La Bible et la révolution
française,
pour mieux
comprendre l'antisémitisme et la
persécution en France
NDLR: Merci de noter que ce
document émane d'Ellen G. White,
prophétesse du mouvement adventiste, et que
ces écrits contiennent beaucoup d'erreurs,
notemment au niveau de la chronologie
eschatologique. Nous ne retiendrons ici que les
éléments historiques relatifs
à la France.
Au seizième
siècle, une Bible ouverte à la main,
la Réforme avait frappé à la
porte de tous les pays d'Europe. Certaines nations
l'avaient accueillie comme une messagère
céleste. D'autres, influencées par la
papauté, lui avaient en grande partie
fermé l'accès de leur territoire, qui
resta ainsi presque totalement privé de la
connaissance et de l'influence bienfaisante de la
Parole de Dieu. Parmi ces derniers, il faut ranger
la France, où la lumière
pénétra de bonne heure, où,
des siècles durant, la vérité
et l'erreur furent aux prises, et où le mal
finit par triompher et la lumière
céleste par être bannie.
« La lumière étant venue
dans le monde, les hommes ont
préféré les
ténèbres à la
lumière. » (Jean 3 : 19.) Aussi la
nation française tout entière
a-t-elle récolté les fruits de ses
semailles. La puissance protectrice de l'Esprit de
Dieu ayant cessé d'entourer un peuple qui
avait méprisé le don de sa
grâce, les ferments du mal sont parvenus
à maturité, et le monde a pu
contempler les résultats auxquels on
s'expose volontairement lorsqu'on ferme sa porte au
Prince de la Paix et à la pure
lumière de son Evangile.
La guerre faite à
1'Evangile sur le sol de France atteignit son point
culminant sous la Révolution. Cet effroyable
bouleversement fut la conséquence naturelle
de la suppression de la Parole de Dieu. (Voir
Appencice.) Il est la démonstration la plus
frappante de l'aboutissement auquel peut arriver
une nation après plus d'un millénaire
passé à l'école de
l'église de Rome.
La suppression des saintes
Ecritures durant la période de la
suprématie papale avait été
prédite par les prophéties ; d'autre
part, l'Apocalypse avait annoncé les
terribles résultats qu'aurait, pour la
France en particulier, la domination de
« l'homme de
péché ».
« [Les nations]
fouleront aux pieds la ville sainte pendant
quarante-deux mois, avait dit saint Jean. Je
donnerai à mes deux témoins le
pouvoir de prophétiser, revêtus de
sacs, pendanf mille deux cent soixante jours. É
Quand ils auront achevé leur
témoignage, la bête qui monte de
l'abîme leur fera la guerre, les vaincra, et
les tuera. Et leurs cadavres seront sur la place de
la grande ville, qui est appelée, dans un
sens spirituel, Sodome et Egypte, là
même où leur Seigneur a
été crucifié. É Et à
cause d'eux les habitants de la terre se
réjouiront et seront dans
l'allégresse, et ils s'enverront des
présents les uns aux autres, parce que ces
deux prophètes ont tourmenté les
habitants de la terre. Après les trois jours
et demi, un esprit de vie, venant de Dieu, entra en
eux, et ils se tinrent sur leurs pieds ; et une
grande crainte s'empara de ceux qui les
voyaient. » (Apocalypse 11 :
2-11.)
Les périodes
« quarante-deux mois » et
« mille deux cent soixante
jours » mentionnées dans ce
passage sont un seul et même laps de temps,
à savoir celui pendant lequel l'Eglise de
Dieu devait être opprimée par celle de
Rome. Les mille deux cent soixante années de
la suprématie papale commencèrent en
l'an 538 de notre ère, et devaient par
conséquent se terminer en 1798. (Voir
Appendice.) A cette dernière date, une
armée française entra dans Rome,
s'empara du pape et le conduisit en exil à
Valence, où il mourut. On ne tarda pas
à élire un nouveau pape, mais la
Curie fut incapable de rétablir son ancienne
puissance.
Cependant la
persécution des fidèles disciples du
Sauveur ne dura pas jusqu'à la fin de la
période des mille deux cent soixante
années. Dans sa miséricorde envers
son peuple, Dieu abrégea la durée de
cette cruelle épreuve. En prédisant
la « grande affliction » qui
allait être le lot de son Eglise, le Sauveur
avait dit : « Et si ces jours
n'étaient abrégés, personne ne
serait sauvé ; mais, à cause des
élus, ces jours seront
abrégés. » (Matthieu 24 :
22.) Grâce à l'influence de la
Réforme, la persécution prit fin
avant 1798.
Au sujet des deux
témoins, le prophète ajoute :
« Ce sont les deux oliviers et les deux
chandeliers qui se tiennent devant le Seigneur de
la terre. » (Apocalypse 11 : 4.)
« Ta Parole, dit le Psalmiste, est une
lampe à mes pieds, et une lumière sur
mon sentier. » (Psaumes 119 : 105.) Les
deux témoins représentent les
Ecritures de l'Ancien et du Nouveau Testament. L'un
et l'autre témoignent de l'origine et de la
perpétuité de la loi de Dieu. L'un et
l'autre proclament le plan de la Rédemption.
Les symboles, les sacrifices et les
prophéties de l'Ancien Testament annoncent
un Sauveur à venir. Les évangiles et
les épîtres du Nouveau Testament nous
parlent d'un Sauveur déjà venu, et
qui répond exactement aux symboles et aux
prophéties.
« Je donnerai
à mes deux témoins, lisons-nous dans
l'Apocalypse, le pouvoir de prophétiser,
revêtus de sacs, pendant mille deux cent
soixante jours. »
Durant la plus grande partie
de cette période, les deux témoins de
Dieu ont connu une période
d'obscurité relative. La puissance papale
s'est efforcée de soustraire au peuple la
Parole de vérité et de produire de
faux témoins qui en contredisaient le
témoignage. » (Voir Appencice.) Le
temps où les deux témoins
prophétisèrent, vêtus de sacs,
est celui où les saintes Ecritures
étaient proscrites par les autorités
civiles et religieuses, où leur
témoignage était falsifié,
où l'effort réuni des hommes et des
démons tendait à en détourner
les esprits, où ceux qui osaient en
proclamer les vérités sacrées
étaient traqués, ensevelis dans des
cachots, torturés, martyrisés pour
leur foi ou obligés d'aller demander une
retraite aux forteresses de la nature, aux rochers
et aux antres de la terre ; c'est alors que les
deux témoins
« prophétisèrent
vêtus de sacs ». Ce
ministère, ils le poursuivirent pendant
toute la période des mille deux cent
soixante années. Aux époques les plus
sombres, il y eut des hommes fidèles qui
aimaient la Parole de Dieu et qui, jaloux de sa
gloire, reçurent de son Auteur sagesse,
puissance et autorité pour annoncer la
vérité.
« Si quelqu'un veut
leur faire du mal, du feu sort de leur bouche et
dévore leurs ennemis ; et si quelqu'un veut
leur faire du mal, il faut qu'il soit tué de
cette manière. » (Apocalypse 11 :
5.) Ce n'est jamais impunément qu'on foule
aux pieds la Parole de Dieu. Le sens de cette
terrible sentence est donné dans le dernier
chapitre de l'Apocalypse : " Je le déclare
à quiconque entend les paroles de la
prophétie de ce livre : Si quelqu'un y
ajoute quelque chose, Dieu le frappera des
fléaux décrits dans ce livre ; et si
quelqu'un retranche quelque chose des paroles du
livre de cette prophétie, Dieu retranchera
sa part de l'arbre de la vie et de la ville sainte,
décrits dans ce livre. »
(Apocalypse 22 : 18, 19.)
Tels sont les avertissements
que Dieu nous donne pour nous mettre en garde
contre la tentation d'apporter la moindre
altération à ce qu'il a
révélé ou ordonné. Ces
solennelles instructions s'appliquent à tous
ceux dont l'influence pousse les hommes à
faire peu de cas de la loi divine. Elles devraient
faire trembler ceux qui traitent à la
légère l'obéissance aux saints
commandements de Dieu. Tous ceux qui mettent leurs
opinions au-dessus de la révélation
divine, qui altèrent le sens clair et
évident des Ecritures en vue de se procurer
un avantage particulier ou afin de se conformer au
monde, prennent sur eux une redoutable
responsabilité. Le critère qui
servira à éprouver tous les hommes,
c'est la Parole écrite, la sainte loi de
Dieu ; tous ceux que ce code infaillible
déclarera coupables seront
condamnés.
« Quand ils auront
achevé [ou seront sur le point d'achever ]
(Trad. littérale. Voir Emphatic Diaglott.)
leur témoignage, la bête qui monte de
l'abîme leur fera la guerre, les vaincra et
les tuera. »
La période pendant
laquelle les deux témoins devaient rendre
leur témoignage revêtus de sacs se
termina en 1798. Vers la fin de leur
ministère exercé dans l'ombre, la
puissance représentée par la "
bête qui monte de l'abîme " allait leur
faire la guerre. Durant des siècles, les
autorités civiles et ecclésiastiques
de plusieurs Etats européens avaient
été, par l'intermédiaire de la
papauté, dirigées par Satan. Mais ici
on assiste à une nouvelle manifestation de
sa puissance.
Sous prétexte d'une
grande vénération pour les saintes
Ecritures, la tactique constante de Rome avait
été de les tenir scellées dans
une langue inconnue, et de les mettre ainsi hors de
la portée du peuple. Sous cette domination,
les deux témoins avaient
prophétisé vêtus de sacs. Mais
un nouveau pouvoir - la « bête qui
monte de l'abîme » - devait surgir
et livrer une guerre ouverte à la Parole de
Dieu.
« Et leurs cadavres
seront sur la place de la grande ville, qui est
appelée, dans un sens spirituel, Sodome et
Egypte, là même où leur
Seigneur a été
crucifié. »
La « grande
ville » dans les rues de laquelle les
deux témoins sont tués, et où
gisent leurs cadavres, « est
appelée, dans un sens spirituel, ...
Egypte ». De toutes les nations dont
1'Ecriture nous rapporte l'histoire, c'est l'Egypte
qui a le plus effrontément nié
l'existence de Dieu et foulé aux pieds ses
commandements. Aucun monarque ne s'était
jamais révolté plus audacieusement
contre l'autorité du ciel que le pharaon
d'Egypte. Quand Moïse lui apporta un message
de la part de Dieu, il lui répondit avec
hauteur : « Qui est l'Eterne1, pour que
j'obéisse à sa voix, en laissant
aller Israël ? Je ne connais point l'Eterne1,
et je ne laisserai point aller
Israël. » (Exode 5 : 2.) Tel est le
langage de l'athéisme. Or, la nation
représentée ici par l'Egypte devait
également refuser de reconnaître les
droits du Dieu vivant ; elle devait faire preuve
d'une incrédulité semblable, et
défier de la même façon le
Créateur des cieux et de la terre. La
« grande ville » est aussi
appelée, « dans un sens spirituel,
Sodome ». La corruption de Sodome se
manifestait plus spécialement par sa luxure.
Ce péché devait également
caractériser la nation qui allait accomplir
cette prophétie.
Il ressort donc des paroles
du prophète que, peu avant l'an 1798, un
gouvernement sortant de
« l'abîme » devait
s'élever pour faire la guerre à la
Parole de Dieu. Dans le pays où les deux
témoins allaient être réduits
au silence, on devait voir s'étaler
l'athéisme de Pharaon et la luxure de
Sodome.
Cette prophétie a
reçu l'accomplissement le plus frappant dans
l'histoire de la France. Au cours de la
Révolution, en 1793, « le monde
vit pour la première fois une
assemblée d'hommes nés et
élevés en pays civilisé, et
s'arrogeant le droit de gouverner la nation la plus
policée de l'Europe, s'unir pour renier
unanimement la vérité la plus haute
qui soit accessible à l'homme : la foi en la
divinité et en son culte. » (Voir
Appendice.) « La France est la seule
nation du monde qui ait officiellement osé
lever la main contre l'Auteur de l'univers. Il y a
eu, et il y a encore, bon nombre de
blasphémateurs et d'incrédules en
Angleterre, en Allemagne, en Espagne et ailleurs ;
mais la France occupe une place à part dans
les annales de l'humanité, étant le
seul Etat qui, par une décision de son
assemblée législative, ait
déclaré l'inexistence de Dieu, et
dont la vaste majorité de sa population,
tant dans la capitale qu'en province, ait accueilli
cette nouvelle par des danses et des chants de
joie. " (Voir Appendice.)
A la même
époque, la France manifesta aussi le
caractère de Sodome. Au cours de la
Révolution, on put constater un état
de corruption analogue à celui qui attira la
colère de Dieu sur cette ville coupable de
l'antiquité. L'histoire, comme la
prophétie, établit un rapport entre
l'athéisme et l'impudicité.
« En relation intime avec les lois contre
la religion se trouvait celle qui attaquait le
mariage. L'engagement le plus sacré existant
entre deux êtres humains, et dont la
permanence est indispensable à la
conservation de la société,
était réduit à l'état
de simple contrat civil de nature transitoire, et
que deux personnes peuvent contracter et rompre
à volonté. ... Si des ennemis de la
société s'étaient
imposé la tâche de détruire
tout ce qu'il y a de gracieux, de
vénérable et de constant dans la vie
domestique par un mal qui se perpétuât
de génération en
génération, ils n'auraient rien pu
trouver de plus efficace que la dégradation
du mariage. ... Sophie Arnould, actrice
célèbre par son esprit, appelait
l'union libre « le sacrement de
l'adultère. »
« Où leur
Seigneur a été
crucifié », dit la
prophétie. Ce détail
prophétique s'était également
réalisé. Aucun pays - au cours de son
histoire - n'avait manifesté autant
d'inimitié que la France contre
Jésus-Christ, contre sa Parole et contre ses
vrais disciples. Par les persécutions
qu'elle avait fait subir au cours des
siècles aux confesseurs de l'Evangile, elle
avait réellement « crucifié
le Seigneur » dans la personne de ses
disciples.
Siècle après
siècle, le sang des saints avait
coulé à flots. Pendant que les
Vaudois, dans les montagnes du Piémont,
donnaient leur vie pour « la Parole de
Dieu et le témoignage de
Jésus », les Albigeois faisaient,
en France, le même sacrifice et pour la
même cause. Aux jours de la Réforme,
les Huguenots avaient également versé
leur sang pour conserver ce qu'il y a de plus cher
au coeur humain : la conscience. Traités en
parias, ils avaient vu leur tête mise
à prix. Pourchassés comme des fauves,
ils avaient subi la mort après d'affreuses
tortures. Le roi et les nobles, des femmes de haute
naissance et de délicates jeunes filles
s'étaient rassasiés du spectacle de
l'agonie des martyrs de Jésus.
Ceux de leurs descendants qui
restaient encore en France au dix-huitième
siècle se cachaient dans les montagnes du
Midi, et là, sous le nom d'
« Eglise du Désert »,
ils conservaient la foi de leurs pères.
Quand ils osaient se réunir de nuit sur le
flanc des montagnes ou dans les landes
désertes, c'était au risque
d'être traqués par les dragons du roi
et condamnés à une vie d'esclavage
sur les galères. Les hommes les plus purs,
les plus nobles et les plus distingués de
France vivaient dans les chaînes, ou
exposés aux plus horribles tortures dans la
promiscuité des bandits et des assassins.
Plus humainement traités étaient ceux
qui, sans armes et sans défense, tombant
à genoux et se recommandant à Dieu,
étaient fusillés de sang-froid. Des
centaines de vieillards, de femmes inoffensives et
d'enfants innocents, surpris en pleine
assemblée, étaient laissés
inanimés sur les lieux. En parcourant le
versant des montagnes où ces
infortunés chrétiens avaient coutume
de se réunir, on voyait souvent,
« tous les quatre pas, des corps morts
qui jonchaient le chemin et des cadavres suspendus
aux arbres ». Leur pays,
dévasté par l'épée, la
hache et le bûcher, fut transformé en
un vaste et lugubre désert. « Ces
atrocités se perpétraient non pas en
un temps de ténèbres et d'ignorance,
mais dans le siècle poli de Louis XIV,
siècle où les arts et les sciences
étaient cultivés, où les
lettres florissaient et où les
théologiens de la cour et de la capitale,
savants et éloquents, se paraient des
grâces de la douceur et de la
charité. » (Voir
Appendice.)
Mais le plus noir des
forfaits, le plus atroce des crimes
enregistrés par l'histoire, fut le massacre
de la Saint-Barthélemy. Le monde
frémit encore d'horreur au souvenir de ce
lâche et cruel attentat. Sous la pression des
dignitaires de l'Eglise, ce crime fut
autorisé par le roi de France. Une cloche de
l'église de Saint-Germains-l'Auxerrois,
retentissant dans le silence de la nuit, donna le
signal de la tuerie. Des milliers de protestants
qui, comptant sur la parole d'honneur de leur roi,
reposaient tranquillement dans leurs lits, furent
assaillis dans leurs demeures et
massacrés.
De même que le Christ
avait été le Conducteur invisible de
son peuple lorsqu'il l'arracha à l'esclavage
de l'Egypte, de même Satan fut le chef
invisible de ses sujets dans cet horrible
égorgement qui se poursuivit dans Paris sept
jours durant, les trois premiers avec une indicible
fureur. Mais cette oeuvre de mort ne se borna pas
à la capitale : par ordre du roi, elle
s'étendit à toutes les provinces et
à toutes les villes où vivaient des
protestants. On n'eut égard ni à
l'âge ni au sexe. On n'épargna ni
l'enfant à la mamelle, ni le vieillard aux
cheveux blancs. Nobles et paysans, jeunes et vieux,
mères et enfants, tous étaient
également immolés. Le massacre dura
deux mois entiers dans toutes les parties de la
France. Soixante-dix mille âmes environ, la
fleur de la nation, périrent.
« Quand la nouvelle
de ce crime parvint à Rome, la joie du
clergé ne connut pas de bornes. Le cardinal
de Lorraine récompensa le messager d'un don
de mille couronnes ; le canon de Saint-Ange se fit
entendre en signe de joyeux salut ; les cloches de
toutes les églises sonnèrent à
toute volée ; les feux de joie
transformèrent la nuit en jour ; et
Grégoire XIII, accompagné des
cardinaux et d'autres dignitaires
ecclésiastiques, se rendit en procession
à l'église de Saint-Louis, où
le cardinal de Lorraine chanta le Te Deum. ... Une
médaille fut frappée pour
commémorer l'événement. Le
pape Grégoire envoya la Rose d'or à
Charles IX et, quatre mois après, ... il
écoutait complaisamment le sermon d'un
prêtre français
célébrant ce jour de joie et
d'allégresse où le Saint-Père
reçut l'heureuse nouvelle, et alla
solennellement en rendre grâces à Dieu
et à Saint Louis. » (Voir
Appendice.) On peut encore voir au Vatican les
trois fresques de Vasari représentant le
meurtre de Coligny, le roi décidant le
massacre en conseil, et le massacre
lui-même.
L'esprit infernal qui poussa
à la Saint-Barthélemy présida
aussi aux scènes de la Révolution.
Jésus-Christ y fut déclaré un
imposteur, et le cri de ralliement des
incrédules qui le désignaient
était : « Ecrasons
l'infâme » (Voir Appendice.) Le
blasphème et la luxure marchaient de pair ;
des hommes abjects, des monstres de cruauté
et de vice étaient comblés d'honneur
: hommage suprême rendu à Satan,
tandis que Jésus-Christ, la personnification
de la vérité, de la pureté et
de l'amour désintéressé,
était crucifié à
nouveau.
« La bête qui
monte de l'abîme leur fera la guerre ; elle
les vaincra et les tuera. »
Comme on vient de le voir, la
puissance athée qui gouverna la France sous
la Révolution et le règne de la
Terreur livra en effet à Dieu et à sa
Parole une guerre sans précédent dans
l'histoire. L'Assemblée nationale abolit le
culte de la divinité. Les exemplaires de la
sainte Ecriture furent ramassés et
brûlés publiquement avec toutes les
marques du mépris. La loi de Dieu
était foulée aux pieds. La
célébration publique du culte
chrétien, du baptême et de la
cène fut interdite ; le repos hebdomadaire
fut supprimé et remplacé par le
décadi. Des inscriptions placées bien
en vue sur les cimetières déclaraient
que la mort est un sommeil éternel.
On affirmait que, loin
d'être « le commencement de la
sagesse », la crainte de Dieu
était le commencement de la folie. Tout
culte religieux, sauf celui de la liberté et
de la patrie, fut prohibé.
« L'évêque constitutionnel
de Paris eut le principal rôle dans une
comédie impudente et scandaleuse qui fut
jouée en présence de
l'Assemblée nationale. ... Il vint,
recouvert de ses ornements sacerdotaux, pour
déclarer à la barre de la Convention
que la religion qu'il avait enseignée tant
d'années avait été
inventée de toutes pièces par les
prêtres et qu'elle n'avait aucun fondement ni
dans l'histoire ni dans la vérité
sacrée. Dans les termes les plus solennels
et les plus explicites, il nia l'existence de la
divinité dont il avait été le
prêtre, annonçant qu'il allait
désormais dédier sa vie au culte de
la liberté, de l'égalité, de
la vertu et de la morale. Il déposa alors
devant l'Assemblée ses insignes
épiscopaux et reçut du
président de la Convention l'accolade
fraternelle. Plusieurs prêtres apostats
suivirent l'exemple de ce
prélat. » (Voir Appendice.)
« Et à cause
d'eux les habitants de la terre se
réjouiront et seront dans
l'allégresse, et ils s'enverront des
présents les uns aux autres, parce que ces
deux prophètes ont tourmenté les
habitants de la terre. » La France avait
réduit au silence la voix de ces deux
témoins. La Parole de vérité,
étendue comme un cadavre dans ses rues,
mettait dans la joie ceux qui haïssaient les
restrictions et les exigences de la loi divine. On
outrageait publiquement le Dieu du ciel.
Comme certains
pécheurs d'autrefois, on s'écriait :
« Comment Dieu saurait-il, comment le
Très-Haut connaîtrait- il
? » (Psaumes 73 : 11.)
Avec une hardiesse dans le
blasphème depassant presque toute
conception, un prêtre du nouvel ordre
s'écriait : « Dieu, si tu existes,
venge les injures faites à ton nom. Je te
défie ! É Tu gardes le silence. É Tu n'oses
pas lancer les éclats de ton tonnerre ! É
Qui, après ceci, croira encore à ton
existence ? » (Lacretelle, Histoire, vol.
XVI, p. 309. Cité dans Alison's History of
Europe, vol.I, chap. X..) Echo frappant des paroles
de Pharaon : « Qui est 1'Eternel pour que
j'obéisse à sa voix ? Je ne connais
pas 1'Eternel ! »
« L'insensé
dit en son coeur : Il n'y a point de
Dieu. » (Psaumes 14 : 1.) De ceux qui
pervertissent la vérité, il est dit :
« Leur folie sera manifeste pour
tous » (2 Thimothée 3 : 9.) Quand
la foule eut répudié le culte du Dieu
vivant, de celui « dont la demeureest
éternelle », elle ne tarda pas
à glisser dans une idolâtrie
dégradante. En la personne d'une
comédienne, le culte de la Raison fut
inauguré sous les auspices de
l'Assemblée nationale et des
autorités civiles et
législatives.
« Les portes de la
Convention s'ouvrirent toutes grandes pour livrer
passage à une bande de musiciens, à
la suite de laquelle les membres du Conseil
municipal entrèrent en procession
solennelle, chantant un hymne à la
liberté et escortant, comme objet de leur
culte futur, une femme voilée
dénommée la déesse Raison.
Dès qu'elle se trouva dans l'enceinte, on la
dépouilla solennellement de son voile, et
elle prit place à la droite du
président. On reconnut alors une actrice de
l'Opéra. C'est à cette femme,
considérée comme le meilleur
emblème de la raison, qu'allèrent les
hommages publics de la Convention nationale.
» Cette
cérémonie impie et ridicule eut une
certaine vogue ; l'instauration de la déesse
Raison fut renouvelée et imitée dans
toutes les parties de la France où l'on
voulut se montrer à la hauteur de la
Révolution. " (Voir Appendice.)
Chaumette introduisit le
culte de la Raison en ces termes :
« Législateurs, le fanatisme a
cédé la place à la Raison. Ses
yeux louches n'ont pu soutenir l'éclat de la
lumière. Aujourd'hui, un peuple immense
s'est porté sous ces voûtes gothiques
où, pour la première fois, on a
entendu la vérité. Là, les
Français ont célébré le
seul vrai culte, celui de la liberté, celui
de la raison. Là, nous avons formé
des voeux pour la prospérité des
armes de la République. Là, nous
avons échangé des idoles
inanimées pour la Raison, pour cette image
animée, le chef d'oeuvre de la
nature. » (Thiers, Hist. de la
Révolution française, liv. I, p.
260.)
Lorsque la déesse fut
amenée devant la Convention, le
président la prit par la main et dit en se
tournant vers l'Assemblée : " Mortels,
cessez de trembler devant le Dieu que vos
prêtres ont créé. Ne
reconnaissez plus désormais d'autre
divinité que la Raison. Je vous
présente sa plus noble et sa plus pure image
; s'il vous faut des idoles, n'apportez plus vos
hommages qu'à celle-ci. É Tombe devant
l'auguste Sénat de la Liberté,
ô voile de la Raison ! É
» Après avoir
reçu l'accolade du président,
l'idole, montée sur un char magnifique, fut
conduite, au milieu d'un immense concours de
peuple, à la cathédrale Notre-Dame
pour y figurer la divinité. Placée
sur un autel élevé, elle reçut
les adorations de tous les spectateurs. »
(Alison, vol. I, chap. X..)
Cette cérémonie
fut suivie d'un autodafé de livres pieux, y
compris la Bible. « La
Société populaire de la section du
Musée entra au Conseil en criant : Vive la
Raison ! et, portant au bout d'un bâton les
restes d'un livre encore fumant, elle annonce que
les bréviaires, les missels, les heures, les
oraisons de Sainte-Brigitte, l'Ancien et le Nouveau
Testament ont expié, dans un grand feu, sur
la place du Temple de la Raison, toutes les
sottises qu'ils ont fait commettre à
l'espèce humaine. » (Journal de
Paris, 1793, numéro 318. Cité par
Buchez-Roux, vol. XXX, p. 200, 201.)
Le papisme avait
commencé le travail qu'achevait
l'athéisme. Les leçons de Rome
avaient entraîné la France dans une
crise sociale, politique et religieuse qui la
précipitait vers la ruine. En parlant des
horreurs de la Révolution, certains auteurs
en jettent la responsabilité à la
fois sur le Trône et sur 1'Eglise. (Voir
Appendice.) En toute justice, ces excès
doivent être attribués à
l'Eglise, qui avait empoisonné l'esprit des
rois au sujet de la Réforme,
qualifiée par elle d'ennemie de la couronne
et d'élément de discorde fatal
à la paix de la nation. Le génie de
Rome avait inspiré les cruautés
inouïes et la terrible oppression
exercées par l'autorité
royale.
En revanche, l'esprit de
liberté avait marché de pair avec la
Parole de Dieu. Partout où 1'Evangile avait
été reçu, les yeux
s'étaient ouverts. Les chaînes de
l'ignorance, du vice et de la superstition, le plus
avilissant des esclavages, avaient
été brisées. É On
s'était mis à penser et à agir
en hommes. Ce que voyant, les monarques avaient
tremblé pour leur despotisme et Rome
s'était empressée d'attiser leurs
craintes jalouses. En 1525, le pape disait au
régent de France : « Cette
forcènerie [le protestantisme] ne se
contentera pas de brouiller la religion et de la
détruire, mais aussi principautés,
lois, ordres et même rangs. » (G.
de Félice, Hist, des Protestants de France -
6e éd. - liv. I, chap. II, p.28.) Quelques
années plus tard, le nonce du pape donnait
au roi cet avertissement : « Sire, ne
vous y trompez pas, les protestants porteront
atteinte à l'ordre civil comme à
l'ordre religieux. Le trône est en danger
tout autant que l'autel. L'introduction d'une
religion nouvelle doit entraîner
nécessairement un gouvernement
nouveau. » (Merle d'Aubigné, Hist.
de la Réformation au temps de Calvin, liv.
II, chap. XXXVI.) Et les théologiens de
faire appel aux préjugés populaires
en déclarant que la doctrine protestante
« entraîne les hommes vers des
nouveautés et des folies ; qu'elle prive le
roi de l'affection de ses sujets et dévaste
à la fois l'Eglise et l'Etat ».
C'est ainsi que Rome avait réussi à
dresser la France contre la Réforme.
Les enseignements des
Ecritures auraient au contraire implanté
dans les esprits et les coeurs des principes de
justice, de tempérance, de
vérité, d'équité et de
bienveillance, principes qui sont la pierre
angulaire de la prospérité nationale.
« La justice élève une
nation. » « C'est par la
justice que le trône s'affermit. »
« L'oeuvre de la justice sera la paix, et
le fruit de la justice le repos et la
sécurité pour toujours. »
(Proverbes 14 : 34 ; 16 : 12 ; Esaïe 32 : 17.)
Celui qui est soumis à la loi divine ne
faillira pas non plus au respect des lois de son
pays. Celui qui craint Dieu « honorera le
roi » dans l'exercice de ses attributions
justes et légitimes. Les dirigeants de la
France ne se doutaient guère, hélas !
des conséquences de leur fatale politique
lorsqu'ils prohibèrent les Ecritures et
bannirent ses disciples, lorsque, siècle
après siècle, des hommes
intègres, éclairés,
consciencieux, ayant le courage de leurs
convictions et la foi qui consent à souffrir
pour la vérité, avaient
été condamnés aux
galères, consumés sur les
bûchers ou enterrés vifs dans de
sombres cachots. Des myriades d'autres avaient
cherché leur salut en passant à
l'étranger. Et cela dura deux cent cinquante
ans à partir des débuts de la
Réforme !
« Il n'y eut
peut-être pas une génération de
Français, au cours de cette longue
période, qui ne fût témoin de
la fuite éperdue des disciples de l'Evangile
devant la fureur de leurs persécuteurs.
Emportant avec eux leurs arts et leurs industries
(dans lesquels ils excellaient
généralement) , leur intelligence et
leur esprit d'ordre, ils allèrent, au
détriment de la France, enrichir les pays
qui leur donnaient asile.
» Si, au cours de ces
trois siécles, la main active de ces
exilés avait cultivé le sol national
; si leurs talents industriels avaient
perfectionné ses usines ; si leur
génie créateur avait enrichi sa
littérature et cultivé ses sciences ;
si leur sagesse avait dirigé ses conseils ;
si leur bravoure s'était donné libre
carrière sur ses champs de bataille ; si
leur équité avait
rédigé ses lois et si la religion de
l'Evangile avait formé les consciences,
quelle ne serait pas, aujourd'hui, la gloire de la
France ! Grande, prospère, heureuse, elle
eût servi de modèle à tous les
peuples de la terre !
» Au lieu de cela, un
fanatisme aveugle et inexorable chassait du sol
français les maîtres de la vertu, les
champions de l'ordre et les vrais soutiens du
trône. En disant aux hommes qui auraient pu
assurer la gloire de leur patrie : Vous avez le
choix entre l'exil et le bûcher, on consomma
la ruine de 1'Etat. Et comme il ne resta plus de
conscience à proscrire, plus de religion
à traîner sur la roue, plus de
patriotisme à exiler, on eut la
Révolution et ses horreurs.
» La fuite des Huguenots
avait été suivie en France d'une
décadence générale. Des villes
industrielles florissantes tombèrent
à rien ; des régions fertiles
demeurèrent en friche. A une période
de progrès sans précédent
succédèrent le marasme intellectuel
et le déclin moral. Paris devint une vaste
aumônerie où deux cent mille
personnes, au moment de la Révolution,
attendaient leur subsistance des largesses royales.
Seuls, au sein de la décadence, les
Jésuites prospéraient et faisaient
peser le joug de leur tyrannie sur les Eglises, sur
les écoles, dans les prisons et sur les
galères. »
L'Evangile aurait
apporté à la France la solution des
problèmes politiques et sociaux qui
déjouaient l'habileté de son
clergé, de son roi et de ses
législateurs et qui finirent par plonger le
pays dans l'anarchie et la ruine. Malheureusement,
sous la tutelle de Rome, le peuple avait
oublié les enseignements bénis du
Sauveur se résumant dans l'amour du
prochain. On l'avait détourné de la
voie du désintéressement. On n'avait
pas censuré le riche opprimant le pauvre ni
secouru le pauvre dans sa servitude et sa
dégradation. L'égoïsme du riche
et du puissant était devenu de plus en plus
dur et cruel. Depuis des siècles, une
noblesse prodigue et dissolue écrasait le
paysan ; le riche pillait le pauvre et chez le
pauvre la haine allait en grandissant.
Dans plusieurs provinces, les
nobles étaient seuls propriétaires
fonciers, et la classe laborieuse, à la
merci des propriétaires, était
soumise aux exigences les plus exorbitantes.
Accablées d'impôts par les
autorités civiles et par le clergé,
la classe moyenne et la classe ouvrière
étaient chargées d'entretenir
à la fois l'Eglise et 1'Etat. « Le
bon plaisir des nobles était
considéré comme la loi suprême
; les fermiers et les paysans pouvaient mourir de
faim : leurs oppresseurs n'en avaient cure. É Les
intérêts exclusifs des
propriétaires devaient toujours passer en
premier. La vie du travailleur agricole
était une existence de misère ; ses
plaintes, si jamais il s'avisait d'en faire
entendre, étaient accueillies avec un
superbe mépris. Les tribunaux donnaient
toujours raison au noble contre le paysan. Les
juges se laissaient publiquement acheter et les
caprices des aristocrates avaient force de loi. En
vertu de ce système, la corruption
était générale. Des
impôts arrachés au peuple, la
moitié à peine trouvait le chemin du
trésor royal ou épiscopal ; le reste
était gaspillé. Et les hommes qui
appauvrissaient ainsi leurs concitoyens
étaient eux-mêmes exempts
d'impôts et avaient droit, de par la loi ou
la coutume, à toutes les charges de l'Etat.
La Cour vivait dans le luxe et la dissipation. Les
classes privilégiées comptaient cent
cinquante mille membres et, pour suffire à
leur gaspillage, des millions de leurs concitoyens
étaient condamnés à une vie de
dégradation sans issue. » (Voir
Appendice.)
La cour se livrait au luxe et
à la dissipation. Toutes les mesures du
gouvernement étaient
considérées avec méfiance par
les administrés. Avec une aristocratie
endurcie et corrompue, avec des classes
inférieures indigentes et ignorantes, avec
des finances obérées et un peuple
exaspéré, il n'était pas
nécessaire d'être prophète pour
prédire ce qui devait arriver. En ces temps
de relâchement, Louis XV se signala pendant
plus d'un demi-siècle par son indolence, sa
frivolité et sa sensualité.
C'était en vain qu'on le pressait de faire
des réformes. S'il voyait le mal, il n'avait
ni le courage ni le pouvoir d'y parer. Aux
avertissements de ses conseillers, il
répondait invariablement :
« Tâchez de faire durer les choses
aussi longtemps que je vivrai. Après ma
mort, il arrivera ce qu'il pourra. » Il
ne prédisait que trop bien le sort qui
attendait la France par cette parole souverainement
égoïste : « Après moi
le déluge ! »
En jouant sur la jalousie des
rois et des classes dirigeantes, Rome les avait
poussés à maintenir le peuple dans un
état de servitude, sachant très bien
qu'en affaiblissant l'Etat, elle affermissait
d'autant son ascendant sur la nation
entière. Sa politique clairvoyante lui
enseignait que, pour asservir les peuples, il faut
enchaîner les âmes et leur ôter
toute velléité de liberté. Or
la dégradation morale résultant de
cette politique était mille fois plus
lamentable que les souffrances physiques.
Privé du pur Evangile, saturé de
fanatisme, le peuple était plongé
dans l'ignorance, la superstition et le vice, et,
par conséquent, il ne savait pas se
gouverner.
Tel était le plan de
Rome. Mais le dénouement fut tout autre. Au
lieu de retenir les foules dans une aveugle
soumission à ses dogmes, elle avait fait des
incrédules et des révolutionnaires.
Considéré par le peuple comme
inféodé aux oppresseurs, le romanisme
récolta sa haine. Le seul dieu, la seule
religion que l'on connût étant le dieu
de Rome et les enseignements de Rome, on
considéra l'avarice et la cruauté de
l'Eglise comme les fruits légitimes de
l'Evangile et l'on ne voulut plus en entendre
parler.
Rome ayant
dénaturé le caractère de Dieu
et perverti ses exigences, on rejeta et la Bible et
son Auteur. Au nom des Ecritures, la papauté
avait exigé une foi aveugle en ses dogmes.
Par réaction, Voltaire et ses collaborateurs
rejetèrent entièrement la Parole
divine et semèrent à pleines mains le
poison de l'incrédulité, Rome avait
écrasé le peuple sous son talon de
fer et maintenant, dans leur horreur de la
tyrannie, les masses dégradées et
brutalisées rejetaient toute contrainte.
Furieux d'avoir trop longtemps rendu hommage
à une brillante fiction, le peuple rejeta
également la vérité et le
mensonge. Confondant la liberté avec la
licence, les esclaves du vice exultèrent
dans leur liberté imaginaire.
Au commencement de la
Révolution, par concession royale, le peuple
obtint aux Etats généraux une
représentation supérieure en nombre
à celles du clergé et de la noblesse.
La majorité gouvernementale se trouvait donc
entre ses mains ; mais il n'était pas en
état d'en user avec sagesse et
modération. Dans sa hâte de redresser
les torts dont elle avait souffert, une populace
aigrie par la souffrance et par le souvenir des
vieilles injustices entreprit aussitôt de
reconstruire la société et de se
venger des auteurs de son dénuement. Mettant
à profit les leçons qu'on leur avait
données, les opprimés devinrent les
oppresseurs de leurs tyrans.
Malheureuse France ! Elle
récoltait dans le sang la moisson de ses
semailles et buvait au calice amer de sa soumission
à la puissance de Rome. C'est sur
l'emplacement même où, sous
l'influence du clergé, avait
été élevé le premier
bûcher à l'intention des
réformés que la Révolution
dressa la première guillotine. C'est
à l'endroit même où, au
seizième siècle, les premiers martyrs
de la foi réformée avaient
été brûlés, qu'au
dix-huitième furent guillotinées les
premières victimes de la vindicte populaire.
En rejetant 1'Evangile qui lui eût
apporté la guérison, la France avait
ouvert toute grande la porte à
l'incrédulité et à la ruine.
Le joug des lois divines secoué, on
s'aperçut que les lois de l'homme
étaient impuissantes à endiguer la
marée montante des passions humaines, et la
nation sombra dans la révolte et l'anarchie.
La guerre à la Parole de Dieu inaugura une
ère connue dans l'histoire sous le nom de
« règne de la Terreur ».
La paix et le bonheur furent bannis des foyers et
des coeurs. Personne n'était en
sécurité. Celui qui triomphait
aujourd'hui était, demain, accusé et
condamné. La violence et la luxure avaient
libre cours.
Le roi, le clergé et
la noblesse furent livrés aux
atrocités d'une populace en démence.
L'exécution du roi excitant la soif de
vengeance, les hommes qui avaient
décrété sa mort le suivirent
bientôt à la guillotine. Le massacre
général de tous ceux qui
étaient suspects d'hostilité à
la Révolution fut décidé. Les
prisons étaient combles : un certain moment,
elles n'abritaient pas moins de deux cent mille
captifs. Dans les villes de province, on
n'assistait qu'à des scènes
d'horreur. La France était devenue un champ
clos où s'affrontaient des foules en proie
à la fureur de leurs passions. « A
Paris, où les tumultes succédaient
aux tumultes, les citoyens étaient
partagés en factions ne visant qu'à
leur extermination mutuelle. » Pour
comble de malheur, la France avait sur les bras une
guerre dévastatrice avec les grandes
puissances. « Le pays était
acculé à la faillite ; les
armées réclamaient leur solde
arriérée ; Paris était
réduit à la famine ; les provinces
étaient ravagées par des brigands, et
la civilisation faisait place à
l'anarchie. »
Le peuple, hélas !
n'avait que trop bien retenu les néfastes
leçons de cruauté que Rome lui avait
si patiemment enseignées, et le jour des
rétributions était enfin venu. Ce
n'étaient plus maintenant les disciples de
Jésus qu'on jetait dans les cachots et qu'on
entraînait à l'échafaud. Il y
avait longtemps qu'ils avaient été ou
égorgés ou contraints de s'exiler.
Rome recevait maintenant les coups mortels de ceux
qu'elle avait habitués à verser, d'un
coeur léger, le sang de leurs frères.
« La persécution dont le
clergé de France avait donné
l'exemple pendant tant de siècles se
retournait maintenant contre lui avec une
redoutable rigueur. Le sang des prêtres
ruisselait sur les échafauds. Les
galères et les prisons, autrefois pleines de
Huguenots, se peuplaient maintenant de leurs
persécuteurs. Enchaînés
à leur banc et tirant l'aviron, des
prêtres expérimentaient à leur
tour les supplices qu'ils avaient si gaiement
infligés aux doux
hérétiques. » (Voir
Appendice.)
« Puis vinrent les
jours où le plus barbare de tous les codes
fut appliqué par un tribunal plus barbare
encore ; où nul ne pouvait saluer son voisin
ni faire sa prière sans s'exposer à
commettre un crime capital ; où des espions
étaient apostés à tous les
coins de rue ; où la guillotine fonctionnait
avec acharnement toute la matinée ;
où les égoûts de Paris
emportaient à la Seine des flots de sang
humain. É ; où des tombereaux parcouraient
journellement les rues de Paris conduisant au lieu
d'exécution leurs chargements de victimes ;
où les consuls envoyés dans les
départements par le Comité de Salut
public se livraient à des orgies de
cruauté inconnues même dans la
capitale. Le couperet de la fatale machine montait
et retombait trop lentement pour suffire à
sa tâche et de longues files de captifs
étaient fauchées par la mitraille.
Pour les noyades en masse, on
défonçait des barques chargées
de malheureuses victimes. Lyon fut réduit en
désert. A Arras, on refusa même aux
prisonniers la cruelle miséricorde d'une
mort immédiate. Tout le long de la Loire, de
Saumur jusqu'à la mer, de grandes troupes de
corbeaux et de vautours se repaissaient de la chair
des cadavres nus, entrelacés dans de
hideuses étreintes. On ne faisait
grâce ni au sexe ni à l'âge. Des
jeunes gens et des jeunes filles au-dessous de
dix-sept ans étaient immolés par
centaines. Les Jacobins se lançaient d'une
pique à l'autre de petits enfants,
arrachés au sein maternel. » (Voir
Appendice.)
Dans le court espace de dix
ans, des multitudes d'êtres humains avaient
péri de mort violente. Tout cela
était conforme aux désirs du prince
des ténèbres et au but qu'il poursuit
de siècle en siècle avec une
invariable fourberie. Son objet est de plonger
l'homme, créature de Dieu, dans la
désolation, de le défigurer, de le
souiller et par là de contrister le ciel en
entravant les plans de la bienveillance et de
l'amour divins. Cela fait, aveuglant les esprits,
il rejette sur Dieu la responsabilité de son
oeuvre, qu'il fait passer pour le résultat
des desseins originels du Créateur. Et
lorsque ceux qu'il a longtemps brutalisés et
dégradés finissent par secouer leur
chaîne, il les pousse à des
excès et à des atrocités que
les tyrans et les oppresseurs citent ensuite comme
les conséquences légitimes de la
liberté.
Mais il y a plus. Lorsqu'une
certaine forme d'erreur est dévoilée,
Satan la présente sous un autre
déguisement, qui est reçu par la
multitude avec tout autant de faveur que le
précédent. Voyant que le romanisme
était démasqué et qu'il ne
pouvait plus s'en servir pour égarer les
foules, l'ennemi les poussa dans l'extrême
opposé. On rejeta toutes les religions comme
mensongères et la Parole de Dieu comme un
tissu de fables, pour se livrer sans remords
à l'iniquité.
Ce qui attira tant de
calamités sur la France, c'est l'ignorance
fatale de cette grande vérité,
à savoir que la véritable
liberté se trouve dans l'obéissance
à la loi de Dieu. « Oh ! si tu
étais attentif à mes commandements !
Ton bien-être serait comme un fleuve, et ton
bonheur comme les flots de la mer. »
« Il n'y a point de paix pour les
méchants, dit l'Eternel. »
« Mais celui qui m'écoute reposera
avec assurance, il vivra tranquille et sans
craindre aucun mal. » (Esaïe 48 :
18, 22 ; Proverbes 1 : 33.)
Les athées, les
incrédules et les apostats peuvent repousser
et combattre la loi de Dieu, les résultats
de leur oeuvre prouvent que la
prospérité de l'homme depend de
l'obéissance aux statuts divins. Que ceux
qui ne veulent pas croire le Livre de Dieu se
donnent la peine de lire ce fait dans l'histoire
des nations.
Quand Satan se servait de
1'Eglise romaine pour entraîner les hommes
loin du sentier de l'obéissance, sa main
était si bien dissimulée qu'on ne
voyait pas dans les maux qui en découlaient
les résultats naturels de l'erreur. En
outre, sa puissance était à tel point
neutralisée par l'Esprit de Dieu que son
système ne pouvait produire tous ses fruits.
On ne remontait pas des effets à la cause,
et on ne découvrait pas la source des
misères publiques. C'est lors de la
Révolution, où la loi de Dieu fut
ouvertement supprimée par l'Assemblée
nationale, et surtout sous le règne de la
Terreur qui suivit, que chacun put voir les
conséquences de l'abandon des
préceptes divins.
Quand la France renia Dieu
publiquement et rejeta la Bible, les impies - comme
aussi les démons - exultèrent de voir
enfin la réalisation de leur plus cher
désir : un royaume affranchi des
restrictions de la loi de Dieu ! « Parce
qu'une sentence contre les mauvaises actions ne
s'exécute pas promptement, le coeur des fils
de l'homme se remplit en eux du désir de
faire le mal. » (Ecclésiste 8 :
11.) Ils ignorent que la violation d'une loi juste
entraîne nécessairement une
pénalité et que, si le
châtiment ne suit pas toujours de près
la transgression, il n'en est pas moins certain.
Des siècles d'apostasie et d'iniquité
avaient accumulé « un
trésor de colère pour le jour de la
colère » ; aussi, une fois la
coupe de leur iniquité comblée, les
prévaricateurs et les impies apprirent que
lasser la patience divine est une chose terrible.
L'Esprit de Dieu, dont la puissance protectrice
imposait un frein à la cruauté de
Satan, s'étant partiellement retiré,
l'être implacable qui trouve ses
délices à faire souffrir les hommes
put agir à sa guise. Ceux qui avaient choisi
le sentier de la révolte eurent
bientôt l'occasion d'en mesurer les
conséquences sur une terre couverte de
forfaits indescriptibles.
« A cette
heure-là, il y eut un grand tremblement de
terre, et la dixième partie de la ville [de
la grande ville : la chrétienté,
à savoir la France]
tomba. »
Des provinces
dévastées et des villes
ruinées monta, lamentable et amère,
une clameur désespérée. La
France était secouée comme par un
« tremblement de terre ». La
religion, la loi, l'ordre social, la famille,
l'Eglise et l'Etat, tout était abattu par la
main impie qui s'était levée contre
la loi de Dieu. Ces paroles du Sage se justifiaient
: « Le bonheur n'est pas pour le
méchant. » « Cependant,
quoique le pécheur fasse cent fois le mal et
qu'il y persévère longtemps, je sais
aussi que le bonheur est pour ceux qui craignent
Dieu, parce qu'ils ont de la crainte devant
lui. » (Ecclésiaste 8 : 12, 13.)
« Parce qu'ils ont haï la science,
et qu'ils n'ont pas choisi la crainte de l'Eterne1,
É ils se nourriront du fruit de leur voie, et ils
se rassasieront de leurs propres
conseils. » (Proverbes 1 : 29-31.)
Bien qu'immolés par la
puissance blasphématrice « qui
monte de l'abîme », les
témoins de Dieu ne devaient pas demeurer
longtemps silencieux. « Après les
trois jours et demi, un esprit de vie, venant de
Dieu, entra en eux, et ils se tinrent sur leurs
pieds ; et une grande crainte s'empara de ceux qui
les voyaient. » (Apocalypse 11 : 11.)
C'est en 1793 que l'Assemblée nationale
avait décrété l'abolition de
la religion chrétienne et la suppression des
saintes Ecritures. Trois ans et demi plus tard, la
même Assemblée rapportait son
décret et tolérait ainsi la libre
circulation du Livre saint. Le monde,
épouvanté à la vue des
débordements qui avaient suivi la
répudiation de l'Evangile, reconnut la
nécessité de la foi en Dieu et en sa
Parole comme base de la vertu et de la morale. Cela
était écrit : « Qui as-tu
insulté et outragé ? Contre qui as-tu
élevé la voix ? Tu as porté
tes yeux en haut sur le Saint
d'Israël. » « C'est
pourquoi voici, je leur fais connaître, cette
fois, je leur fais connaître ma puissance et
ma force ; et ils sauront que mon nom est
1'Eternel. » (Esaïe 37 : 23 ;
Jérémie 16 : 21.)
Le prophète ajoute, au
sujet des deux témoins : « Et ils
entendirent du ciel une voix qui leur disait :
Montez ici ! Et ils montèrent au ciel dans
la nuée ; et leurs ennemis les
virent. » (Apocalypse 11 : 12.) Depuis
que la France a fait la guerre aux témoins
de Dieu, ils ont été plus
honorés que jamais. En 1804 fut
fondée la Société biblique
britannique et étrangère. Elle fut
suivie de l'organisation en Europe de plusieurs
sociétés auxiliaires. En 1816 avait
lieu la fondation de la Société
biblique américaine et, en 1818, celle de la
Société biblique britannique, les
saintes Ecritures étaient imprimées
en cinquante langues ; depuis, elles l'ont
été en plus de huit cent langues et
dialectes. (Voir Appendice.)
Les progrès dans l'art
de l'imprimerie ont très sensiblement
aidé à la propagation des saintes
Ecritures. Les facilités de communication
d'un pays à l'autre, la disparition des
barrières élevées par les
préjugés et les exclusivismes
nationaux, ainsi que la chute du pouvoir temporel
ont frayé la voie à la diffusion de
la Parole de Dieu. Depuis 1871, les saintes
Ecritures se vendent sans entrave dans les rues de
Rome et elles se répandent actuellement dans
toutes les régions habitées du
globe.
L'incrédule Voltaire
disait : Je suis las d'entendre
répéter que douze hommes ont
fondé la religion chrétienne. Je
prouverai qu'il suffit d'un seul homme pour la
renverser. » Il y a bientôt deux
siècles que cet écrivain est mort.
Des millions de sceptiques se sont joints à
lui dans la guerre contre les oracles de Dieu. Or
loin d'être extirpés, là
où il y avait cent exemplaires aux jours de
Voltaire, il y en a dix mille, que dis-je ? il y en
a cent mille aujourd'hui. Pour parler avec un
réformateur, « les Ecritures sont
une enclume qui a déjà usé
bien des marteaux ». Le Seigneur ajoute :
« Toute arme forgée contre toi
sera sans effet ; et toute langue qui
s'élèvera en justice contre toi, tu
la condamneras. » (Esaïe 54 :
17.)
« La Parole de
notre Dieu subsiste
éternellement. » « Les
oeuvres de ses mains sont fidélité et
justice ; toutes ses ordonnances sont
véritables, affermies pour
l'éternité, faites avec
fidélité et droiture. »
(Esaïe 40 : 18 ; Psaume 111 : 7, 8.) Ce qui
est édifié sur l'autorité
humaine tombera ; mais ce qui repose sur le rocher
immuable de la Parole de Dieu subsistera
éternellement.
(Appendice.)
(Sunday
Law) ajouté le
18/12/2001
Trouvé
sur http://voxdei2.free.fr/infos Point Final -
Informations chrétiennes et eschatologiques
au quotidien.