Il est assurément
difficile de se faire une idée exacte de
l'armement de ceux que les textes bibliques
appellent volontiers les « vaillants »,
les guerriers d'Israël. D'abord parce que les
temps où les descendants d'Abraham durent
prendre les armes contre leurs ennemis
s'étendent sur plusieurs millénaires;
ensuite parce que les indications fournies par les
auteurs du Livre sont sommaires et qu'aucun
monument israélite, en raison des interdits
de la Loi, n'a jamais montré d'images de
combattants pas plus que d'autres hommes,
méritants ou non.
Si l'on découvre des
Sémites qui pourraient être
d'Israël dans les reliefs ou peintures des
autres peuples, il s'agit
généralement de simples visiteurs, de
suppliants ou de captifs. Il faut donc recourir aux
analogies avec ce qu'on connaît des voisins
dans le temps ou l'espace, procédé
qui n'est certes pas absolument sûr, mais pas
non plus sans valeur; on « emprunte »
volontiers ses armes quand on en a besoin ;
même, et surtout, à ses
adversaires.
L'arme offensive par
excellence pendant la plus grande partie de ce
qu'il est convenu d'appeler « les temps
bibliques » était la
hèrèb, poignard ou courte
épée (JUGES, chap. 3, vers. 16). Elle
était portée dans un fourreau (1er
SAMUEL, chap. 1 7, vers. 51 ; 1er CHRONIQUES, chap.
22, vers. 27) que l'on attachait à la
ceinture (2e SAMUEL, chap. 20, vers. 8).
Une autre arme est souvent
mentionnée : la pique ou la lance (romah),
de la taille d'un homme environ. A l'origine
c'était une simple hampe pointue à
laquelle on adapta une tête de métal
maintenue par une sorte de douille. Elle figure
dans l'arsenal que mentionnent le 2e livre des
CHRONIQUES (chap. 1 1, vers. 1 2; chap. 14, vers.
7; chap. 25, vers. 5) et celui de
NÉHÉMIE (chap. 4, vers. 10).
De cette arme de corps
à corps, il faut distinguer la hanit, plus
légère, qui pouvait servir d'arme de
jet et dont l'extrémité
inférieure était chaussée d'un
talon de fer permettant de la ficher en terre.
C'était l'arme favorite de Saül (1er
SAMUEL, chap. 1 9, vers. 9 ; chap. 26, vers. 7).
D'après le 2e livre des CHRONIQUES (chap.23,
vers. 9) la garde du Temple était
équipée de javelots de ce
genre.
Dans toutes les
civilisations, l'arc (qeset) est apparu très
tôt, assorti ou non du carquois. D'abord arme
de chasse, il fut hélas vite utilisé
aussi pour la guerre. Jonathas, l'ami de David, le
manie avec adresse (le" SAMUEL, chap. 20, vers.
20). Le premier livre des CHRONIQUES cite des
archers benjaminites parmi les preux de
David.
L'emploi de cet engin
à longue portée s'est
vraisemblablement généralisé
après l'adoption des chars de combat dont
l'emploi rendait le corps à corps plus
difficile (1er SAMUEL, chap. 31, vers. 3; 1er ROIS,
chap. 22, vers. 32-34; 2e ROIS, chap. 9, vers.
24).
Il faut naturellement
mentionner la fronde (qèlà), bien
connue sur les champs de bataille de
l'Antiquité, et pas seulement entre les
mains de David devant Goliath (1er SAMUEL, chap.
17, vers. 40; 2e ROIS, chap. 3, vers. 25). Les
projectiles qu'elle lançait étaient
généralement des cailloux choisis ou
spécialement préparés, de la
taille de grosses olives (2e CHRONIQUES, chap. 26,
vers. 14).
Les armes
défensives
A ces armes offensives
s'ajoute l'armement défensif essentiellement
constitué par diverses sortes de boucliers,
casques et cuirasses.
Le grand bouclier enveloppant
(sinnah) est le plus souvent réservé
aux porteurs de lance (1er CHRONIQUES, chap. 12,
vers. 9) et un plus petit (mâgen) aux
porteurs d'épée et d'arc (1er
CHRONIQUES, chap. 5, vers. 18).Un texte du 2e livre
des CHRONIQUES (chap. 14, vers. 8) est significatif
à cet égard: les hommes de Juda sont,
d'après le texte hébreu, dotés
du sinnah et de la lance, et les hommes de Benjamin
du mâgen et de l'arc.
On avait ainsi en quelque
sorte une infanterie lourde et une infanterie
légère.
Le petit bouclier
était de forme ronde, d'où le nom de
« rondache » qu'on lui donna, dans notre
langue bien sûr. Les boucliers de parade
étaient en bronze et souvent plaqués
de métal précieux; mais au combat on
utilisait plutôt des boucliers en
cuir.
Le casque, de cuir lui aussi,
ou de bronze, est d'origine
étrangère. Cependant Ozias en
équipe ses troupes (2e CHRONIQUES, chap. 24,
vers. 14). Et la cuirasse enfin vient elle aussi de
loin, introduite sans doute dans le Proche-Orient
par les Hittites. Sous Néhémie, les
défenseurs de Jérusalem sont pourvus
de l'un et de l'autre
(NÉHÉMIE,chap.4,vers.10).
Georges
DAIX
En ce
temps-là, la Bible No 37 pages
II-III.
©
En ce temps-là, la Bible