
considération de leurs |uvres (Jr 1.5; Rm
8.28-30 et tout le ch. 9; Ep 1.4-5; Rm 3.28; 2 Tm
1.9; Tt 3.5), laissant les autres en icelle
même corruption et condamnation, pour
démontrer en eux sa justice (Ex 9.16; Rm
9.22; 2 Tm 2.20), comme ès premiers il fait
luire les richesses de sa miséricorde (Ep
1.7; Rm 3.22-23; 9.23). Car les uns ne sont point
meilleurs que les autres, jusqu' ce que Dieu les
discerne selon son conseil immuable, qu'il a
déterminé en Jésus-Christ
devant la création du monde (Ep 1.4; 2 Tm
1.9), et nul aussi ne se pourrait introduire un tel
bien de sa propre vertu, vu que de nature nous ne
pouvons avoir un seul bon mouvement, ni affection,
ni pensée, jusqu' ce que Dieu nous ait
prévenus, et nous y ait disposés (Jr
10.23; Rm 9.16; Ep 1.4-5; 2 Tm 1.9; Ph 2.13 ; Tt
3.3).
13. Nous croyons qu'en icelui
Jésus-Christ tout ce qui était requis
notre salut nous a été offert et
communiqué. Lequel nous étant
donné salut, nous a été quant
et quant fait sapience, justice, sanctification et
rédemption (1 Co 1.30; Ep 1.7; Col 1.13-14;
1 Tm 1.15; Tt 2.14), en sorte qu'en
déclinant de lui, on renonce la
miséricorde du Père, o il nous
convient avoir notre refuge unique (Jn 3-18; 1 Jn
2.23).
14. Nous croyons que
Jésus-Christ, étant la sagesse de
Dieu et son Fils éternel, a vêtu notre
chair, afin d'être Dieu et homme en une
personne (Jn 1.14; Ph 2.6-7), voire homme semblable
nous (He 2.17), passible en corps et en me, sinon
en tant qu'il a été pur de toute
macule (2 Co 5.21). Et quant son humanité,
qu'il a été vraie semence d'Abraham
et de David (Ac 13.23; Rm 1.3; 8.3; 9.5; He
2.14-15; 4.15), combien qu'il ait été
conçu par la vertu secrète du
Saint-Esprit (Lc 1.28, 31, 35; 2.11; Mt 1.18). En
quoi nous détestons toutes les
hérésies qui ont anciennement
troublé les Eglises, et notamment aussi les
imaginations diaboliques de Servet, lequel attribue
au Seigneur Jésus une divinité
fantastique, d'autant qu'il le dit être
idée et patron de toutes choses, et le nomme
Fils personnel ou figuratif de Dieu, et finalement
lui forge un corps de trois éléments
incréés, et par ainsi mêle et
détruit toutes les deux natures.
15. Nous croyons qu'en une
même personne, savoir Jésus-Christ,
les deux natures sont vraiment et
inséparablement conjointes et unies,
demeurant néanmoins chacune nature en sa
distincte propriété, tellement que
comme en cette conjonction la nature divine
retenant sa propriété est
demeurée incréée, infinie et
remplissant toutes choses, aussi la nature humaine
est demeurée finie, ayant sa forme, mesure
et propriété (Mt 1.20-21; Lc 1.31,
32, 35, 42, 43; Jn 1.14; Rm 9.5; 1 Tm 2.5; 3.16; He
5.8), et même combien que Jésus-Christ
en ressuscitant ait donné immortalité
son corps, toutefois il ne lui a ôté
la vérité de sa nature (Lc 24.38-39;
Rm 1.4; Ph 2.6-11; 3.21). Et ainsi nous le
considérons tellement en sa divinité,
que nous ne le dépouillons point de son
humanité.
16. Nous croyons que Dieu
envoyant son Fils a voulu montrer son amour et
bonté inestimable envers nous, en le livrant
la mort et le ressuscitant pour accomplir toute
justice et pour nous acquérir la vie
céleste (Jn 3.16; 15.13; 1 Jn 4.9; Rm 4.25;
1 Tm 1.14-15).
17. Nous croyons que par le
sacrifice unique que le Seigneur Jésus a
offert en la croix nous sommes
réconciliés Dieu, pour être
tenus et réputés justes devant lui (2
Co 5.19; Ep 5.2; He 5.7-9; 9.14; 10.10, 12, 14; 1
Tm 1.15), parce que nous ne lui pouvons être
agréables, ni être participants de son
adoption, sinon d'autant qu'il nous pardonne nos
fautes et les ensevelit (1 P 2.24-25). Ainsi nous
protestons que Jésus-Christ est notre
lavement entier et parfait (Ep 5.26; Tt 3.5), qu'en
sa mort nous avons entière satisfaction pour
nous acquitter de nos forfaits et iniquités
dont nous sommes coupables, et ne pouvons
être délivrés que par ce
remède (He 9.14; 1 P 1.18-19; lJn 1.7; Rm
3.26).
18. Nous croyons que toute
notre justice est fondée en la
rémission de nos péchés, comme
aussi c'est notre seule félicité,
comme dit David (Ps 32.1-2; Rm 4.7-8). Parquoi nous
rejetons tous autres moyens de nous pouvoir
justifier devant Dieu (Rm 3.19); et sans
présumer de nulles vertus ni mérites,
nous nous tenons simplement l'obéissance de
Jésus-Christ, laquelle nous est
allouée tant pour couvrir toutes nos fautes,
que pour nous faire trouver gr ce et faveur devant
Dieu (Rm 5.19; 1 Tm 2.5; 1 Jn 2.1-2; Rm 1.16). Et
de fait nous croyons qu'en déclinant de ce
fondement tant peu que ce soit, nous ne pourrions
trouver ailleurs aucun repos (Ac 4.12), mais
serions toujours agités d'inquiétude,
d'autant que jamais nous ne sommes paisibles avec
Dieu, jusqu' ce que nous soyons bien résolus
d'être aimés en Jésus-Christ,
vu que nous sommes dignes d'être haïs en
nous-mêmes.
19. Nous croyons que c'est
par ce moyen que nous avons liberté et
privilège d'invoquer Dieu, avec pleine
fiance qu'il se montrera notre Père (Rm 5.1;
8.15; Ga 4.6; Ep 3.12). Car nous n'aurions pas
aucun accès au Père, si nous
n'étions adressés par ce
Médiateur, et pour être exaucés
en son Nom, il convient tenir notre vie de lui
comme de notre chef (Jn 15.16; Rm 5.2; Ep 2.13-15;
1 Tm 2.5; He 4.14).
20. Nous croyons que nous
sommes faits participants de cette justice par la
seule foi, comme il est dit qu'il a souffert pour
nous acquérir salut, celle fin que quiconque
croira en lui ne périsse point (Jn 3.16), et
que cela se fait d'autant que les promesses de vie
qui nous sont données en lui sont
appropriées notre usage, et en sentons
l'effet quand nous les acceptons, ne doutant point
qu'étant assurés par la bouche de
Dieu, nous ne serons point frustrés. Ainsi
la justice que nous obtenons par foi dépend
des promesses gratuites par lesquelles Dieu nous
déclare et testifie qu'il nous aime (Rm
3.24, 25, 27, 28, 30; 1.16-17; 4.3; 9.30-32; 11.6;
Ga 2.16, 21; 3.9, 10, 18, 24; 5.4; Ph 3.9; 2 Tm
1.9; Tt 3.5-6; He 11.7; Ac 10.43; Jn
17.23-26).
21. Nous croyons que nous
sommes illuminés en la foi par la gr ce
secrète du Saint-Esprit (Ep 1.17-18; 1 Th
1.5; 2 P 1.3-4), tellement que c'est un don gratuit
et particulier que Dieu départ ceux que bon
lui semble (Rm 9.16, 18, 24, 25; 1 Co 4.7), en
sorte que les fidèles n'ont de quoi s'en
glorifier (Ep 2.8), étant obligés au
double de ce qu'ils ont été
préférés aux autres,
même que la foi n'est pas seulement
baillée par un coup aux élus pour les
introduire au bon chemin, ains pour les y faire
continuer aussi jusqu'au bout (1 Co 1.8-9). Car
comme c'est Dieu de faire le commencement, aussi
c'est lui de parachever (Ph 1.6; 2.13).
22. Nous croyons que par
cette foi nous sommes
régénérés en
nouveauté de vie, étant naturellement
asservis péché (Tt 3.5; 1 P 1.3; Rm
6.17-20; Col 2.13; 3.10). Or nous recevons par foi
la gr ce de vivre saintement et en la crainte de
Dieu, en recevant la promesse qui nous est
donnée par l'Evangile, savoir que Dieu nous
donnera son Saint-Esprit. Ainsi la foi non
seulement ne refroidit l'affection de bien et
saintement vivre (Jc 2.17, 26), mais l'engendre et
excite en nous, produisant nécessairement
les bonnes oeuvres (Ga 5.6, 22; 1 Jn 2.3-4; 2 P
1.5-8). Au reste, combien que Dieu pour accomplir
notre salut nous régénère,
nous reformant bien faire (Dt 30.6; Jn 3.5),
toutefois nous confessons que les bonnes oeuvres
que nous faisons par la conduite de son Esprit ne
viennent point en compte pour nous justifier ou
mériter que Dieu nous tienne pour ses
enfants (Lc 17.10; Ps 6.2; Rm 3.19-20; 4.3-5),
parce que nous serions toujours flottants en doute
et inquiétude, si nos consciences ne
s'appuyaient sur la satisfaction par laquelle
Jésus-Christ nous a acquittés (Rm
5.1-2).
23. Nous croyons que toutes
les figures de la Loi ont pris fin la venue de
Jésus-Christ (Rm 10.4; Ga 3 et 4; Col 2.17;
Jn 1.17). Mais combien que les
cérémonies ne soient plus en usage,
néanmoins la substance et
vérité nous en est demeurée en
la personne de celui auquel gît tout
accomplissement (Ga 4.3, 9; 2 P 1.19; Lc 1.70; Jc
5.10). Au surplus il nous faut aider de la Loi et
des Prophètes, tant pour régler notre
vie que pour être confirmés aux
promesses de l'Evangile (2 Tm 3.16; 2 P
3.2).
24. Nous croyons, puisque
Jésus-Christ nous est donné pour seul
avocat (1 Jn 2.1-2; 1 Tm 2.5; Ac 4.12) et qu'il
nous commande de nous retirer privément en
son Nom vers son Père (Jn 16.23-24), et
même qu'il ne nous est pas licite de prier
sinon en suivant la forme que Dieu nous a
dictée par sa parole (Mt 6.9ss.; Lc
11.2ss.), que tout ce que les hommes ont
imaginé de l'intercession des saints
trépassés n'est qu'abus et fallace de
Satan pour faire dévoyer les hommes de la
forme de bien prier (Ac 10.25-26; 14.15; Ap 19.10;
22.8-9). Nous rejetons aussi tous autres moyens que
les hommes présument avoir pour se racheter
envers Dieu, comme dérogeant au sacrifice de
la mort et passion de Jésus-Christ.
Finalement nous tenons le purgatoire pour une
lllusion procédée de cette même
boutique, de laquelle sont aussi
procédés les voeux monastiques,
pèlerinages, défenses du mariage et
de l'usage des viandes, l'observation
cérémonieuse des jours, la confession
auriculaire, les indulgences, et toutes autres
telles choses par lesquelles on pense
mériter gr ce et salut (Mt 15.11; 6.16- 18;
Ac 10.14-15; Rm 14.2; Ga 4.9-10; Col 2.18-23; 1 Tm
4.2-5). Lesquelles choses nous rejetons non
seulement pour la fausse opinion du mérite
qui y est attachée, mais aussi parce que ce
sont inventions humaines, qui imposent joug aux
consciences.
25. Or parce que nous ne
jouissons de Jésus-Christ que par l'Evangile
(Mt 10.27; Rm 1.16-17; 10.17), nous croyons que
l'ordre de l'Eglise qui a été
établi en son autorité doit
être sacré et inviolable (Mt 18.20; Ep
1.22-23), et pourtant que l'Eglise ne peut
consister sinon qu'il y ait des pasteurs, qui aient
la charge d'enseigner, lesquels on doit honorer et
écouter en révérence quand ils
sont d ment appelés et exercent
fidèlement leur office (Mt 10.40; Jn 13.20;
Lc 10.16; Rm 10.14-15; Ep 4.11-12). Non pas que
Dieu soit attaché telles aides ou moyens
inférieurs, mais pour ce qu'il lui
plaît nous entretenir sous telle charge et
bride. En quoi nous détestons tous
fantastiques qui voudraient bien, en tant qu'en eux
est, anéantir le ministère et
prédication de la parole de Dieu et des
sacrements.
26. Nous croyons donc que nul
ne se doit retirer part et se contenter de sa
personne, mais tous ensemble doivent garder et
entretenir l'unité de l'Eglise, se
soumettant l'instruction commune et au joug de
Jésus-Christ (Ps 5.8; 22.23; 42.5; Ep 4.12;
He 2.12), et ce en quelque lieu que Dieu aura
établi un vrai ordre d'Eglise, encore que
les Magistrats et leurs édits y soient
contraires; et que tous ceux qui ne s'y rangent, ou
s'en séparent, contrarient l'ordonnance de
Dieu (Ac 4.17, 19, 20; He 10.25).
27. Toutefois nous croyons
qu'il convient discerner soigneusement et avec
prudence qu'elle est la vraie Eglise, pour ce que
par trop on abuse de ce titre Ur 7.4, 8, 11, 12; Mt
3.8-10; 7.22, 24; 1 Co 3.10-11; Mi 2.10-12). Nous
disons donc, suivant la Parole de Dieu, que c'est
la compagnie des fidèles qui s'accordent
suivre icelle Parole et la pure religion qui en
dépend, et qui profitent en icelle tout le
temps de leur vie, croissant et se confirmant en la
crainte de Dieu, selon qu'ils ont besoin de
s'avancer et marcher toujours plus outre (Ep
2.19-20; 4.11-12; 1 Tm 3.15; Dt 31.12); même,
quoi qu'ils s'efforcent, qu'il leur convient avoir
incessamment recours la rémission de leurs
péchés (Rm 3). Néanmoins, nous
ne nions point que parmi les fidèles il n'y
ait des hypocrites et réprouvés,
desquels la malice ne peut effacer le titre
d'Eglise (Mt 13; 2 Tm 2.18-20).
28. Sous cette croyance nous
protestons que l o la Parole de Dieu n'est
reçue et qu'on ne fait nulle profession de
s'assujettir icelle, et o il n'y a nul usage des
sacrements, parler proprement, on ne peut juger
qu'il y ait aucune Eglise (Mt 10.14-15; Jn 10; 1 Co
3.10-13; Ep 2.19-21). Pourtant nous condamnons les
assemblées de la Papauté, vu que la
pure vérité de Dieu en est bannie,
èsquelles les sacrements sont corrompus, ab
tardis, falsifiés ou anéantis du
tout, et èsquelles toutes superstitions et
idol tries ont la vogue. Nous tenons donc que tous
ceux qui se mêlent en tels actes et y
communiquent, se séparent et retranchent du
corps de Jésus-Christ (2 Co 6.14-16; l Co
6.15). Toutefois parce qu'il reste encore quelque
petite trace d'Eglise en la Papauté, et
même que la substance du baptême y est
demeurée, joint que l'efficace et vertu du
baptême ne dépend de celui qui
l'administre (Mt 3.11; 28.19; Mc 1.8; Ac 1.5;
11.15-17; 19.4-5; 1 Co 1.13), nous confessons ceux
qui y sont baptisés n'avoir besoin d'un
second baptême. Cependant cause des
corruptions qui y sont, on n'y peut
présenter les enfants sans se
polluer.
29. Quant est de la vraie
Eglise, nous croyons qu'elle doit être
gouvernée selon la police que notre Seigneur
Jésus a établie (Ac 6.3- 4; Ep 4.11;
1 Tm 3.1-13; Tt 1.5-9; 1 Co 12), c'est qu'il y ait
des pasteurs, des surveillants et diacres, afin que
la pureté de doctrine ait son cours, que les
vices soient corrigés et
réprimés, et que les pauvres et tous
autres affligés soient secourus en leurs
nécessités, et que les
assemblées se fassent au nom de Dieu,
èsquelles grands et petits soient
édifiés.
30. Nous croyons tous vrais
pasteurs, en quelque lieu qu'ils soient, avoir
même autorité et égale
puissance sous un seul chef, seul souverain et seul
universel évêque, Jésus-Christ
(Mt 20.20-28; 1 Co 3.4-9; 4.1; Ep 1.22; Col
1.18-19). Et pour cette cause que nulle Eglise ne
doit prétendre aucune domination ou
seigneurie sur l'autre.
31. Nous croyons que nul ne
se doit ingérer de son autorité
propre pour gouverner l'Eglise, mais que cela se
doit faire par élection (Mt 28.19; Mc 16.15;
Jn 15.16; Ac 1.21; 6.1-3; Rm 10.15; Tt 1.5), en
tant qu'il est possible et que Dieu le permet,
laquelle exception nous ajoutons, notamment parce
qu'il a fallu quelquefois, et même de notre
temps, auquel l'état de l'Eglise
était interrompu, que Dieu ait
suscité gens d'une façon
extraordinaire pour dresser l'Eglise de nouveau qui
était en ruine et désolation. Mais
quoi qu'il en soit, nous croyons qu'il se faut
toujours conformer cette règle, que tous
pasteurs, surveillants et diacres aient
témoignage d'être appelés leur
office (Ga 1.15; 2 Tm 3.7-10, 15).
32. Nous croyons aussi qu'il
est bon et utile que ceux qui sont élus pour
être superintendants avisent entre eux quel
moyen ils devront tenir pour le régime de
tout le corps (Ac 15.6-7, 25, 28; Rm 12.6-8) et
toutefois qu'ils ne déclinent nullement de
ce qui nous en a été ordonné
par notre Seigneur Jésus-Christ (1 Co 14.40;
1 P 5.1-3). Ce qui n'empêche point qu'il n'y
ait quelques ordonnances particulières en
chaque lieu, selon que la commodité le
requerra.
33. Cependant nous excluons
toutes inventions humaines et toutes lois qu'on
voudrait introduire sous ombre du service de Dieu,
par lesquelles on voudrait lier les consciences (Rm
16.17-18; 1 Co 3.11; Ga 5.1; Col 2.8), mais
seulement recevons ce qui fait et est propre pour
nourrir concorde et tenir chacun depuis le premier
jusqu'au dernier en obéissance. En quoi nous
avons suivre ce que notre Seigneur a
déclaré quant l'excommunication,
laquelle nous approuvons et confessons être
nécessaire avec toutes ses appartenances (Mt
18.17; 1 Co 5.45; 1 Tm 1.20).
34. Nous croyons que les
sacrements sont ajoutés la Parole pour plus
ample confirmation, afin de nous être gages
et méreaux de la gr ce de Dieu et par ce
moyen aider et soulager notre foi, cause de
l'infirmité et rudesse qui est en nous (Ex
12; Mt 26.26-27; Rm 4.11; 1 Co 11.23-24); et qu'ils
sont tellement signes extérieurs que Dieu
besogne par iceux en la vertu de son Esprit, afin
de nous y rien signifier en vain (Ac 22.16; Ga
3.27; Ep 5.26). Toutefois, nous tenons que toute
leur substance et vérité est en
Jésus-Christ et si on les en sépare,
ce n'est plus rien qu'ombrage et
fumée.
35. Nous en confessons
seulement deux, communs toute l'Eglise, desquels le
premier, qui est le baptême, nous est
donné pour témoignage de notre
adoption, parce que l nous sommes entés au
corps de Christ, afin d'être lavés et
nettoyés par son sang, et puis
renouvelés en sainte vie par son Esprit (Rm
6.3-4; Ac 22.16; Tt 3.5; Ep 5.26). Nous tenons
aussi, combien que nous ne soyons baptisés
qu'une fois, que le profit qui nous est l
signifié s'étend la vie et la mort,
afin que nous ayons une signature permanente, que
Jésus-Christ nous sera toujours justice et
sanctification (Rm 4; 6.22-23). Or combien que ce
soit un sacrement de foi et de pénitence (Mt
3.11; Mc 1.4; 16.16; Lc 3.3; Ac 13.24; 19.4),
néanmoins pour ce que Dieu recoit en son
Eglise les petits enfants avec leurs pères
(Mt 19.14; 1 Co 7.14), nous disons que par
l'autorité de Jésus-Christ les petits
enfants engendrés des fidèles doivent
être baptisés.
36. Nous confessons que la
sainte cène, qui est le second sacrement,
nous est témoignage de l'unité que
nous avons avec Jésus-Christ (1 Co 10.16-17;
11.24), d'autant qu'il n'est pas seulement une fois
mort et ressuscité pour nous, mais aussi
nous repaît et nourrit vraiment de sa chair
et de son sang, ce que nous soyons un avec lui et
que sa vie nous soit commune (Jn 6.55-57; 17.21; Rm
8.32). Or combien qu'il soit au ciel jusqu' ce
qu'il vienne pour juger tout le monde (Mc 16.19; Ac
1.2-11; 3.21), toutefois nous croyons que par la
vertu secrète et incompréhensible de
son Esprit il nous nourrit et vivifie de la
substance de son corps et de son sang (1 Co 10.16;
Jn 6.35). Nous tenons bien que cela se fait
spirituellement, non pas pour mettre au lieu de
l'effet et de la vérité imagination
ni pensée, mais d'autant que ce
mystère surmonte en sa hautesse la mesure de
notre sens et tout ordre de nature, bref, pour ce
qu'il est céleste, ne peut être
appréhendé que par foi.
37. Nous croyons, ainsi qu'il
a été dit, que tant en la cène
qu'au baptême Dieu nous donne
réellement et par effet ce qu'il y figure,
et pourtant nous conjoignons avec les signes la
vraie possession et jouissance de ce qui nous est l
présenté. Et par ainsi tous ceux qui
apportent la table sacrée de Christ une pure
foi, comme un vaisseau, reçoivent vraiment
ce que les signes y testifient: c'est que le corps
et le sang de Jésus-Christ ne servent pas
moins de manger et boire l' me que le pain et le
vin font au corps (Mt 26.26; 1 Co 11.24-25).
38. Ainsi nous tenons que
l'eau étant un élément caduc
ne laisse pas de nous testifier en
vérité le lavement intérieur
de notre me au sang de Jésus-Christ par
l'efficace de son Esprit (Rm 6.3-4; 1 Co 6.11; Ep
5.26), et que le pain et le vin nous étant
donnés en la cène nous servent
vraiment de nourriture spirituelle, d'autant qu'ils
nous montrent comme l'oeil la chair de
Jésus-Christ nous être notre viande et
son sang notre breuvage (Jn 6.51; 1 Co 11.24). Et
rejetons les fantastiques et sacramentaires qui ne
veulent point recevoir tels signes et marques, vu
que Jésus-Christ prononce: "Ceci est mon
corps, et ce calice est mon sang" (Mt 26.26; 1 Co
11.24-25).
39. Nous croyons que Dieu
veut que le monde soit gouverné par lois et
polices, afin qu'il y ait quelques brides pour
réprimer les appétits
désordonnés du monde (Ex 18.20-21; Mt
17.24-27; Rm 13.1-7). Et ainsi qu'il a
établi les royaumes, républiques et
toutes autres sortes de principautés, soit
héréditaires ou autrement, et tout ce
qui appartient l'état de justice et en veut
être reconnu auteur, cette cause a mis le
glaive en la main des magistrats pour
réprimer les péchés commis,
non seulement contre la seconde table des
commandements de Dieu, mais aussi contre la
première. Il faut donc, cause de lui, que
non seulement on endure que les supérieurs
dominent, mais aussi qu'on les honore et prise en
toute révérence, les tenant pour ses
lieutenants et officiers, lesquels il a commis pour
exercer une charge légitime et sainte (1 P
2.13-14; 1 Tm 2.2).
40. Nous tenons donc qu'il
faut obéir leurs lois et statuts, payer
tributs, impôts et autres devoirs, et porter
le joug de sujétion d'une bonne et franche
volonté, encore qu'ils fussent
infidèles, moyennant que l'empire souverain
de Dieu demeure en son entier (Mt 17.24; Ac
4.17-19). Par ainsi nous détestons ceux qui
voudraient rejeter les supériorités,
mettre communauté et confusions des biens,
et renverser l'ordre de justice.
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